DÉSENCHANTEMENT
Ne retentissait pas dans mes rêves d'amour ;
Rêves que Dieu fait naitre, et qu*on perd en un jour. Ce ne fut qu'en tombant de ces sj^res d'élite, Où, dansson vol hardi, notre pensée habite, Que je vis Tidéal par mon ame enfanté, S'évanouir soudain sous la réalité, Comme ce fruit doré des bords de la mer Morte, Dont la cendre jaillit quand la lèvre s'y porte : On eût dit que le sort, implacable et moqueur, Se plût à décevoir les rêves de mon cœur.
Alors ce coeur brisé par sa longue souffrance Eut des désirs sans but, des vœux sans espérance : Tous les biens d'ici-bas me semblèrent souillés; Le prisme était détruit... à mes yeux dessUlés,
154 FLEUBS DU lUOL
Dans un cercle borné, la vie aj^rut terne, Gmime le soleil vu dans le lac noir d'Aveme;
Et je sentis en moi pénétrer lentement,
Cette mort du bonheur.... le nisBMCHARTBinifT.
OcUbrf 1S33.
ÎTÎ
Qooiqne mes espérances aient été déçues , elles ne sont pas oubliées*
— GHATIAUBRIANT. —
KSraRKll!
Ainsi, j'avais en vain suivi d'un œU avide, Mille rêves d'amour, de gloire et d'amitié :
Toujours ils avaient fui ; mon ame restait vide ; Je me faisais pitié !
Par notre pensée , nous touchons de toutes parts à l'infini.
Nul temps ne peut la borner; nulle étendue ne peut la circonscrire;
et Dieu seul est assez Yaste pour la contenir
dans son immensité.
— LA MBUITAIS.—
JnlJl 11 VJHi
Tu le sais, le cœur seul a dicté ce poème; là , point de fictions, point d'art et point d'emblème
En modulant ces vers, mon luth n'a pas menti;
Il peint fidèlement ce que j'ai ressenti:
Les tourmens de l'esprit, les angoisses del'ame,
De mon simple récit ont composé le drame.
Je n ai pas inventé, pour te mieux attendrir, De factices malheurs qu'on décrit sans souffrir. J'ai dit avec candeur mon histoire ingénue; Le monde Tignorait lorsque tu m'as connue :
Nul mortel, avant toi, ne m'avait demandé.
Le secret de mes pleurs; et je l'avais gardé. Seule, tu me cherchas, et tu voulus entendre Les chagrins de ce cœur enthousiaste et tendre; Le livre de ma vie, alors, te fut ouvert; Ma muse s'inspira de ce que j'ai souffert; Et dans des chants plaintifs, en naïves peintures, Elle traça mes vœux, mes rêves, mes tortures. Dés mes premiers accens ton cœur parut touché; Puis chaque jour f«o toi, le n^ien^'estépandié. Ma modeste épopée ainsi s'eat élargie. Et le poëme, alors, remplaça l'élégie.
En déployant mon vol,, mon sujet s'agrandit; Je t'ai parlé long-temps; viais, jen'cii pas tout dit.
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