II. système appendiculaire
Les mousses n’ayant ni stipules , ni aiguillons , ni vrilles , leur système appendiculaire se borne aux feuilles.
Au point de vue de leur attache , les feuilles des mousses sont toujours sessiles. Leur base décrit une ligne convexe dont les extrémités remontent obliquement, de part et d’autre, en sorte qu’elle embrasse du tiers aux trois quarts de la tige ; cette limite n’est cependant guère dépassée ; aussi ne trouve-t-on pas de mousses dont les feuilles soient perfoliées ou engainantes. Leur décurrence, qui est presque toujours sensible, varie notablement. Dans le Bryum Duvalii et d’autres espèces , elle est très saillante et rend la tige ailée. Sur beaucoup de Hypnum , elle présente des particularités qu’il est bon de signaler. En raison de la décurrence de la ligne d’insertion et par une dilatation ou plutôt un écartement du bord libre de la feuille , un espace triangulaire se trouve circonscrit à la base, de chaque côté, et con-
FEUILLES
stitue une oreillette. Dans les Hypnum giganteum, cuspidalum, sarmentosum , etc., les oreillettes sont d’autant, plus faciles à reconnaître , qu’elles sont formées par une surface courbe , dont la convexité est tournée vers la tige ; leur tissu est toujours formé de cellules plus grandes et plus délicates que les voisines ; leur coloration est très souvent hyaline , parfois jaune-orangée , comme dans le Hyp. cupressi forme. Plusieurs Dicranum ont des oreillettes subrectangulaires, brunes ou orangées.
La disposition de ces feuilles sur la tige est assez compliquée. L’ordre le plus simple est celui des feuilles distiques, très distinct dans les genres Distichium et Eustichium. Quelques espèces ont les feuilles tristiques ; mais la plupart ont leurs feuilles arrangées selon des combinaisons plus difficiles à découvrir ; les plus communes sont exprimées par les formules 2/5, 3/8, 5/13; malheureusement l’instabilité de ces rapports dans la disposition des feuilles d’une même espèce en diminue de beaucoup l’importance. Les feuilles des mousses ne sont jamais opposées, ni verticillées. Du reste, elles sont espacées, quand il est facile d’apercevoir la tige dans les intervalles qu’elles laissent entre elles, ou rapprochées , si elles couvrent la tige à ce point qu’il faut les écarter pour l’apercevoir ; tel est du moins le sens que nous avons attaché à ces termes, dans nos descriptions, afin d’échapper à l’arbitraire.
Sous le rapport de leur direction , les feuilles sont dressées , étalées, divergentes , recourbées ou réfléchies dans tous les sens autour de la tige ( squarrosa ) ou courbées en dessous toutes d’un même côté , ce que nous désignons par le terme d 'homotropes (tournées d’un même côté), ou par celui de falci formes (courbées en faux). Elles sont de plus planes , concaves ou canaliculées, courbées ou creusées en cuiller, au sommet. La configuration des feuilles prises dans leur ensemble , passe de la forme orbiculaire à la forme linéaire- subulèe ; les formes intermédiaires que l’on rencontre le plus souvent sont celles des feuilles ovales, obovées, oblongues , spatulêes, lancéolées, linéaires et toutes les nuances d’une forme à l’autre, nuances que l’on caractérise par des termes composés, tels que ovale-oblongue , lan-
MOUSSES