‹ Flore cryptogamique de l'estChapitre 46 sur 634 · POUVOIR ABSORBANT DES MOUSSES · texte numérisé non relu

POUVOIR ABSORBANT DES MOUSSES

nons 10,000 hectares, comme appartenant aux bassins de la Bruche, de la Vologne ou de la Mortagne, il nous restera encore au moins 50,000 hectares pour le bassin de la Meurthe, dans notre arrondissement.

La considération de l’état du sol, daus nos forêts de sapins, permet facilement de voir que plus de la moitié de sa surface est couverte de mousses. Les sapins eux-mêmes sont chargés d’un poids notable de mousse plus grand que celui que pourraient fournir les portions d’espaces qu’ils occupent. Il faut toutefois tenir compte des chemins, des sentiers, de certains espaces très-fourrés, ou occupés par des semis de jeunes arbres croissant dru, espaces qui n’offrent que p'èu de mousses ; nous avons aussi quelques forêts de hêtres et de chênes, moins favorables que les forêts d’Abies pectinata au développement des mousses. Si, pour ces diverses déductions à faire, nous abandonnons encore 20,000 hectares, cette concession sera trèslarge, et il nous restera 30,000 hectares pour la portion des forêts de l’arrondissement occupée d’une manière continue par un tapis de mousse.

En partant des données établies plus haut et d’après lesquelles la mousse couvrant un mètre carré de surface, dans nos forêts, pèse, en moyenne, 6 kilogrammes, après une forte pluie, tandis que la même quantité de mousse se réduit après quelques jours, par l’effet d’une simple évaporation au milieu d’un air sec, à un poids de 1 kilogr., nous pouvons conclure, à l’aide d’un calcul très-facile, que les mousses des forêts de l’arrondissement de Saint-Dié retiennent, dans le bassin de la Meurthe, au moins 1,500,000 mètres cubes d’eau, à la suite d’un orage précédé de quelques jours d’un temps chaud et sec.

Ces masses d’eau énormes rempliraient un canal de 20 m. de large et d’une profondeur de 5 m., sur une longueur de 15 kilomètres.

Sans les mousses de nos forêts, au moment des grands orages de l’été et des pluies torrentielles de l’automne, les eaux versées à la surface du sol glisseraient avec rapidité sur les pentes nues et fortement inclinées de nos montagnes, et viendraient inonder

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