‹ Flore de Loir-et-Cher, comprenant la description, les tableaux synoptiques et la distribution géographique des plantes vasculairesChapitre 10 sur 265 · XLIX · texte numérisé non relu

XLIX

. tie formés du Quercus to77a,on rencontre une belle compo- . sée, Senecio adonidifolius, à laquelle on ne connaît encore » chez nous qu’une localité, mais où la plante abonde,

- Les terrains secs et sablonneux fournissent un grand nombre de plantes rares, parmi lesquelles je citerai sur- - tout: Plantago carinata; Anarrhinum bellidifolium et quelquefois : Linaria Peliceriana, Lotus hispidus et L. an- gustissimus; Ornithopus compressus et O. ebracteatus ; Arnoseris pusilla; Tillæa muscosa ; Anthoxanthum Puelii; Lathyrus angulatus ; Anthemis mixta; puis toute une 4 série de Trèfles : TZ’, strictum, T. scabrum, T'. subterra- Fe

. neum, T. glomeratum, T.. striatum; une Graminée inté- ressante: Aira præcox ; l'Helianthemum guttatum abonde ÿ partout. Ses deux congénères, Æ. Alyssoides et H, umbella- . tum, sont beaucoup plus localisés, bien qu’assez répandus - dans toute la portion N.-E. de la Sologne; le premier, dont le cachet est tout-à-fait méridional, envahit prompte- - ment les jachères et les parties dénudées des bois et des . bruyères, ou il se développe en petits buissons déprimés, circulaires, qui se couvrent au mois de juin de fleurs jaune .. d’or; l’'. umbellatum affectionne les terrains arides où végéte avec peine une bruyère rabougrie qu’il domine de ses élégants bouquets de fleurs blanches ; c’est dans cette même région, que le Lycopodium clavatum a été si- » gnalé, .

| Les parties humides des jachères ou des champs sa- - blonneux sont promptement envahies par une colonie de plantes où dominent constamment : Spergularia segetalis, Sagina subulata, Juncus capitatus, Sedum pentandrum, . auxquels viennentsejoindredes vulgarités, telles que: Mon-

. tia minor, Sagina procumbens, Juncus bufonius et J. Te-

- nageia; lerare Chlora imperfoliata s'y rencontre aussi, mais seulement dans le voisinage du calcaire.

Trois cours d’eau principaux absorbent les innombra- . bles ruisseaux qui naissent des étangs de la Sologne: le Beuvron, la Sauldre et le Cosson ; je ne parlerai pas de ce dernier dont le parcours limite presque la Sologne vers le # Sud, ets’effectue pour une bonne part, dans notre départe- - ment, à travers les terrains calcaires ou dans le val même : de la Loire. |

- Le Beuvron, sauf depuis Cellettes jusqu’à son embou- - chure, coule sur un fond éminemment siliceux ; aussi ses rives, presque de niveau avec ses eaux, ne sont-elles qu’une + succession de marais dans lesquels on trouve un bon nombre de plantes rares; je citerai surtout: Peucedanum

gataet C. elongata ; Ranunculus Lingua; Stellaria glau- ca; Comarum palustre ; dans les fossés des prairies: Pota-

palustre; Cicuta virosa (une seule localité) : Carex lævi-

HER mogeton rufescens et P. acutifolius ; Sparganium mini: mum ; je ne parle que pour mémoire de l’Osmunda regalis qui abonde dans les lieux tourbeux un peu boisés; des Carex hornschuchiana et fulva, des Eriophorum, etc., qui, par place, forment le fond de la végétation, | ER.

Les petits bois de la vallée du Beuvron, au-dessous de Bracieux, offrent plusieurs espècés vraiment intéressantes, mais toutes très localisées ; ce sont: Carex strigosa et C. depauperata; Festuca gigantea; Primula elatior; Paris quadrifolia; Lathræa Clandestina et L. squammaria, Isopyrum thalictroides ; Scilla bifolia, Pulmonaria affinis. Le Silene Armeria est particulièrement abondant dans les champs siliceux de la même vallée, depuis Neuvy jusqu’à Seur.

La Sauldre, et la vallée qu’elle occupe, n'offre pas une moindre variété de plantes intéressantes; c’est sur ses. bords surtout que croissent: Myrica Gale, Cardamine impatiens ; le Carex Buxbaumii, au moins d’après ce que l’on sait aujourd’hui sur sa dispersion dans notre région, est strictement limité aux prairies qui occupent le bassin de la Sauldre etde ses affluents, sauf une seule localité, très rapprochée des autres, du reste, sur la rive droite du Cher ; il faut encore citer: Ranunculus Lingua et R. ophioglossifolius ; Orchis odoratissima; Lathyrus palustris ; Utricularia intermedia, observé seulement dans les mares avoisi= nant la Sauldre et dans la Rère, son affluent. .

Les sables faluniens dont j'ai parlé précédemment n’ap-

artiennent point en réalité à la Sologne ; ils la bordent a. PQuest, sur une très faible étendue du reste; leur végétation est presque partout caractérisée par l’extrême abon= dance de certaines plantes, telles que: Silene conica, Vale- « rianella coronata, Artemisia campestris, Linaria supina et quelquefois Lupinus reticulatus et Ononis natrix. FT

Enfin les petits îlots calcaires disséminés autour de Romorantin présentent, extrêmement condensée, une partie de la flore caractéristique des sols à base de chaux ; d dans les champs les Adonis æstivalis et flammea abondent | en société de l’Asperula arvensis, du Veronica præcox, " des Podospermum laciniatum, Nesliu panicula, Erysi- ; mum perfoliatum, Myagrum perfoliatum; dans les bois ou les pâturages secs : Seseli annuum, Genista germanica, qui n’a pas été observé ailleurs dans le département; Orchis Simia; Ophrys muscifera; Epipactis microphy lla.

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Valet coteaux du Cher. — Le val du Cher, qui limite la Sologne au sud,ne constitue qu’une bande étroite d’allu= vions bordée au nord, depuis Selles-sur-Cherjusqu’aux con - ” fins du département par des collines crétacées ; la végétation

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decette vallée ne manque pas d’analogie avec cellé du valde fa

Loire; les mêmes espèces de Saules s’y retrouvent; l’Artemi- sia campestris y abonde, souvent en compagnie de l’Equise- tumramosissimum; le Scirpus Michelianus végète sur les grè- ves;le Zrifolium maritimum et le Tr. Michelianum dans les prairies ; le Sci/laautumnalissurles pelouses herbeuses un peu sèches et quelquefois, dans les fossés, le Ranunculus ophioglossifolius ; le joli Scutellaria hastifolia se montre dans quelques fossés des prairies, et de nouvelles recher- . chés amèneront peut-être la découverte du Muscari Botryoides, signalé depuis longtemps dans la région un peu . supérieure de la rivière ; toutes ces plantes sont bien de la vallée de la Loire, et plusieurs ne se retrouvent pas en dehors, chez nous du moins.

- A ces espèces il en faut joindre d’autres qu’on ne rencontre pour la plupart que dans le val du Cher; ce sont: Œnanthe pimpinelloides, Galium constrictum, Viola pumila et Wiola stricta, Sisymbrium asperum, Carex paradoxa, le Spiræu Filipendula, qui manque à peu près à la vallée de la Loire, pullule partout dans les prés gras. __ Les coteaux nord de la vallée du Cher n’offrent d’intérêt au botaniste que depuis Selles-sur-Cher jusqu'aux limites du département d’Indre-et-Loire, c’est-à-dire seulement là où les formations crayeuses sont bien déterminées. . La localité de Belleroche, près de Saint-Aignan, réunit à . peu près toute la végétation de ces coteaux, sans compter | AS espèces qui lui sont particulières ; je citerai parmi les plus intéressantes : Linum salsoloides, Helianthemum procumbens, Polygala comosa, Teucrium montanum, Globularia Willkommii ; Poly gonatum vulgare ; Phalangium ramosum, Lathyrus niger, Ononis natrix, très rare chez - nous en dehors de la valllée du Cher ; puis toute la série - des Orchidées des terrains calcaires : Orchis simia, Ophrys » apifera et O. muscifera ; Cephalanthera ensifolia ; le C. - grandiflora, n'a été observé que dans le parc de Saint- - Aignan, sur le coteau opposé ; puis quelques espèces qui … ne se retrouvent guère que dans le Perche : Æypericum - montanum et Digitalis lutea ; enfin deux plantes qui ne s’y » montrent qu’en très petite quantité, et ne croissent que là: Limodorum abortivum et Laserpitium latifolium.

…. Cette localité dite des Carrières de Belleroche, offre en - outre un intérêt spécial, celui d’être au point de contact

avec les terrains siliceux de la Sologne; il en résulte que - toutes les dépressions sont occupées par les plantes Et - coles que je viens de citer, tandis que le plateau qui cons- » titue le sommet, occupé par la forêt de Grobois, est peuppié d'espèces silicoles, telles que : Arenaria montana,

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Digitalis purpurea. Asphodelus sphœrocarpus, Simethi bicolor. (1). | +

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J’ai dit précédemment que tout le territoire situé au sud. du Cher avait avec le Perche une analogie presque compléte, comme composition chimique et comme relief du sol ; il en résulte naturellement une grande similitude dans la flore, similitude que j'avais déjà signalée pour la forêt de Blois et qui se retrouve dans toute la partie ouest du département. Dans les vallées boisées relativement assezpro: fondes, on rencontre en effet plusieurs des plantes du Per: « che, telles que: Aspidium aculeatum et sa variété angularer M Cystopteris fragilis ; Primula elatior ; Veronica montana; Oxalis acetosella; Carex strigosa ; Galeobdolon luteum, Allium ursinum; mais de plus: Viola lancifolia et Euphor- | bia pilosa, qui n’ont point encore été signalés dans le nord « du département. C’est aussi dans un marais de cette région que croît en abondance un Carex qu'on peut s'étonner à bon droit d’y rencontrer, le C. punctata, plante de la région maritime, trouvée pourtant dans des conditions analogues dans un département voisin. “73

En réalité la végétation de cette partie du département est pauvre, et ce n’est guère que dans les bois placés dans le voisinage d’un ruisseau, ou dans les marais, quele botaniste pourra faire quelque récolte intéressante. Ici encore on trouve la preuve de l’absence de richesse végé= tale dans les sols argileux. 15

Mais j'ai hâte de terminer ce long exposé des caractères de la végétation, en Loir-et-Cher ; j'ai tenté de grouper toutes les espèces intéressantes , en montrant que leur existence dans un lieu déterminé était en relation cons- « tante avec la nature chimique du sol, combinée avec des « conditions particulières d'exposition, ou quelquefois de « dispersion géographique, lorsqu'il s’agit de plantes des . vallées des grands cours d’eau. Plusieurs espèces échap- M pent sans doute à ce que l’on peut considérer comme une « loi dans une région donnée ; la présence du Carex Bux- « baumit, par exemple, sur un point très nettement circonscrit de la Sologne, est un fait inexplicable, alors que la plante n’est connue ailleurs en France que sur les bords du Rhin et sur une montagne du Dauphiné ; on pourrait … presque en dire autant des Viola stricta, pumila et persicæfolia, plantes de l’est de la France ou du centre de l'Eu= rope , véritablement isolées dans nos départements occi= ” dentaux ou du centre ; tel est encore le cas du Linum salsoloides, plante méridionale, cantonnée chez nous sur les coteaux nord du Cher, qui l’ont sans doute reçue du

département de ce nom, où l’on constate tant d'anomalies dans la distribution géographique des plantes qui consti- . tuent sa flore.Je pourrai citer encore les Ajuga pyramidalis et Arnica montana, dont l’origine en Sologne remonte peut étreàaun autre âge ; l'Helianthemum Alyssoides qui semble - procéder par bonds dans ses localités ; qui du Portugal et . de la côte Cantabrique, s'étend dans les Landes du S.-O. . dela France, de Bayonne à Bordeaux, pour ne plus se - retrouver que dans unelocalité de l’Anjou, de là aux envi- rons du Mans, et vient terminer son expansion géographique à Gien (Loiret), après avoir occupé en maître les % re les plus arides de la Sologne orientale. La Sologne du reste paraît être le point de rencontre de - végétations très diverses ; l'Ouest, l'Est, le Nord et le » Midi, je dirai même la basse région des montagnes, ont - apporté leur contingent à sa flore ; et pour preuve, il suffit de citer comme croissant dans une circonscription très restreinte, dans l'arrondissement de Romorantin par exemple : Ajuga pyramidalis, Arnica montana, plantes de la région montagneuse ; Carex Buxbaumii, Alisma parnassifolium, espèces de l'Est et du Nord de l’Europe, végétant à côté de : Pinguicula lusitanica, Lobelia urens, Erica vagans, Helianthemum Alyssoides, Juncus heterophy llus, Viola lancifolia, Sinethis bicolor, et de tant d’autres qui sont si exclusivement occidentales. Dans l’état actuel de la science, il serait prématuré d’indiquer les causes, sans doute très complexes, d’un pareil état de choses ; mais il. est peut être permis d’espérer qu’un jour la connaissance lus complète des phénomènes géologiques, avec toutes les circonstances qui les ont accompagnés, donnera la clef de l’intéressant problème de la dispersion des végétaux.

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Plantes introduites. (1) — Dans l’énumération des plantes d’un pays, il est très important de séparer les espèces réellement indigènes de celles qu’on a lieu d’y croire importées, ces dernières ne pouvant donner qu’une

__ (1) Je ne parlerai ici que des espèces introduites depuis un ou deux = siècles. On est d’accord aujourd’hui pour considérer comme importées > à une haute antiquité, beaucoup des plantes qui peuplent nos moissons, . telles que les Coquelicots, nos trois .Adonis, le Bleuet, la Nielle des blés … (Lychnis Githago), plusieurs Crucifères, telles que Myagrum per/folia-

. tum, Erysimum perfoliatum, Neslia paniculata, les Camelines. etc. Presque toutes ces espèces nous seraient venues d'Orient, gagnant de - proche en proche avec les cultures de céréales. L’'Erigeron canadense ” est dans le même cas; introduit à la fin du siècle dernier, il a aujour- * d’hui complétement conquis son indigénat. Mais il ne faut point ou- blier qu’a côté de ces faits d'introduction se terminant par une installa- - tion définitive de la plante, il s’en produit d’autres tout à fait éphémères. - Tel a été le cas de 200 esnèces ou environ, qui ont fait leur apparition à > la suite de la guerre, en 1871 et 1872, et dont je parle plus loin.

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limites vraies de l’extension géographique de certains types. C’est pour n'avoir pas connu l’origine de l’exis=

plus de 5o ans à Cellettes, où il se maintient toujours,

fausse idée de la végétation et induire en erreur sur les

tence du Jasminum fruticans aux rochers Saïnt- Victor, près de Blois, que M. Alph. de Candolle, dans sa Géogra= phie botanique, a fait remonter l'aire géographique de cet arbrisseau jusque sur les bords de la Loire. À

Parmi les végétaux introduits, les uns sontd’originetout. « à-fait lointaine ; telles sont, par exemple, les espèces citées plus haut comme très répandues dans le val dela Loire, ou sur ses grèves, et appartenant aux genres: Œnothera, Xan+ thium, Datura, Nicandra, Aster, Ilysanthes, Vandellia, « etc. Mais il en est d’autres dont l'introduction est plus dif- ficile à demêler ; ce sont celles qui, nées dans une région assez rapprochée, ont été semées fortuitement, par suite du mélange de leurs graines avec les céréales ou les plan tes fourragères ; celles qui sont entraînées des régions supérieures par les inondations des grands cours d’eau ; = celles enfin qui semblent s'attacher à suivre l’homme partout où il s'établit. C’est ainsi que depuis quelques années le Centaurea solsticialis s’est montré accidentellement dans plusieurs champs de luzerne ; que le Crepis selosa infeste aujourd'hui les prairies artificielles ; que le Centaurea maculosa et l’Anthemis montana, venus de la Haute-Loire, se sont établis dans les îles du fleuve.

L’Ammi majus, plante méridionale, est signalé depuis

sans se multiplier beaucoup; cette Ombellifère a été aussi observée plus récemment aux environs de Vendôme, de Montoire et en Beauce; on trouve dans le parc de Cheverny deux plantes introduites depuis fort longtemps, peut être par des semis de Pins; ce sont Luzula albida et. Poa sudetica. 5 Les environs de Romorantin offrent comme exemples de plantes plus ou moins naturalisées: Xanthium spinosum, Dipsacus fullonum, aujourd’hui disparu ; Polycarpum tetraphyllum, qu’on ne peut détruire dans la cour d’une maison du faubourg. d'Orléans ; c’est aussi probablement le cas de l’Amaranthus deflexus, espèce peut-être. américaine, comme sa congénère, À. retroflexus, mais ré pandue aujourd’hui dans la région méditerranéenne et dans l’Europe occidentale ; le Si/ybum marianum paraît bien fixé à Villeherviers, mais cette plante, aujourd’hui introduite ça et là aux environs de Blois, estoriginaire du Nord de l'Afrique ou de l'Orient ; elle est d’ailleurs dispersée dans les deux mondes, à la suite de l’homme. Quant au Scolymus hispanicus, son indigénat à Romorantin peut être accepté, puisque l’on a d’autres exemples indis=

- cutables de la présence en Sologne de plusieurs plantes méridionalés. [Il ne faut pas oublier pourtant que cette Cichoracée, dont la racine est alimentaire, se naturalise - très facilement; j’en aieu des exemples à Cour-Chevernyet + à Blois,où la plante se maintient très abondante près de la . Croix des Pêcheurs depuis 15 années ; M. Nouel en a aussi …. connu un cas de naturalisation à Vendôme.

- Les champs de Lin fournissent presque toujours le parasite de cette plante, Cuscuta epilinum, et assez souvent le - Lolium remotum, qui ne se trouve guère que là. k Le Rosa gallica se rencontre assez souvent dans les » haies ou les bois qui avoisinent les habitations; il est - alors constamment semi double et on ne peut le considérer - que comme naturalisé; il se montre pourtant simple ou … presque simple dans une partie des bois de Billy où il + abonde, aïnsi que dans un bois de la commune de Lo- - reux. Faut-il l’y croire spontané ? Ses racines longuement » rampantes aident certainement beaucoup à sa conservation et à sa multiplication.

- L'un des plus beaux cas de naturalisation est certaineà ment celui du Galega officinalis, qui se trouve à Pontlevoy, . dans la prairie du Traine-feuille, sur une étendue de 3 ki- . lomètres environ; il s’y montre très abondant, mais dans * une localité strictement limitée. Le Smyrnium Olusatrum i et l’Æelleborus viridis, méritent l’un et l’autre à peine une + mention ; on n’en a observé que des individus isolés, et À toujours dans le voisinage immédiat des habitations. Le Pœonia corallina et le Leucoium œstivum, dont on ne » peut guère admettre l’indigénat en Loir-et-Cher, le premier ne sortant pas.de l’enclos d’un parc, le second habitant une prairie contigüe à un jardin, méritent cependant l’un et l’autre une place dans la Flore, à cause de leur extrême abondance dans les deux localités où ils crois- » sent.

1 On trouve encore çà et là, sur les vieux murs ou sur les - fours, l’/ris pumila et l’Iris germanica, originaires l’un et - l’autre de l’Europe orientale ou centrale ; le Sempervivum tectorum est quelquefois planté sur l’arête des toits, mais … spontané seulement dans la région montagneuse. .. Ona beaucoup préconisé, il y a quelques années, la … culture d’un trèfle originaire du nord de l’Europe, le Trifolium hybridum ; on en rencontre encore aujourd’hui un certain nombre d'individus dans les prairies où il a …. été semé; il ne faudrait pas considérer cette espèce » commeindigène chez nous. » Le Potentilla recta, cité par Lefrou et Boreau comme étant une plante de Loir-et-Cher, doit en être rayée; c'était là une espèce introduite s’il en fût jamais. Il ne

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Nous avons assisté il y a peu d’années à l’envahissement des mares ou même des petites rivières, coulant dans la vallée de la Loire, par une plante américaine, = l’Elodea canadensis, qui en a rapidement chassé presque toute la végétation indigène. Aujourd’hui cette étrangère a presque disparu deslocalités où elle abondaït; l'avenir dira si ce mouvement de recul dans son acclimatation est le signal d’une réelle extinction. à Je ne parlerai ici que pour mémoire des nombreuses … espèces, la plupart méditerranéennes, disséminées en 1870- 1871 par les fourrages distribués aux armées ; presque toutes ont disparu, mais non pas tant peut-être en raison … du climat, que par suite d’une destruction nécessitée par la mise en culture des terrains qu’elles occupaient. À Cheverny plusieurs ont persisté et se trouvent encore dans les lieux vagues; ce sont: Reseda alba, Ranunculus macrophyl. lus (d'Algérie) et Poly pogon monspeliense ; sur le champ de foire de Salbris, on trouvait encore en profusion, en 1884, Trifoliumnigrescens et Tr.isthmocarpum (d'Algérie), … quelques rares individus de Berteroa incana et de Silene quingueyulnera. ES: k Je termine ici l'exposé des plantes introduites, ou en voie de naturalisation. On me trouvera peut-être sévère à l’égard de l’indigénat de quelques espèces que l’on avait pris l'habitude, sur la foi debotanistes d’ailleurs conscencieux,de

considérer comme étant la gloire de la Flore de Loir-et- …

vérité sur l’origine problématique de ces espèces. Le plus grand service que l’on puisse rendre à la Géographie botanique, c’est de soumettre à la critique certains indigénats que l’on ne peut expliquer sans recourir à des hypothèses pris ou moins hasardées,et qui font plus d'honneur à | ‘imagination de l’auteur, qu’elles n’apportent d'éléments réels à la connaissance de la vérité. | :

Cher ; mais j'ai cru devoir ici dire ce que je crois être la

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