PLAINE DE LA LORRAINE
au muschelkalk, de marnes d’un grand développement (les marnes irisées) et de grès (le grès infraliasique). Ces terrains comme le muschelkalk existent, mais sans acquérir une grande importance, dans les environs de Lure, Saint-Loup, Bourbonneles-Bains, Lamarche, Contrexéville, Mandres (traces de terrain houiller) ; dans les environs de Mirecourt, Charmes, Bayon, Rosières, les surfaces occupées par ces terrains sont déjà beaucoup plus grandes. Mais c’est au nord de Lunéville qu’ils occupent une vaste région, atteignant dans les départements de la Meurthe et de la Moselle une largeur de 40 à 60 kilomètres. C’est au centre que se trouvent les terrains salés de Dieuze. Le keuper s’arrête vers le nord à Sarralbe (un peu au delà), Sarreguemines et Pange (à 3 lieues de Metz). Une bande rétrécie se continue seule vers le nord, parallèle à celle du muschelkalk.
Le calcaire du keuper se confond, pour l’aspect orographique et les autres propriétés qui nous intéressent ici, avec le muschelkalk.
Le grès infraliasique supérieur ne forme guère que de petits lambeaux isolés au sommet des côtes. Ce sont les marnes irisées qui donnent un caractère particulier à la zone qui nous occupe. Elles constituent fréquemment des côtes ou monticules, à pentes raides, dénudées, ravinées par les eaux pluviales.
Calcaire jurassique. Nous nous contenterons de donner pour cette formation l’analyse de l’excellent article que M. Godron lui a consacré dans sa Géographie botanique de la Lorraine.
« Les montagnes jurassiques... nous présentent, en Lorraine, cinq chaînes distinctes, et forment à leur sommet des plateaux presque toujours inclinés à l’ouest ou au sud-ouest.
La première chaîne traverse toute la Lorraine et s’étend au sud pour rejoindre le plateau de Langres et au nord-ouest jusqu'à Montmédy , d’où elle se joint aux Ardennes. Assez peu large au midi, elle offre un certain développement entre Nancy et Toul, où son plateau constitue la plaine de la Haye... Cette plaine, presque complètement boisée, offre des vallons profonds,
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
étroits et escarpés , connus dans le pays sous le nom de Fonds.
... Vers le nord, cette même chaîne s’élargit bien plus encore et forme aussi un plateau très considérable, dont Briey est à peu près le centre, qui s’étend jusqu’aux frontières du Luxembourg, franchit les limites du département de la Meuse, et présente les mêmes caractères que la plaine de la Haye; mais il est plus élevé et s’exhausse insensiblement jusqu’à 460 mètres d’altitude qu’il atteint entre Aumetz et Audun-le-Tige. Sa surface est aussi creusée de vallées profondes et plus ou moins abruptes, telles que celles de la Crunes , de la Chiers , de l’Orne et du Ruptde-Mad. Ce plateau est terminé à l’est, sur bien des points, par une falaise assez élevée; il est connu sous le nom de Pays- Haut. » Les altitudes des points élevés, pris sur cette falaise orientale, oscillent entre 400 et 495 m. Ces plateaux subissent une double inclinaison vers l’ouest et en même temps vers le uord.
Hauteurs de quelques points de ces collines :
Saint- Basle, au-dessus de Châtenois (Vosges). . . 486
Côte de Pulney . id. ... 490
— de Sion-Vaudémont (Meurthe) . 495
— de Pont-Saint-Vincent id. . . 418
— de Pimont, près de Frouard . : . 358
Coteau d’Amance . 410
Mont Saint-Quentin (Moselle) . 350
Mont Saint-Michel . 378
« La seconde chaîne est celle des côtes de la Woëvre. Elle s’étend parallèlement à la direction du cours de la Meuse, si ce n’est toutefois au sud, où ce fleuve s’en écarte. Les côtes de la Woëvre présentent généralement des pentes rapides à leur sommet et très adoucies à leur base; elles offrent des contreforts transversaux moins élevés, qui se fondent dans la plaine, à la distance de 1 à 2 kilomètres. Le plateau qui les surmonte , est creusé de vallons profonds et encaissés qui, pour la plupart, s’ouvrent dans le bassin de la Meuse; il est complètement boisé.