‹ Fleurs du midi: poésiesChapitre 35 sur 52 · PORTRAIT · texte numérisé non relu

PORTRAIT

Là, lorsqu'ils ont vidé Champagne et malvoisie, En le proclamant tous roi de la poésie, Us ceignent de lauriers Theureux amphytrion; £t lui, mauvais acteur, né pour être comparse, Qui peint le sentiment comme on peindrait la force, Se croit aussi grand que Byron !

Je ne sais si les chants que son huh criard vibre ^ Ont de son feible esprit dérangé Téquilibre;

Mab lorsqu'il fit gémir la presse et l éditeur,

Sans ravoir demandé, j'ai reçu son ouvrage,

Avec ces mots écrits sur la première page :

« Offert par la main de l'auteur ! »

Puis, comme je cherchais au fond de ma province, Un éloge à la fois poli, mais assez mince,

218 FLEUftS DU MIDI.

Pour cet enfeint mort-né, sans vie et sans dudeur, Pour ces vers secs et dors, qu'un àne semble J*aireçutout-à-coiip àeLc^om, son libraire, Un mandat, dont je viens d'acquitter la valeur.

Nismes : AoM 1834.

LIAUS.

Jeune levrette, au poil d'ébèfie, Au flanc mince, au col assoupli, Ton dos, où ma main se promène, A réclat de l'acier poli.

Tu dresses tes noires oreilles Comme deux ailes de corbeau; Tes dents d'ivoire sont pareilles A la blanche écume de Teau.

220 FLEUAS DU MIDI.

Ton orâl, quand sur sa proie il plane.

Brille comme Tœil d*un démon, Et ta jambe fine, 6 Liane, Est aussi frêle que ton nom.

L'écureuil n'a pas ta souplesife, Ton corps svelte, léger, moelleux.

Sous ma main, qui le tient en lesse, Bondit, comme un flot onduleux.

Puis, quand je te livre l'espace , L'oiseau ne peut, suivre tes pas; La flèche moins rapide passe.

L'œil ébloui ne te voit pas.

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