‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 29 sur 634 · MONTS-FAUCILLES · texte numérisé non relu

MONTS-FAUCILLES

d’observer que ces mêmes étages se retrouvent dans la structure même des plateaux inférieurs. L’ordre de superposition géologique est loin de répondre toujours, dans le Jura, à l’altitude. Les étages argovien , oxfordien et callovien, surtout marneux, et formant des lits imperméables , sont frais et laissent échapper sur leurs contours des sources nombreuses. Les calcaires oolithiques , comprenant aussi plusieurs étages, forment une bonne partie des plateaux inférieurs.

Le lias se voit surtout sur les flancs de la grande falaise. Sur une foule de points des hauts plateaux de la région montagneuse, sont disséminés des dépôts tertiaires, crétacés et néocomiens. Plusieurs assises de ces terrains se composent de grès et de sable siliceux. D’autre part, les glaces, à l’état de glaciers ou de radeaux, ont amené des Alpes, surtout dans le val de Sainte- Croix et dans la vallée de Jougne, près du Mont-d’Or, de vastes nappes de blocs et de sables siliceux. Les mêmes causes, glaciaires ou diluviennes, ont disséminé, sur un grand nombre de localités, les sables siliceux du néocomien.

Il résulte de ces superpositions et de ces mélanges que, à une végétation généralement calcicole , se mêlent , çà et là , des plantes qui recherchent les terrains siliceux.

3° ües Monts-Faucilles.

Les Faucilles n’ont qu’une importance hydrographique.

C’est une ligne très sinueuse qui , partant des Ballons de Saint-Maurice et de Servance , s’abaisse rapidement jusqu’à Château-Lambert, se continue par le Mont-de-Fourche , Hérival, la Belle-Fleur, au-dessus de Remiremont, avec une altitude de 700 à 600 m.; puis par Bellefontaine (hauteurs), Hadol, Dounoux, Chaumouzey, Girancourt, IJarol , Yioménil, Dombasle, Senonges, Saint-Baslemont , Dombrot, Lamarche, Fresnoy, Montigny-le-Roi , à une altitude de 460 à 350 m. C’est la ligne de partage des eaux qui, au nord, vont se jeter dans le Rhin ou la Meuse, et , au sud, se rendent dans la Méditerranée, par la Saône et ses affluents.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Les collines qui établissent cette ligne de partage , sont formées, depuis les Ballons, jusqu’au-delà du Mont-de-Fourche , par la syénite et le granité; dans les environs d’Hérival et de Remiremont, par le granité , le grès rouge et le grès vosgien ; depuis Bellefontaine jusqu’à Vioménil, par le grès vosgien et le grès bigarré ; de Vioménil à Lamarche , par le grès bigarré , le muschelkalk, les marnes irisées, le grès infraliasique. Le relief de ces collines est à peine sensible au-dessus des pays voisins. Les hauteurs, de Dombrot à Saint-Baslemont, étant à 459 m., la plaine du Vair, à 25 kil. de Dombrot, près de Balléville, est encore à 305 m. Au sud, il est vrai, à 18 kilom. de Dombrot, près de Godoncourt, le niveau de la Saône n’est plus qu’à 242 m. Les collines dont nous parlons s’abaissent donc, de part et d’autre, par des pentes très douces et peu accidentées. Dans ces conditions l’altitude ne semble pas jouer un rôle de quelque importance sur la distribution des espèces végétales.

4° Plaines et régions basses limitées par les montagnes précédentes.

1° Plaines et collines d’Alsace. Au pied des Vosges, l’Alsace forme, depuis Bâle, jusqu’à Bingen près de Mayence, une vaste plaine , très bien nivelée , légèrement inclinée vers le Rhin. Cette plaine est un terrain de comblement dont les éléments proviennent des Alpes, du Jura et des Vosges. L’alluvion la plus importante, et qui couvre de plus grandes surfaces, est d’origine alpine; c’est le Lœss ou Lehm.

Le lœss contient de 15 à 30 pour cent de carbonate de chaux et environ 54 pour cent de silice (1). Ce mélange explique la présence de plantes calcicoles et silicicoles vivant pêle-mêle,

(1) Voyez Daubre'e : Description géologique» et minéralogique du Bas- Rhin.

J. Schill. Geognostisch-mineralogische Beschreibung des Kaiserstuhlsgebirges.

Godron : De la végétation du Kaiserstuhl.

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