‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 25 sur 634 · CHAINE DES VOSGES · texte numérisé non relu

CHAINE DES VOSGES

rare sur les collines inférieures et moyennes , domine , à son tour, aux environs de Gérardmer et sur les flancs de la grande chaîne. Sur les montagnes inférieures, aux environs de Vagney et de Remiremont, aux forêts de sapins se mêlent des bois taillis de chênes. Ces forêts sont très inégalement distribuées. Les sapins occupent de préférence le versant nord des collines, plus frais , plus ombragé , plus favorable , par conséquent , à cette essence, et d’autre part, moins propre à la culture. Le versant tourné au midi et souvent les plateaux, les petits vallons abrités sont couverts de métairies éparpillées et de pâturages. Dès 800 m. jusqu’à 1100-1200 m., les forêts occupent à peu près universellement les deux flancs et le sommet des montagnes. Vers 1100 m. les conifères cessent; ce sont des hêtres rabougris, buissonnants, qui leur succèdent, pour disparaître encore selon un plan assez net, élevé de 1150 à 1200 m.

Les Vosges n’élèvent au-dessus de ce plan qu’un petit nombre de sommets ballonnés, couverts de pâturages, et ordinairement hérissés de rochers abruptes , d’un seul côté , le plus souvent, à l’est. Les principaux sommets qui dépassent la limite supérieure des forêts sont les suivants : Au sud les ballons de Saint-Maurice ou d’Alsace, ait. 1250 m., et de Servance, 1189. Autour du Ballon de Saint-Maurice , du sud au nord en passant à Lest , se groupent un grand nombre d’autres sommets dont l’altitude varie entre 1100 et 1230 m. Au nord du col de Bussang, on trouve sur l’axe le Drumont et la tête de Felleringen , 1226; le Grand-Ventron , 1209; le Hohneck, 1366; Thanet , 1296; puis de vastes pelouses bombées, d’une altitude de 1290 à 1305m., jusqu’au lac Blanc. A partir de là, ou du col voisin du Bonhomme, la chaîne s’abaisse insensiblement jusqu’aux cols de Lubine et de Steige, où les montagnes oscillent de 500 à 800 m. Le Champ-du-Feu, qui termine les Hautes-Vosges, au nord, reprend une altitude supérieure et présente plusieurs sommets dénudés qui s’élèvent de 1065 à 1095 m.

En dehors de l’axe principal , nous rencontrons à l’est , audessus de la région des forêts, le Bresoir, ait. 1231 m., et surtout le massif énorme du Ballon de Guebwiller ou de Soultz , point

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUR.

culminant des Vosges, ait. 1 426 m. Ce pivot se raccorde à la chaîne principale par une série de points élevés (ait. 1290-1363 m.) formant une ligne courbe allant du sud-vest au nord-ouest, et dont le Rotabac (Rotbenbach) ait. 1319 m. forme le dernier anneau, entre le Grand-Ventron et le Hohneck.

Les chaînes secondaires présentent, à l’ouest, un assez grand nombre de sommets ou de crêtes dont l’altitude varie de 800 à 1000 m. Ces mêmes collines sont hérissées, sur une foule de points, au sommet, comme sur l’un et l’autre versant, de rochers dont les découpures toujours pittoresques varient à chaque instant. Ils sont presque tous à visiter par le botaniste bryologue, particulièrement ceux qui, tournés au nord, sont plus frais et mieux protégés contre l’ardeur du soleil.

Au point de vue de leur constitution géologique , ces montagnes sont formées presque uniquement de roches cristallines siliceuses. La syénite, aux Ballons de Saint-Maurice et de Servance ; le granité porpbyroïde, depuis le Drumont jusqu’au lac Blanc; un granité syénitique au Champ-du-Feu ; le gneiss depuis le col du Bonhomme jusqu’à celui de Lubine, sur l’un et l’autre versant ; des schistes métamorphiques , noirs , très durs et parfois fossilifères constituant le massif du Ballon de Soultz au Rotabac et plusieurs montagnes , de Thann à Bussang, telles sont les principales espèces qu’il nous importait de signaler. Les nombreux chaînons de l’ouest appartiennent au granité porphyroïde et au granité commun ; dans les environs de Vagney, Remiremont , le Tholy, Tendon , c’est le leptynite qui domine.

A l’est, les derniers contreforts, tels que ceux de Hohlandsberg, de Kaysersberg, d’Ortenberg, appartiennent souvent à un granité porphyroïde désagrégé.

Sur quelques points seulement, Sainte -Marie -aux -Mines, Laveline , le Chipai, Mandray, La Croix-aux-Mines , Russ , on trouve de petits lambeaux de calcaires cristallins intercalés , ou des filons métallifères; près de Lubine , des traces du terrain houiller; de Remiremont à Chamdray, des gisements de serpentine. Mais ces accidents n’ont pas d’importance au point de vue bryologique.

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