CONSEILS A
Croyez-moi , mieux vaudrait une parole nue Que la brise du soir, le soij0e aérien.
Le rayon^ le parfum , la vaporeuse nue, Dont vous forinez vos vers ,- et qui n'expriment rien.
Que de ce mauvais goût votre esprit se dégage; De ces mots cadencés, jadis, je m'enivrais; Aujourd'hui, je dédaigne un factice langage :
J'ai senti que pour plaire il nous feut être vrais.
Nîmes, août 1834.
^ft
à, MADAICS .
Vous en souvenez-vous de ces heures passées L'une à côté de l'autre, où toutes nos pensées Sans crainte, sans soupçon, s'échangeaient entre nous? L'amitié, dision»>nous, est une douce chose; Heureux^ trouve un. cœur où son cœur se repose^..• Vous en souvenez-vous ?
284 FLEUBS DU HIDL
Nous parlions de vertu, d'amour, de poésie, De tout ce qui fîiit l'ame, et dont Tame est saioe; J'aimais à prolonger ces entretiens si^doux; Et souvent prés de vous attoitive, inclinée, Je vis passer ainsi la rapide journée...
Vous en souvenez- vous ?
Oui J avais mis en vous toute ma confiance; A Fœil désenchanté de votre expérience Je dévoUais les vœux dont mon coeur fut jaloux; Par l'ardeur de ma foi je vous forçais à crcHre A mes rêves d'amour, à mes rêves de gloire... Vous en sou venez- vous ?
£t^|itf»d vmtmadoQtev^pffofeiiéi^^dévhin^ Je vous dis en pleorairt qw va «ère oMMirante
A MADÀlfe *^. 285
Pow apfNii m'indiquait votre cœur entre tous; Je vous dit que mon ame ardente restant vide, Il lui fisUaît ramotir dont elle était avide...
Von en souvenex-vous? ^
Eh bien ! quand cet amour vint s offrir à ma vie; Lorsque je l'acceptais, orgueilleuse et ravie; Quand je remerciais le del de ce bienfeit...
Vous, vous m'abandonniez! votre amitié parjure Jetait à mon bonheur le dédain et Tinjure; Que vous avais-je fait?
De celui qui m'aimait votre langue méchante A voulu m'arradier la tendresse toudiante; Inspirant le soupçon à son cœur satisfoit Par lesfeunargumens d'une morale altiére , Votas l'avez torturé durant une heure entière : Que vous avais-je fait?
Que vous avais-jefait pour pro&neir mon ame?
Vous savez qu'elle est pure, et vousosez, madame,- Traiter un chaste amour comme on traite un for&it ; Si vous avez souffert, si vous fûtes trahie , . . Est-ce ma faute, à moi ?... Quand vous m'avez haie, Que vous avais-je (ait?
Dieu nous juge; et peut-êtreuujourrendrez-vouscompte De cette inimitié si cruelle et si prompte ; Votre haine sans cause est aussi sans effet ; Je suis heureuseet calme, et mon cœur vous pardonne; Maïs, je ne voudrais pas avoir fait à personne Ce que vous m*avez fait ?
Paris» iS34.
ZSOLA-SBLLA.
donuet.
Vierges, lorsqu^à vos cœurs Tamour se révéla, Par votre fiancé quand vous fûtes aimées, Le jour où son destin au vôtre se mêla, Ne révàtes-vous pas aux îles Boromées?
Et parmi les trois sœurs, corbeilles parfumées, Au rivage enchanteur de Ilsola-Bella Où Ton voit des palais sous de fraîches ramées, N'avez-vouspas choisi quelque Manche villa ?
Là, le grand lac qu'entonre un cercle de collines
Reflète dans Tazur de ses eaux cristallines JLltalie au ciel bleu, la Suisse aux sombres monts.
N'est-il pas, id-bas, deux âmes exilées Qui coulent sur ces bords, Tune i l'autre mêlées, Une vie enfermée en ce seul mot : AmoNs !
Aix 1834.
LA FILOUWXÀSm.
Oh ! ne me céndins plus dans ces fêtes frivoles Où les rêves du oœur ne saoraieiit se&ier ; Où de la vanité les brillantes idoles Obtiennent des succès qnW jour doit effacer : Dis-moi, pourquoi veux-ta qu'à' ce monde j'étale Les rêvés de bonheur que Je ft^rme en sëctét , Désirs mystérieux d-une ame virginale Que de son souffle impiu* Sblièiin il Hétrir ait ?
Je sais lui dérober les sentimens qu*il raille ; Et l^re et folâtre au milieu des plaisirs , Quand de gloire et d'amour mon cœur ému Je feins . pour Tabuser, de fiivoles désirs : Et lui , ne levant pas le voile qui me cadie , A mon air dédaigneux , à mes regards railleurs, N*a jamais soupçonné Tame ardente et sans tadie Qui pleure, et sympathise à toutes les douleurs.
Mais qu'au sein de ce monde un cri sincère échappe ,
Qu'un cœur triste et. souffrant appdle un.ooeur ami; . .
G>mme Tédio répond, à l'accent qui le frappe ,
Mon ame entend la voix qui près d'elle a gémi.:
Ainsi je t'ai compris ; et, me sentant aimée ^
J'ai fîii ces faux plusirs.pour n'être plus qu'à, toi;,
La solitude plait à mon sime charmée , .
Et le monde aujourd'hui n'e^t qu'un désert pour moi..,