‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 28 sur 634 · CHAINE DU JURA · texte numérisé non relu

CHAINE DU JURA

à gravir, auxquelles on donne les noms de dents, d'aiguilles , de cornes et surtout de crêts. Les coupures transversales profondes, qui mettent à nu la structure intime des montagnes, sont des cluses. Les ruz sont des ravins creusés sur les flancs abruptes des montagnes , par les torrents qui s'y précipitent au au moment des grandes pluies et de la fonte des neiges.

Enfin les cirques sont des amphithéâtres dont les murailles intérieures sont formées d’assises calcaires coupées circulairement de manière à donner d’immenses entonnoirs , parfois de la plus grande beauté. Les montagnes du Jura, plus sévères, moins gracieuses et moins riantes que celles des Vosges , offrent aux touristes des spectacles d’un genre tout particulier , surtout plus grandioses.

Quant au revêtement, les plateaux inférieurs , souvent secs et pierreux , nus , sur les parties élevées , sont ailleurs couverts de forêts de chênes et de hêtres ; les vallées, les vallons propices sont cultivés ; les coteaux secs et rocheux sont occupés par le buis.

« Le sapin commence généralement vers 700 mètres , et trace presque partout dans,le Jura la limite inférieure de notre région montagneuse. C'est entre ce niveau et 1100 mètres environ qu’il forme le plus de forêts à lui seul ; plus haut , il est très souvent remplacé par l’épicéa; mais il atteint en bnissonnant les parties moyennes de la région alpestre. » Ces indications de Thurmann sont parfaitement exactes et très caractéristiques , surtout pour ce qui concerne ces sapins buissonnants , disséminés sur les pentes de la région alpestre, à une altitude de 1500-1550 m. , ce qui ne se voit pas dans les Vosges. Dans le Jura , le bryologue fera bien d’explorer les portions de sol abritées par les branches allongées et touffues de ces sapins.

Vers 1000 et 1 100 m. dans le Jura , comme dans les Vosges à partir de 800 à 900 m. , les cultures disparaissent; les pâturages et les forêts commencent à occuper exclusivement de grandes élendues de terrain ; les tourbières apparaissent sur une foule de points.

Dans le Jura, la limite supérieure des forêts se trouvé à une

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

altitude qui varie entre 1400 et 1500 m., de 300 à 400 m. audessus de la même limite dans les Vosges.

Au-dessus de la région des forêts , s’élève la région alpestre , beaucoup plus développée dans le Jura que dans les Vosges. Voici la liste des principaux sommets avec le chiffre de leur altitude. Les noms sont disposés d’après leur position géographique , en procédant du nord-est vers le sud-ouest. Ce tableau est dressé d’après l’esquisse topographique de Thurmann.

Le Weissenstein ....

Le Montendre .

Le Sonnenberg .

Le Noir-Mont .

Le Chasserai. . .

Le Crêt-de-la-Céraz. .

Tête-du-Rang .

La Dole .

Le Chateluz .... ...

Le Crêt du Merle. . . .

Le Creux-du-Van . . .

Id. deChalam...

Le Chasseron .

Le Colombier-de-Gex.

L’Herbaz .

Le Reculet .

L’Aiguillon .

Le Gralet .

Le Suchet .

Le Credoz .

Le Mont-d’Or .

Le Crêt-du* Nud .. . .

La Dent-de-Vaulion. .

Le Grand-Colombier .

La Landoz .

Toutefois, il faut le dire, malgré son développement bien supérieur en étendue, la région alpestre du Jura est moins favorable aux mousses que celle des Vosges; elle est dépourvue de ces sources nombreuses et abondantes qui, au Ilohneck, répandent la vie et l’animation partout; les rochers y font d’innombrables saillies, mais sans importance, au lieu des magnifiques escarpements frais et moussus du Hohneck, du Rotabac et des Ballons.

Au point de vue géologique , le Jura est formé par les calcaires , dont le nom de jurassiques s’est étendu à toutes les formations du même genre qui se trouvent dans une région quelconque. Ce sont les étages corallien et portlandien qui forment surtout les hauts sommets alpestres. Us se composent de calcaires durs, compactes, blancs ou légèrement jaunâtres. Il est bon cependant

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