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PLAINE D’ALSACE ET DE LORRAINE

dans la vallée du Rhin, et les tendances de M. Kirschleger à nier, dans sa Géographie botanique, l’influence minéralogique du sol. Les conditions physiques sont variées dans la plaine d’Alsace. Ce sont de vastes forêts d’arbres feuillus comme celle de la Hardt, près de Mulhouse, de Wendenheim, près de Strasbourg, et celle de Hagueneau ; des bosquets, des haies ; une grande variété de stations aquatiques : criques, marécages innombrables au bord du Rhin, cours d’eau de toute grandeur, fossés, prairies tourbeuses, etc.

Au pied des Vosges granitiques ou de grès vosgien , on remarque, en Alsace, une série d’îlots ou buttes calcaires souvent rocheuses, appartenant la plupart au calcaire jurassique , plus rarement au muschelkalk ou au calcaire tertiaire.

Les plus célèbres de ces collines sont celles du Bollenberg et du Sonnenkœpfle, près de Rouffach , du Florimont et du Drachenloch près de Türckheim et d’Ingersheim , celles de Siegolsheim , d’Obernai et de Ribeauvillé, le Dreispitz, près de Mutzig. Entre Saverne , Hagueneau et Wissembourg , le calcaire jurassique et le muschelkalk occupent de vastes espaces, mais sans former de collines rocheuses favorables au développement des mousses. Les plus élevées des collines précédentes n’atteignent, du reste , au-dessus des plaines voisines, qu’une altitude de 40 à 80 m. M. Kirschleger a décrit ces collines en détail dans sa Géographie botanique et son Guide du botaniste.

A ces terrains qui flanquent le pied des Vosges, à l’est, il convient d’ajouter des lambeaux de grès bigarré , disséminés depuis le Dreispitz, près de Mutzig, jusqu’à Wissembourg.

2° Plaine de la Lorraine. Cette plaine est loin de mériter ce nom au même titre que celle d’Alsace. C’est un vaste fouillis de collines, dirigées presque en tous sens, à contours arrondis ou abruptes selon les terrains, s’élevant à des altitudes, ordinairement de 350 m., plus rarement de 400-450 m., presque jamais de 500 m. A part la région du calcaire jurassique, les rochers ne font presque jamais saillie au-dessus du sol. Ces terrains sont couverts , dans une mesure très variée, de forêts d’arbres feuillus (chênes et hêtres surtout) , de vignes , de prairies et de champs cultivés ; les marécages y sont rares.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

La nature géologique de ces collines est également variée. En partant d’Epinal ou de Raon-l’Etape et traversant la Lorraine de l’est à l’ouest, on rencontre successivement le grès bigarré, le muschelkalk, les marnes irisées, le lias, les divers étages du calcaire jurassique et les grès verts.

Ajoutons quelques indications rapides au sujet de chacun de ces terrains.

Le grès bigarré atteint un vaste développement entre Faucogney, Luxeuil, Saint-Loup, Monthureux-sur-Saône , Viviers-le- Gras, Senonges, Vioménil, Epinal, Bellefontaine et Remiremont. C’est, dans cette région qui fait partie des Faucilles, que le grès bigarré est le plus accidenté, déchiré par des vallées profondes , disloqué et parfois métamorphique. Au nord d’Epinal, le grès bigarré ne forme plus qu’une bande étroite, large de quelques kilomètres seulement , mais à peu près continue au pied des falaises du grès vosgien, et passant par les localités de Rambervillers, Baccarat, Badonvillers, Sarrebourg, Deux-Ponts, Forbach, Sarrelouis. Dans toute cette région, le grès bigarré ne forme plus que des ondulations de terrain peu sensibles; on ne le voit que dans les carrières où il est exploité ; il est souvent couvert de forêts de hêtres ou de chênes.

Le muschelkalk forme presque partout une bande concentrique à celle du grès bigarré, mais beaucoup plus inégale dans son développement. Etroite près de Lure, Luxeuil, Godoncourt, Lamarche, Contrexéville , Adompt, Frizon , elle s’élargit et occupe tout le pays entre Epinal (voisinage) , Charmes , Haillainville , Girecourt, Rambervillers , Lunéville et Blâmont. Au nord, la bande de ce calcaire redevient et se maintient étroite , passant par Sarrebourg, Fénétrange (voisinage), Deux-Ponts, Sarreguemines et Boulay. Le muschelkalk forme des collines très lég1 ondulées d’un relief très peu sensible. La plus élevée est celle d’Ortoncourt (Vosges), ait. 403 m., la vallée voisine de la Mortagne étant à *284 m. Ces collines sont presque toujours cultivées, plus rarement couvertes de bois (chênes ou hêtres); la vigne n’est pas cultivée en grand sur ce terrain.

Keuper. Le keuper se compose de calcaires très analogues

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