FÉCONDATION. — ÉVOLUTION DU FRUIT
l’opinion de M. Hofmeister. Le nucléole dont il vient d’être question ne prend une forme sphéroïdale qu’en raison de sa consistance visqueuse , mais nullement à cause d’une membrane cellulaire qui le contiendrait (1).
D’autre part, l’anthéridie s’ouvre également, au moment convenable , sous l’action de l’humidité , par la chute d’un opercule mal défini ; elle émet aussitôt , sous la forme d’un jet nuageux déjà aperçu et figuré par Hedwig, une multitude de petites cellules parfaitement sphériques , ces cellules , dans l’anthéridie elle-même , étaient contenues soit dans des alvéoles polyédriques (Polytrichum) , soit dans une substance mucilagineuse chargée de granulations (Dicranum , Bryum). Les cellules sphériques dont nous venons de parler, sont les cellules-mères des anthérozoïdes. Elles renferment d’abord un protoplasma, dans lequel se développent des granulations animées d’un mouvement de trépidation très vif, puis un spiricule, Y anthérozoïde, ou filament serpentiforme , légèrement renflé vers le milieu et muni vers l’extrémité de deux cils excessivement tenus , de même longueur. L’anthérozoïde, sous l’impulsion de ces cils, commence à se mouvoir dans le liquide de la cellule-mère ; bientôt les granules qui l’accompagnent, après des oscillations plus ou moins prolongées , vont se fixer sur lui et y produisent un renflement dont la position varie selon les espèces. Dès ce moment, l’anthérozoïde, s’agitant avec plus d’énergie encore , finit par rompre l’enveloppe cellulaire qui le renferme; et, s’il tombe dans un milieu liquide convenablement approprié, il se met à tourner sur lui-même comme une hélice, et il progresse continuellement dans le même sens, allant toujours en avant, sans direction arrêtée. Il va sans dire que l’amas de granules dont il est porteur est alors si bien fixé sur l’anthérozoïde , que tant que ce dernier est en mouvement il ne s’en sépare jamais. Pour M. Roze, ces granules, doués d’une vitalité propre, sont les agents directs de la fécondation ; les anthérozoïdes ne sont que des véhicules destinés à conduire les granules jusqu’à l’entrée du
(1) Bulletin de la Soc. bot. de France, t. xi , 1864, p. 492 et suiv.
MOUSSES. — ANATOMIE
canal de l’archégone. Quant à l’acte même de la fécondation, il conserve, comme dans toute la série des êtres vivants , le secret de son mystère (1).
3° De l’évolution du fruit.
Le nucléole renfermé dans la cavité de l’archégone ayant subi l’influence de l’élément fécondant (granules ou anthérozoïde), commence à grossir; il distend les parois de son enveloppe qui d'ailleurs continue de s'accroître encore pendant quelque temps. Le développement du jeune fruit se fait selon deux directions opposées; il se greffe d’abord, dans l’intérieur de la base de l’archégone , au sommet de l’axe , par un mouvement descendant, et, d’autre part, son extrémité supérieure s’allonge. Cet accroissement de bas en haut s’arrête bientôt, dans un certain nombre d’espèces ; dans le plus grand nombre , au contraire , il détermine la formation d’un long support grêle, assez ferme, élastique, appelé pédicelle. Au sommet du pédicelle apparaît ensuite un renflement de forme variable, globuleux, ovale, obové, subcylindrique , qui atteint rapidement sa grosseur et sa forme caractéristiques , mais dont l’évolution complète exige plusieurs mois. C’est la capsule , à l’intérieur de laquelle se développent les spores. L’allongement du pédicelle étant plus rapide que l’accroissement de l’archégone, celui-ci éprouve une distention. à
(1) Y. pour les détails, les Recherches sur les Anthérozoïdes des Mousses, par M. G. Roze, Bull. Soc. bot. de France, t. xi, pp. 107 et 113, ainsique, comme terme de comparaison, les Vergleichende Untersuchungen der Keimung, Entfaltung und Fruchtbildung der hœheren Kryptogamen , par M. Hofmeister, 1851. Par des recherches postérieures (Bull. Soc. bot. t.xv,p. 109). M. Roze a constaté que les anthérozoïdes des mousses, comme ceux des Sphaignes et des Hépatiques , sont munis d’une vésicule qui « se gonfle dai s l’eau ambiante aussitôt après l’inertie de la spire ciliée, puis éclate soudain, laissant les granules amylacés continuer au sein du liquide cette vive trépidation moléculaire qui semble coïncider normalement , dans la vésicule, avec la cessation des mouvements ciliaires. »
YAGlNULE.
laquelle il ne saurait résister, bientôt il se rompt en travers, un peu au-dessus de sa base , et sa portion supérieure est emportée au sommet du pédicelle dont il protège les parties délicates, car c'est là que se forme la capsule. Cette portion de l’archégone primitif prend dès lors le nom de coiffe ; elle subit des modifications nombreuses dont il sera question plus loin. D’un autre côté des travaux de consolidation s'exécutent autour de la base du pédicelle; il se produit là, par une excroissance du réceptacle , un bourrelet cylindrique en forme de gaine et dont le nom rappelle la fonction : c’est la vaginale (petite gaine).
Après cette indication rapide des principales parties qui constituent le fruit , dans son ensemble , nous allons revenir sur nos pas et considérer chacune d’elles plus en détail.
La vaginule offre quelques modifications utiles pour la distinction des espèces. Dans un très grand nombre de mousses , elle forme, à la base du pédicelle, un étui cylindrique, ovale, conique ou oblong, de peu d’épaisseur; elle se termine au sommet par un bourrelet saillant ou en s’atténuant peu à peu ; elle est verte , ou plus souvent brune , rouge , ou noirâtre , de couleur plus foncée que le pédicelle; elle est lisse, nue, ou chargée des débris de la fleur (paraphyses et archégones). La présence de ces débris sur la vaginule démontre très clairement l’origine de cette dernière ; ces archégones demeurés stériles et ces paraphyses développés d'abord sur le réceptacle , n’ont pu se transporter sur la vaginule qu’autant que cette portion du réceptacle s’est relevée autour de la base du pédicelle. Elle est parfois très courte, comme nulle, par exemple, dans YArchidium alternifolium } le Hedwigia ciliata, ou très longue, comme dans les Polylrichum. Dans le genre Encalypta , elle est d’abord oblongue ou subcylindrique, puis elle se termine par un bourrelet saillant par une sorte de cordon , au-dessus duquel se trouve une collerette hyaline qui représente la base de l’archégone primitif ; une collerette hyaline semblable se retrouve dans le genre Ortholrichum. Dans les Phascum , la vaginule est d'ordinaire très courte et renflée.
MOUSSES. — ANATOMIE
Les Andréœacées présentent un fait particulier, sous ce rapport. Pendant la maturation de la capsule, le réceptacle s’allonge de manière à former un faux pédicelle dont on reconnaît la nature par la présence des archégones stériles qu’il entraîne. À l’aide de ce support, les capsules qui autrement seraient demeurées subsessiles et cachées dans l’involucre, finissent par émerger. M. Schimper lui donne le nom de Pseudopodium , tandis que M. C. Müller n’y voit qu’un pédoncule ordinaire (pédicelle).
La coiffe, dans les mousses, n’est, comme il a été dit, que la portion supérieure de l’archégone soulevée par le pédicelle , et destinée à protéger la jeune capsule. Jusqu’à la maturité, cet organe reste intimement lié au sommet de l’axe qui le supporte et qui lui transmet les sucs nécessaires à sa vie. Aussi la coiffe s’accroît dès lors de haut en bas et prend parfois un développement qui ferait douter de son origine. L’importance considérable qu’on lui attribue, au point de vue taxonomique, se déduit de l’importance de sa fonction et de la constance de ses caractères. Elle ne présente qu’un petit nombre de modifications générales faciles à saisir et qui permettent de distribuer les mousses en autant de catégories distinctes. Ou bien la coiffe est symétrique autour de son axe qui se confond avec celui de la capsule ; son bord inférieur est, dans ce cas, entier, cilié, ou divisé en lobes égaux. Elle peut être, du reste, conique, conoïde, campanulée (en forme de cloche) , cylindrique, obtuse, acuminée, aiguë, lisse ou plissée en long , glabre ou garnie de poils dressés , comme dans plusieurs espèces du genre Orthotrichum. Ou bien , ne pouvant contenir la capsule , elle se déchire en long d’un côté et se trouve rejetée de l’autre. On dit qu’elle est alors déjetée. Sous ce titre , sont comprises aussi plusieurs modifications secondaires ; ainsi elle sera plus ou moins renflée vésiculeuse , terminée par un bec plus ou moins long , glabre ou garnie de poils. Dans les genres Polytrichum et Pogonatum ja coiffe est déjetée, fendue latéralement, très petite, scarieuse, mais de sa surface extérieure, surtout de son sommet, partent de longs poils jaunâtres , articulés , ramifiés , extrêmement
COIFFE. — PÉDICELLE.
nombreux , qui recouvrent toute la capsule d’une enveloppe feutrée ; ce n’est qu’en écartant ces poils qu’on finit par découvrir la coiffe proprement dite. Les Funariées ont une coiffe d’abord assise symétriquement sur la capsule , anguleuse , prismatique, à section transversale quadrangulaire ; mais, à la fin , à la suite du grossissement de la capsule , elle devient renflée vésiculeuse , ses plis disparaissent et elle se déchire toujours plus d’un côtç que de l’autre. Peut-être n’est-il pas inutile d’avertir ici que le caractère basé sur la forme symétrique ou déjetée de la coiffe, malgré sa haute valeur, peut causer quelque embarras : dans le genre Grimmia , on rencontre des espèces à coiffe divisée à la base en lobes égaux , et d’autres dont la coiffe est ouverte très avant d’un seul côté et déjetée; le Grimmia ovata peut même présenter les deux formes. 11 y a lieu de considérer aussi les dimensions de la coiffe relativement à celles de la capsule. Parfois elle couvre à peine l’opercule , au moment de la maturité ; dans d’autres circonstances , par exemple dans le genre Encalypta , elle est très grande et descend jusqu’au dessous de la capsule qu’elle enveloppe entièrement. Sa durée fournit encore quelques différences. Dans quelques genres ou quelques espèces , elle ne tombe qu’avec l’opercule ; dans le genre Bryum , au contraire, elle est très petite et très caduque, en sorte qu’elle a disparu longtemps avant la maturité de la capsule.
La structure de la coiffe est généralement fort simple. Elle est formée d’une seule couche de cellules courtes ou allongées selon les genres; vers le sommet, elle s’épaissit généralement et comprend plusieurs couches cellulaires superposées; les poils qu’elle supporte sont formés de cellules placées bout à bout , allongées, dans les Poly trichées ; dans le' genre Orthotrichum, les poils sont souvent formés de 2-3 séries de cellules parallèles. *“
Le pédicelle , quoique moins important, fournit cependant un assez grand nombre de caractères pour la distinction des espèces. Sa fonction est d’être le support de la capsule à laquelle il transmet les sucs qu’elle reçoit du sol; sa longueur très variable
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contribue notablement à donner aux mousses fertiles cette grande variété d’aspect que tout le monde admire. La plupart des Phascées , et un assez grand nombre d’espèces de Rhacomi triées ont un pédicelle si court que la capsule reste cachée dans les enveloppes florales ; il peut être réduit à une longueur d’un demi-millimètre ou être considéré comme nul. Au contraire, les Polylrichum commune , Paludella squarrosa , Meesia longiseta et Iristicha , Dicranum scoparium ont des pédicelles qui atteignent souvent 10-12 centimètres. Entre ces formes extrêmes , on rencontre naturellement tous les intermédiaires. Dans une même espèce, la longueur du pédicelle peut varier encore dans une assez forte mesure ; c’est ainsi que dans le Bryum nulans , elle est comprise entre 15 et 45 millim.; l’emploi de ce caractère exige donc beaucoup de circonspection quand il s’agit de la distinction des espèces. Au point de vue de sa direction , le pédicelle peut être droit, dressé , ou genouillè ascendant , flexueux ; souvent encore, particulièrement dans le genre Bryum , il subit, vers le sommet, une courbure qui rend la capsule inclinée ou pendante. Les caractères que l’on tire de cette diversité de direction n’ont également qu’une valeur de second ordre. La torsion du pédicelle est plus importante. En effet, par l’action de la sécheresse, dès l’époque de la maturité, le pédicelle se tord souvent autour de son axe; cette torsion qui forme une spire de 2 ou 3 jusqu’à 25 tours, occupe tout le pédicelle ou seulement sa partie supérieure jusqu’à la capsule , ou enfin , se faisant dans un sens au-dessous de cette dernière , elle s’exécute en sens inverse , à la base du pédicelle. Quant au sens de la torsion , nous considérons , avec Bridel , dans toutes nos descriptions , comme tordu vers la gauche le pédicelle que M. Schimper déclare tordu vers la droite , et vice versa. Nous supposons le pédicelle placé en long devant l’observateur qui examine si la spire , en dessus , va de la droite vers la gauche , ou de la gauche vers la droite ; le sens de ces expressions est déterminé par rapport à l'observateur , et non par rapport au plan qu’il a devant lui , ni d’après aucune autre hypothèse. C’est, croyons-nous, la manière la plus simple d’exprimer le
CAPSULE
fait. Cette torsion du pédicelle peut servir à distinguer des espèces voisines, telles que les Funaria calcarea Mühl. et hibernica Hook. , les Barbula revoluta Schwgr. et convoluta Hedw.
Un autre caractère encore se tire de la couleur du pédicelle. En général , il est d’une teinte plus foncée , souvent noirâtre vers la base , tandis que sous la capsule , il est plus pâle , jaunâtre ; la couleur qu’il affecte dans le plus grand nombre d’espèces est le rouge brun ou le rouge vif pourpre ; plus rarement il est jaunâtre. M. Schimper fait remarquer avec raison que le pédicelle est presque toujours d’une teinte différente de celle de la capsule. La surface est toujours glabre, dans les espèces de nos régions; elle est, de plus, lisse dans le plus grand nombre ; dans quelques-unes seulement , le pédicelle est couvert de petites saillies arrondies qui le rendent rugueux , on dit dans ce cas qu’il est papilleux , par exemple dans les Buxbaumia , les Hypnum rutabulum , reflexum , lutescens f flagellare , Stokesii , etc.
La structure du pédicelle est analogue à celle de la tige. Les cellules externes plus petites, à parois colorées, fermes et très épaisses forment une zone corticale qui lui assure de la solidité et de l’élasticité; les cellules moyennes sont plus grandes, subhexagones, hyalines, à parois minces; souvent on rencontre encore une zone centrale ou médullaire formée de cellules plus petites et à parois plus épaises que celles de la zone intermédiaire.
De la capsule. Elle ne se développe guère qu’à la suite du pédicelle; elle termine ce dernier par une simple continuation, sans qu’on puisse constater aucune trace d’articulation. Cet organe , de la plus haute importance , se compose , à son tour, de plusieurs parties que nous examinerons successivement. Si on procède de l’extérieur vers l’intérieur , on rencontre d’abord une première enveloppe qui donne à la capsule sa forme caractéristique. Dans les Cleistocarpes , cette enveloppe constitue un sac ovale, oblong ou subglobuleux, complètement fermé ; il ne s’ouvre que par des déchirures irrégu-
MOUSSES. — ANATOMIE
lières, lorsqu’il subit déjà un commencement de décomposition. Les espèces de la famille des Andréœacées , au moins celles de nos régions, ont une capsule qui s’ouvre par l’écartement de 4 valves longitudinales , cohérentes à la base et au sommet. Mais dans la très grande majorité des mousses, les choses se passent autrement. Vers la maturité, la partie supérieure de la capsule, sous la forme d’un segment convexe sphérique ou conique, se détache par une vraie désarticulation, et tombe. Ce segment porte le nom d 'opercule La chute de l’opercule est facilitée , dans un grand nombre d’espèces v par le gonflement et la dissociation d’une à quatre couches de cellules spéciales , interposées entre la capsule et l’opercule ; cet organe souvent très mince, s’appelle anneau.
La capsule , qu’elle soit operculée ou non , présente des formes extérieures très diverses , et , d’autre part , généralement très constantes, à l’aide desquelles on caractérise non seulement les espèces, mais souvent encore les genres et les tribus. Ces formes sont d’abord symétriques ou asymétriques. Parmi les premières, les plus communes sont les formes globuleuse , ovale , ovale - oblongue , oblongue, sub cylindrique , obovée, et la forme prismatique propre aux capsules des Polytrichum.
Une capsule est asymétrique par suite de la courbure ou d’un renflement unilatéral qu’elle subit ; dans le premier cas , la capsule est arquée , dans le second, elle est bombée. Le genre ffypnum est caractérisé par l’irrégularité de la capsule; toutes les espèces de ce genre sont arquées ou bombées. Ce défaut de symétrie se retrouve aussi dans beaucoup d’espèces de la tribu des Dicranées. Il va sans dire que , ici comme ailleurs , la nature fournit tous les intermédiaires imaginables entre ces deux types extrêmes.
Au point de vue de leur direction , les capsules sont dressées, ou pendantes , obliquement dressées ou obliquement penchées (selon que l’angle aigu qu’elles forment avec l’horizon se trouve au-dessus ou au-dessous de ce plan). La direction de la capsule dépend le plus souvent du pédicelle qui est diversement flexueux,
CAPSULE
arqué ou genouillé ; c’est ainsi qu’une capsule peut être oblique sans être irrégulière. Le genre Bryum fournit de nombreux exemples de ce fait. Il ne faut pas confondre non plus une capsule droite (symétrique) avec une capsule dressée (dirigée selon la verticale) : une capsule courbée (arquée) peut être dressée autant que sa forme le permet. Les caractères tirés de la forme de la capsule ont plus de valeur que ceux qui sont fournis par sa direction , cette dernière pouvant varier par l’action d’une foule de causes, dans la même espèce,
Les dimensions de la capsule , dans les mousses , varient singulièrement , selon les espèces ; dans les Hypnurn cuspidatum , Polytrichum commune, Meesia tristicha , la longueur de la capsule atteint de 3 à 6 millim. et son diamètre transverse 1 à 4 mill.; la capsule oblique et irrégulière du Buxlaumia indusiata atteint même 6 à 7 millim. Par contre , la capsule sphérique du Schislostega osmundacea ne mesure que 1/4 mill.; la capsule oblongue du Brachyodus trichodes n'atteint guère que 1 fl mill.; les dimensions de la capsule dans la plupart des Phascées sont comprises entre 1 et 1/4 mill. Ces dimensions varient notablement, parfois du simple au double, dans une même espèce; en général , nous avons donné , dans nos descriptions , les grandeurs moyennes , ou l’amplitude des variations. Il est bon de savoir que nos mesures ont été prises sur la capsule proprement dite, après la chute de l’opercule.
La surface extérieure de la capsule est glabre , très rarement papilleuse ; dans un assez grand nombre d’espèces , elle se plisse en long , par l’action de la sécheresse, vers l'époque de la maturité et surtout après l’émission des spores. Ces plis sont assez souvent de simples rides irrégulières, comme dans beaucoup d’espèces des genres Dicranum et Hypnurn; dans le genre Orthotrichum , la capsule est plus régulièrement cannelée ; les côtes répondent à des bandes longitudinales dont le tissu est plus ferme, et qui se détachent du reste par une teinte différente; dans les Encalypta rhabdocarpa et streptocarpa , la capsule est cannelée en spirale, d’une manière très curieuse.
Pendant la période de leur développement , les capsules des
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mousses sont d’un vert plus ou moins intense dû à la grande quantité de chlorophylle qui remplit alors leurs cellules; c’est seulement vers l’époque de la maturité qu’elles prennent leur couleur définitive. Les teintes les plus remarquables et les plus répandues sont le jaune brun ou roux, le jaune clair ou verdâtre , puis le brun passant au rouge , le rouge vif ou de sang , et le pourpre passant au noirâtre. Ces couleurs sont assez constantes dans la plupart des espèces ; on remarque aussi que l’orifice prend d’habitude une teinte plus foncée que le reste de la capsule ; dans quelques espèces à capsules inclinées , le côté éclairé par le soleil , acquiert naturellement une couleur plus vive que celui qui est tourné vers le sol et ombragé.
Après l’émission des spores , la capsule vieillie tend à se déformer ; elle devient de plus en plus irrégulière ; les plis s’accentuent davantage ; les couleurs perdent de leur vivacité , elles passent ordinairement au brun terne et au noirâtre. La transition de la capsule au pédicelle se fait de diverses manières , ou bien d’une manière brusque , dans le cas d’une capsule arrondie à la base , comme dans la plupart des Bartramiées , ou bien d’une manière ménagée par une atténuation successive de la base de la capsule, ou enfin par une formation distincte, par un petit renflement symétrique ou excentrique , auquel on donne le nom de col. Un grand nombre de Hypnêes, de Dicranèes y en particulier, les Dicranum cerviculatum, virens , polycarpum présentent de beaux exemples d’un col excentrique , ou faisant saillie d’un seul côté; un col, également excentrique, étroit, très allongé, et terminé brusquement, se remarque aussi dans le genre Trematodon. La plupart des Bryum ont un col régulier ou symétrique , court , ou souvent aussi long ou même plus long que la capsule proprement dite ; le Bruchia vogesiaca présente de même un col régulier très allongé ; dans les Polytrichum , le col est court, régulier, souvent discoïde. Parfois le col se développe d’une manière étrange , de telle sorte que son volume dépasse celui de la capsule elle-même; il affecte des formes bizarres , il est vésiculeux , en forme d’ombrelle, etc., d’une teinte spéciale; plusieurs Splachnum du
CAPSULE
nord de l’Europe en fournissent des exemples curieux. M. Schimper réserve le nom à.’ apophyse au . col lorsqu’il atteint ces dimensions exagérées.
Au point de vue de sa structure , la paroi capsulaire se compose, ou d’une seule couche de cellules tabulaires, comme dans plusieurs espèces de Phascum et d 'Ephemerum, ou plus ordinairement de deux à quatre couches de cellules superposées; les cellules des couches internes sont grandes, molles, à parois minces , hyalines , tandis que celles de la couche externe ont des parois plus épaisses souvent très fermes ; elles sont comprimées, tabulaires. C’est cette couche de cellules qui assure à la capsule sa forme propre et lui permet de résister souvent une année entière à l’influence destructive des agents atmosphériques. Dans les Dicranêes , les Orthotrichées , les Grimmiées , les P oly trichées , l’orifice de la capsule est de plus affermi par une bande marginale formée de 2 à 6 séries de cellules dilatées transversalement, petites, à parois très épaisses , souvent colorées en rouge. La forme des cellules qui constituent la paroi capsulaire externe présente encore des différences notables selon les espèces ; cependant nous avons dû les négliger, afin de ne pas allonger indéfiniment nos descriptions; qu’il suffise de dire ici que les cellules carrées, rectangulaires allongées, hexagones tronquées répondent aux types les plus commun. Plusieurs espèces de P oly trichées , spécialement les Polytrichum piliferam, le Pogonatum aloides , présentent, sur cette paroi capsulaire , de belles cellules ponctuées. Les stomates qui se rencontrent sur les capsules d’un assez grand nombre d’espèces méritent aussi une mention spéciale. C’est vers la hase de la capsule et sur le col qu’on les rencontre. Leur osliole se présente sous la forme d’une fente, plus ou moins allongée, percée dans une cellule spéciale brièvement elliptique , ou bien il est limité par l’intervalle que laissent entre elles deux cellules réniformes accolées ; très souvent ces cellules , de l’un et l’autre type , sont entourées d’autres cellules qui rayonnent autour d’elles et donnent aux stomates un aspect étoilé très élégant. L’ostiole répond à une cavité aérienne sous-jacente qui favorise
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la respiration des tissus profonds. Les genres Funaria, Pliyscomilrium, Meesia, Paludella , Aulacomnium, Oligotrichum, Polytrichum , Orthotrichum , Splachnum , Trematodon , sont ceux dont les espèces présentent le plus communément des stomates.
L'opercule , avons-nous dit, n’existe pas dans les Cleistocarpes et les Andrèœacèes ; dans toutes les autres mousses, il se présente sous la forme d’un segment transversal ou d’un couvercle. Dans le genre Systegium, l’opercule existe, la ligne d’articulation, entre cet organe et la capsule , est facile à reconnaître au moment de la maturité ; mais il ne se détache pas spontanément , comme si la nature avait ainsi voulu établir une transition entre les Cleistocarpes et les Stégocarpes. Dans la série des mousses Stégocarpes , ou munies d’un opercule, ce dernier varie surtout dans la configuration de son sommet. Il est convexe-hémisphérique , tout à fait obtus arrondi , ou surmonté d’une papille plus ou moins saillante; ailleurs il passe de la forme convexe à la forme conique, il peut être encore, dans ce cas, obtus ou aigu , ou enfin , dans l’une et l’autre hypothèse, il peut être surmonté d’une longue pointe effilée , appelée rostre ou bec, d’où l’opercule terminé de la sorte par un long acumen, est appelé longirostre , et dans le cas contraire bréviroslre. Ce bec est droit ou arqué, courbé en bas ou redressé. La couleur de l’opercule est la même que celle de la capsule , ou souvent encore elle est plus vive, plus brillante. L’opercule est formé de cellules disposées sur plusieurs couches, surtout au sommet; ces cellules sont semblables à celles de la paroi capsulaire ; celles du bord sont plus petites, transversalement dilatées, d’une coloration plus intense. Assez souvent l’arrangement des cellules de l’opercule est en rapport avec la disposition du péristome sousjacent; c’est ainsi qu’elles forment des lignes contournées en spirale, dans le genre Barbula, et dans le Funaria hygrometrica ; l’opercule du Tetraphis pellucida n’est qu’une membrane très mince formée de cellules identiques à celles du reste de la paroi capsulaire.
L’opercule est souvent séparé de la capsule par un organe