‹ Flipote; comédie en trois actesChapitre 81 sur 93 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

triste de songer que, ce qui a amusé les badauds, au bout du compte, c'est ton air aburi, ta bouillie et ton nez en trompelle... On t'a applaudi, oui... mais comme le veau à cinq pattes, mon pauvre garçon.

LEPLUCHEUX.

Tu sais que tu deviens insolente?

Je vas me gêner avec toi !

LEPLUCHEUX.

Qu'est-ce que ça veut dire?

FLIPOTE, un peu embarrassée.

Ça veut dire... que je me figurais avoir au moins le droit de t'adresser quelques affectueuses observations... Après ce que j'ai tait pour toi...

LEPLUCHEUX.

Voyons, dis un peu ce que tu as fait pour moi.

Ce que j'ai fait pour lui 1 Quand je lui ai sacrifié ma jeunesse ! quand je l'ai soutenu, consolé, défendu pendant des années ! quand enfin j'ai fait la bêtise de l'épouser au moment où il crevait la misère !

LEPLUCHEUX.

Ma bonne amie, tu oublies deux cboses. C'est d'abord que tu t'es traînée à mes pieds pour que je t'épouse.

Moi, je me suis traînée à tes pieds?

lli FLIPOTE.

LEPLUCIIEUX.

Parfaitement!... L'autre chose que lu oublies, c'est que, le jour 011 je me suis empêtré de toi pour te faire plaisir, j'avais cinq mille d'appointements.

Grâce à moi.

LEPLUCIIEUX.

Grâce à toi ? comment ça?

Rien... Tu as beau te conduire avec moi comme un goujat, tu ne me feras pas dire un mot de plus.

LEPLUGHEUX.

Ma petite, tu me crois un peu trop naïf. Avec ça que Courbouzon se serait fendu de cinq mille francs uniquement pour les beaux yeux.

Alors tu crois que Courbouzon te les donnait pour les tiens, de beaux yeux?... Au fait, crois ce que tu voudras. Je me ferais hacher plutôt que de parler.

LEPLUCIIEUX.

Parce que tu n'as rien à dire.

Rien à dire? Rien à. dire?... Ah! ma foi, tant pis ! Si je parle, c'est toi qui l'auras voulu. Sais-tu qui est-ce qui le les payait, les appointements? C'iHait moi. Sais-tu sur quoi ils étaient pris ? Sur les miens. Et voilà ma récompense 1

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