LES FLEURS QUE J'AIME
Au blanc jasmin; Et Téglantine, Plie et s'incline Sur le chemin.
Coupe d'opale.
Sur Teau s*étale Le nénuphar ; La nompareille
Offre à rabeUle Son doux nectar.
Sur la verveine Le noir phalène Vient reposer :
La sensilive Se meurt , craintive , Sous un baiser.
De la pervendie La fleur se penche Sur Je cyprès :
L'onde qui glisse ^ Voit le narcisse Fleurir tout près.
Fleurs virginales, A vos rivales, Roses et lis, Je vous préfère.
Quand je vais faire Dans les taillis Une oouronney Dontj^enviroQue Mes blonds cfaeveui^; Ou que je donne A la madonne^
Avec mes vœux.
Gliâleaa ile Servanne , 1834.
I^UJffQA K11Î7S.
Giovane donna più Bianea ehe neve.
t^ue j!aime à voir tomber ^4[)ar un ciel 9ltà6di^ La neige en Mancs flocons $t|r. nojs inçiUs du JMUdi: Avaçt qju'îl: ^it^owllé ^p^r les traces du pât^e Le ciel s&r^flécbh dani(çeii^rair d'sdbfttr^ Et le soleil, :l;»|îlla]it d'up feij^ plus lôf^noor, Sur lechamp wgWaVp^fflfifesgçrhes fi*Qr; IVIais bientôt^|?offin4p^<|es filsj(^ela tçi^re Le voile étincelapt;^ détruit, et s'altère ;
La nage offre aux r^ards de noirâtres sillons ,
Et jette une onde impure aux ruisseaux des vallons.
Ainsi, nous révélant sa céleste origine, L'ame descend de Dieu, dans sa blancheur divine; Voyez que;d muocence,.et que de pureté Dans cette-jeune fille ,' ignorant sa beauté ; Le désir, vierge encore, en ses yeux étincelle ; Un mystère d'amour se répand autour d'elle ; Et rbomme, en la voyant, à Taimer condamné, . * Sous son regard divin demeure fasciné. * - Quand Dieu la revêtit de notre forme humaine , Pour elle, de nos maux, il allégea la chaîne ; Un lait pur lanourrit, et l'amour maternel A son ame,: ici-bas, fit retrouverle ciel :
Puis, lorsque s'éveilla sa mobile pensée, D'ineffables plaisirs elle fut oppressée :
BIArNCA NE¥E. 229
^li rayon du soleil', un soufQe du z^)hir,
Un nuage, x)ù brHlait la pourpre et le saphir,
Un chant mélodieux, un sublime silence.
Une prairie en fleurs, un horizon immense,
Les fleuves, les forêts, la mer, les monts, les cieux.
Tout enivrait son cœur, et ravissait ses yetux;
La nature brillait dans cette ame naïve ,
Commedans un flot-pur se reflète la rive;
Quand ses regards émus embrassaient Tinfini,
Ce monde, en j»a pensée, au ciel était uni;
Tous les biens d'ici-bas, tous les biens qu'on espère.
De ses rêves d'amour agrandissaient la sphère ;
Et )a mort lui semblait comme un second bereeau
D'où l'homme, en s'élançant, voit un monde nouveau.^
Telle était, à quinze ans, cet ange, cette femme ; Elle était belle alors, belle comme son ame!!...
LaA^-c :
FLECHIS DU MIDI.
Mais, hélas! sût sa voie on homme s'est trùuvë; Elle a cm voir, en Itn , réjpoôst qA'eHe a tèré ; Et cet homme a flétri la ^i^ pore et sainte^ De la honte, à soto fironi!, il a gravé remf^rein!» ; Quand de sa vie entière elle loi ftdsaît don. En feignant la tendresse , il : rêvait rsd)andott ! C*est Ini qui Ta livrée aui sotiiHùres dn monde , Lui, qui. la tronvia'dlaste, ëtlaîréiidîtiAimoÉide; Lui, qui jeta la perle à la dent dn potd-ceau, Et la neige, sans taché, aux linges dà ruisséati !
Eh bien î on apiplaudit à cet homme, et la féihBae- Qui meurt sur un grabat appatàtt à&vSé inftttie !
ISSQ.
ITSrS AMIS
lïxrimrt.
Si vous Taviez connue à sa quinzième année, Elle était belle alors, belle à vous rendre fou! En voyant le^ attraits dont elle était ornée, Vous auriez devant elle incliné le genou!
Pour caresser sa main, frêle, blanche et veinée; Poète, vous eussiez été je ne sais où; Et votre part du del , oh! vous Tauriez donnée Pour un baiser d'amour posé sur son beau conl
iw
Mais, avec la douleur, toute beauté se fane; Elle a souffert long-temps , et le regard pro&ne Ne voit plus sur ses traits de magiques trésors :
Ses yeux se sont ternis, et son firont n'est plus rose... Eh bien ! moi j'applaudis à sa métamorphose , Car son ame a gagné ce qu'a perdu son corps.
L^ZlCPSlITDBXrOSi
Conte îr'Cnfant.
DÉDlâ A HADBH0I8BLLB BSIHA 6...
Enfans, ne jouez pas si près de la rivière ; Pour vous mirer dans Teau n'inclinez pas vos fronts, Votre pied imprudent peut glisser sur la pierre; Vous êtes tout petits, et les flots sont profonds ! Mais, vous n'écoutez pas ma voix qui vous appelle ; Aux poissons effrayés, .vous lancez des cailloux, Vous allez du pécheur démarrer la nacelle, Et, penchés sur les bords, vous l'attirez vers vous :
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Pois, livrant au courant un rameau quil entraine, Pour le ravoir encor vous accourez plus bas ; Quand la main d*un géant pourrait l'atteindre à peine, Vous voulez le saisir avec vos petits bras ! !... Venez vers moi ; venez , avant que je vous gronde ; Enfans. de ces plaisirs je vous prive à regret : Mais, on ne revient pas au-dessus de cette onde, Et, si vous y tombiez, votre mère en mourrait!.... A mes sages avis vous ne voulez pas croire ; Venez, je vais vous dire une tragique histoire :
Cétait dans le printemps, quand la terre verdit; Alors, qu'abandonnant le foyer de femille, Vous allez à l'abri de la verte charmille Recommencer les jeux que l'hiver suspendit ; Alors que le soleil apparaît sans nuage , Qu'une neige de fleurs couvre les églantiers,
LIMPBUDENGE. 235
Que chaque arbre vous offre un nid à metk'e en cage; £t que des ttaàB vermeite britient aux omaiers.
Un Biaân> parconramt la campagne nouvelle, Une m^e jouak avec sm deux eùÙLn» ; Mère , QùÉasêKi hn tdlk^e , sitissi bonne , afussi belle , Le bonheur se peignait dans ses yeux triomphans ! « Venez, nies diers petits, courons dans la prahîe, » Disait-elle, enfuyant; et, redoublant leurs pas , Derrière elle accouraient Léopold et Marie,
Et leur mère riait en leur fendant les bras ;
Et tous deux s'y jetaient ; puis s*^ançant plus vite,
Ils voulaient, à leur tour, parvenir jusqu'au but;
Le premier, qui du champ atteignait la limite,
D'un baiser maternel recevait le tribirt :
Jeux d'amôiir, qu'avec votis, feît eûcor votre mère;
Doux ébats , ce jour là ! souvent recommencés ! ! ..
236 FLEUBS' DU MIDI.
Le aoUeïl mesura .deux- heares' sur la4ârre Avant que les eofans eassentdit : CesVas^ez ! Puis, le cœur haletant, sur la mousse ils s'assirent r Ils cueillirent des fleurs sur les bords du chemin ;
Et, formantdes bouquets, qu'à leur mère ils offrirent:. Joyeux, ils s'écriaient : Nous reviendrods denàain ! ce Oui , demain, mes aniis, si vous êtes bien sages, « Sur le gazon fleuri nous reviendrons sauter ; « Maintenant la chs^ieur a mouillé vos visages, « Reposez-vous encor, c'est l'heure du goûter. » Alors vous eussiez vu cette mère attentive - Donner à ses enfans des fruits et des gâteaux ; £t tous deux, bondissant, tant leur joie était vive, Oublièrent, soudain, le besoin du repos :
« Vois-tu la belle fleur, là-bas, vers cette pierre, « Dit Marie à son frère, en montrant un iris ? « Viens, courons, paresseux; j'y serai .la première^ « Et maman d un baiser m'accordera.le prix. »