LA MORT DE ROLAND
C'était le soir de Roiicevaux ; et la nuit sombre Descendait lentement sur le fatal vallon Où mille chevaliers et soldats en grand nombre^ Sont tombes et sont morts j trahis par Ganelon,
Les Sarrasins ont fui ^ très loin^ dans les Espagnes; Car le grand empereur^ Charles^ le roi des Francs Les a battus. Et maintenant dans les montag7ies Il les poursuit^ pareils à des troupeaux errants.
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Cependant ils sont là les vaillants preux des Gaules^
Olivier et Roland et plus de quatre-vingts!
Ils ont ployé la tête et courbé les épaules
Sous le nombre trop grand des guerrriers sarrasins.
On ne voit nul vivant — hormis un jeune page Qui voudrait à Roland dire un suprême adieu.
Il le cherche partout dans le champ de carnage^ Le trouve enjin., . Grand Dieu ! Roland respire un peu!
« Roland^ Roland, c'est moi, c'est votre jeune page Qui toujours fut fidèle et qui veut Vêtre encor. Maître, fi'ave^-vous pas un suprême message.
Un ordre à me donner ? »
— (( Si y page y prends ce cor î
Bon page, prends ce cor ; je garde mon épée ; Mais après Durandal c'est mon bien le plus cher. Tous deux je les tenais, là, dans ma main crispée : On n'sîlt pu les ravir qu'en emportant ma chair.
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Bon page, prends ce cor, et garde-le fidèle : C'est le cor de Roland, — Puis, selle un bon coureur; D'une traite, va jusqu'aux murs d' Aix-la-Chapelle Et puis monte au palais qu habite Vempereur,
Sur la plus haute tour tu verras la belle Aude,
Ma belle Aude atixbras blancs,aux très longs cheveux
[noirs; Ses yeux étaient brillants et couleur d'émeraude, Ils ont dû se ternir en pleurant tous les soirs.
Alors tu lui diras qu il n est plus d'espéraîice ; Tu lui tendras ce cor qu'elle reconnaîtra ; Dis-lui qu'il m'a tué, mais qu'il sauva la France, Et la belle Aude alors, page y te bénira !
Moi y je meurs. Vois, le sang coule de ma paupière,,. Adieu, mon pagCj adieu.,, »
Dans un suprême effort Se coiffant de son heaume et baissant la visière. Sa Duraiidal an poing, Roland retomba mort.
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