Hypnum commutatum Hedw. Musc. Frond. IV, p
Bryol. eur. t. 607; Stirp. n° 523.
Tige décombante déprimée, se partageant par innovation en plusieurs branches fasciculées, ascendantes, assez longues (2 — 5 centim.), pennées ; rameaux souvent très courts ou grêles, distiques, étalés, dressés ou plus ordinairement arqués, nombreux, rapprochés ou espacés. Plante formant des touffes profondes, denses, raides, d'un beau vert foncé, un peu olivâtre à l’ombre, jaunâtre luride au soleil et dans les lieux à sec , fréquemment chargées d’incrustations calcaires. Feuilles caulinaires largement
l*r GENRE : HYPNÜM.
ovales-triangulaires, espacées, étalées, lâchement homotropes, terminées par un long acumen canaliculé, falciforme, munies d’une nervure épaisse qui s’avance jusqu'au milieu de l' acumen, assez fortement plissées surtout vers la base , auriculées et garnies de dents grandes vers la base, superficielles vers le sommet; long. 2mill., larg. 1 mill. (1). Tissu : cellules moyennes linéaires-flexueuses, atténuées, sans être aiguës, à parois fermes, épaisses, assez courtes, 4 — 8 fois aussi 1. q. 1. ; aux oreillettes, des cellules vertes, courtes, oblongues, arrondies ou anguleuses, assez petites ; puis au-dessous, sur un petit espace distinct, convexe en dessus , de grandes cellules molles , oblongues, subhexagones, presque hyalines. La tige est garnie de radicules d’un brun ferrugineux, ramifiées, articulées, et de feuilles accessoires lancéolées, acuminées, ou swâw/ées-flexueuses, petites, noduleuses presque denticulées aux bords, abondantes. Feuilles des rameaux plus fortement courbées, homotropes, moins larges, ovales-lancéolées, moins plissées. Fleurs femelles; fol. 8 — 10; les extérieures ovales-subobtuses, courtes, énerves ; les moyennes et les supérieures ovales-oblongues, lancéolées, longuement acuminées (acumen étalé ou dressé), fortement plissées, munies d’une nervure qui s’avance jusque vers le sommet; 6 — 10 archégones; paraphyses filiformes, nombreuses, courtes. Vaginule épaisse, cylindrique, pâle, chargée des débris de la fleur. Pédicelle dressé-flexueux, ferme, pourpre; long. 40 — 50 millim. Capsule oblique ou subhorizontale, cylindrique, fortement arquée , légèrement bombée , très peu atténuée à la base, un peu resserrée sous l’orifice; long. 3 — 4 1/2 millim., diam. 1 — 1 1/4 millim. Opercule convexe-apiculé. Un anneau formé de trois séries de petites cellules. Dents du péristome jaunes, marginées, lamellifères ; lanières à peine ou nullement ouvertes sur la carène; 1 — 3 cils assez longs, noduleux. Fleurs mâles sur une plante distincte, très nombreuses; 8 — 10 fol. ovales, concaves, imbriquées, obtusément acuminées, finement denticulées; les externes munies d’une faible nervure; anthéridies , 4 — 6; paraphyses grêles et courtes. — Avril-mai. Très rarement fertile.
C. dans les terrains calcaires , marécages, bords des sources, des petits filets d’eau, aux lieux rocheux, ombrages ou découverts. Espèce calcicole très décidée, CC, dans le J ura à toutes les altitudes ; elle y fructifie ; çà et là dans les terrains calcaires de la plaine et des collines de la Lorraine, des Vosges inférieures ; nulle dans les Hautes-Vosges granitiques ou arénacées, excepté sur la dolomie, à Saint-I)ié et à Mandray.
(1) Il est difficile d’apprécier exactement la longueur des feuilles homotropes, à cause de la courbure ; nos mesures pour ces espèces sont donc simplement approximatives.