‹ Fleurs du midi: poésiesChapitre 40 sur 52 · LÀ FRANCESCA DI RIMINI · texte numérisé non relu

LÀ FRANCESCA DI RIMINI

L'ouragan infernal aux bras de Paolo

La poursuit... reg^ardez ce douloureux tableau !

Au cou de son amant elle se suspend , telle

Que le Dante la peint dans sa page immortelle ;

Ses cheveux dénoués voilent son corps si blanc

Qui ^rde du poignard le stigmate sanglant :

Une larme étemelle à sa joue est glacée,

Larme de désespoir, par le remords versée ,

Alors que tous les deux, frappés du même fer,

Ds s'étaient éveillés aux douleurs de Tenfer!

Alors qu'à ce doux mot qu'ils échangeaient : «je t'aime, »

Une implacable voix répondit : anathéme !

Et qu'à leurs jours d'amour, rapides, fortunés, Us virent succéder les longs jours des damnés ! Mais Dieu, pour adoucir sa sévère justice ,

Ne les sépara pas dans ce lieu de supplice;

Et tous les deux, en proie à l'éternel tourment,

Ont encore un rayon de bonheur, en s'aimant.

FLEUBS DU MIDI.

L'un pour Tautre on dirait queTamour les fit naître; Par un premier baiser leur cœur fut entraîné ;

£t le ciel aurait pardonné,

SiTadultére pouvait Tétre !

Paris, 1835.

LS DÉSSBiT.

Le désert! le désert dans son immensité , Avec sa grande voix, sa sauvage beauté; Ses pics toudiant les deux, ses savannes, ses ondes, Cataractes roulant sous des forêts profondes; SesmQle bruits, ses cris, ses sourds rugissemens, Gigantesque concert de tous les élémens!

Le désert! le désert! quand Taube orientale

Se lève, et fait briller les trésors qu'il étale;

Quand du magnolia le bouton parfumé

S'ouvre sous les baisers de quelque insecte aimé;

Quand la liane en fleurs, odorant labyrinthe,

Enlace le palmier d'une amoureuse étreinte; Et que, s'éjouissant sous ces l^ers lambris,

Escarboucles vivans diantent les colibris !

Le désert d* Amérique avec toutes ses grâces. Lorsque d'aucun mortel il ne gardait les traces, Et qu'avec ses grands bois, ses eaux, ses mines d'or. Aux regards de Goloosb il s'offrit vierge encor.^ '

Ah ! qui n(^ fat rêva oetle belle native; Qui n'eût voultr qiiitiei' ce monde d'imposture,

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