LA PROMENADE
Vois ces globes de fea sdntiUer dans la nue ; Vois ces monts nébuleux que la neige a couverts ; Leur sommet damr les deux se cache à notre vue , £t le fleuve mugit dans leurs flancs entr 'ouverts : Vois ce lac transparent qu'un vieux château domine , Et cette tour gothique où tintait le beffroi ; L'oiseau des nuits planant sur ces murs en ruine Fait entendre son cri d'effroi.
Aux regards de l'amour que la nature est belle ! Ces chaumières , ces bois font palpiter mon cœur : Ici , seule avec toi... chaque objet me révèle Un asile pour le bonheur.
Regarde, sous nos pieds la cité se déroule ; De ses plaisirs bruyans , non , tu n'es plus jaloux ; Parmi ses habitans qui se pressent en foule Est -il un seul mortel plus fortuné que nous ?
FLEUBS DU MIDI.
Partage œ bonheur que mon ame préfère; Ne cherche plus des biens qui nefimt qu'éUouir ; Dans un monde pervers, dis-moi, qu-irais-tu fidre? On t'apprendrait à me
aÉOATOlCBS..
La gloire de Tartiste: est un feu qui con&ume; A son foyer brûlant le flambeau qui s'allume Brille d'un vif éclat, mais tombe avant le soir : Il meurt, comme l'encens s'éteint dans. l'encensoir, Âpres que sur l'autel sa vapeur virginale Vers Dieu s'est élevée en saave spirale.
On dirait qu'ici-bas l'homme prédestiné Veut retourner au ciel pour lequel il est né,
S96 FLEIIBS DU MIDf .
El que toute ame ardente, avide d^harmonies ,
Aqpire à s'exbaler aitt qphères infinies :
Mozart, Hérold, ainsi par la mort sont fiuidiés^r
Des phalanges d'en haut séraphins détachés,
Vous glissez parmi nous; tous nous fiâtes entendre
Des chants qn'à TOtre Toix un ange dut apprendre :
Puis, lassés de l'exil vous remontez vers Dieu :
Hier unsi loin de nous s'envola Boiddieu ;
Et, tandis que nos j^eoiB mouillaient enoor sa cendre.
Dans le cercueil un aulreétait près de d
La mort, o(»nme un vieillard dont le sort
Beau, jeune et triomphant a frappé' Bdlini t
Et peut-être d^ creuse-t-eUe la tcmibe
D'un génie, en naissant, promis à Thécatombe!
L'STMZVr.
Ne réves-ta jamais à ces heures d'extase Qui précèdent Thymen de deux jeunes époux?
Quandramour, de leur coeur, comme l'onde d'un vase, Déborde en sentimens mystérieux et doux!
is, n'est-ce rien pour loi ipi'one vierge qui pleure En recevant l'aveu d'un amour désiré?
Qu'un iBront par qui rougit, n ta lèvre l'effleure ; Qu'un céleste regard vers toi seul attiré ?
298 FLEURS DU MIDL
N'est-ce rien, quand tu lis dans sa chaste pensée, D y découvrir empreinte en sentimens de feu Cette foi que le monde enoor n*a pas glacée, Et qui croit au bonheur, comme elle croit à Dieu !
Les pudiques secrets de son ame^candide De leur voile à tes yeux sont alors dépouillés; De ses jours sans amour elle te peint le vide, Puis ses désirs naissans par toi seul évdllés.
Après ces doux accens viennent de longs silences;
Sa tète sur ton sein semble s'abandonner; Mais soudain elle fuit ; vers elle tu t'élances, Et tu prends un baiser qu'elle n'osait donnçr ;