G. ROSA. (Rosier
Calice à 5 divisions, surmontant un tube urcéolé, oblong, ovoïde ou globuleux, resserré au sommet ; 5 pétales; étamines en nombre indéfini; plusieurs styles; achanes dressés au fond du tube calicinal et ordinairement assez nombreux. — Sous-arbrisseaux plus ou moins pourvus d’aiguillons, dressés ou sarmenteux ; feuilles imparipennées; fleurs solitaires ou en corymbe.
— Les limites spécifiques, dans le genre Rosa, ont donné lieu à d’ardentes controverses. Le nombre des espèces d'Europe qui, pour certains auteurs, atteint à peine le chiffre de 20, dépasse pour d’autres celui de 800. Je me suis inspiré surtout des idées et des travaux de M. Crépin, directeur du jardin botanique de Bruxelles, pour décrire les Roses de Loir-et-Cher; c’est d’après les principes qu’il a posés, que j'ai signalé comme variétés, et sous un nom particulier, seulement les formes qui m’ont paru bien définies.
338. ER. arvensis Huds. fi. angl. p. 219. Lefr. cat. 10; Em. Mart. cat. 101. (R. des champs). — Tiges pourvues d’aiguillons un peu courbés ; 5 à 7 folioles simplement dentées, pâles en-dessous, glabres ou un peu pubescentes sur là nervure ; fleurs d’un blanc mat; divisions du calice peu saillantes sur le bouton, entières au sommet ou quelques-unes un peu pinnatifides; styles glabres réunis en colonne allongée (6 à 7 mill.), égalant environ les étamines; réceptacle fructifere rouge, globuleux,; divisions calicinales promptement caduques sur le fruit.
Varie :
a. repens. (R. repens Scop. fi. carn. I. 355 (ed. 2).— Tiges plus ou moins étalées ou recourbées, formant de petits buissons diffus ; folioles petites (1 à 2 cent. long.), d’un vert pâle; fleurs souvent solitaires ; pédoncules et tube du calice couverts de petites glandes, rarement tout à fait glabres. CC.
b. bibracteata. (R. bibracteata Bast. in DC. fl. fr. VI. 537). — Tiges assez robustes, s’élevant jusqu’à 2 mètres dans les haies; folioles
LE
nt
grandes (3 à 4 cent. de long.), souvent d’un vert foncé en-dessus : fleurs 3
ordinairement en corymbe et accompagnées de feuilles parfois réduites à de larges bractées ; pédoncules et tube du calice plus ou moins parsemés de glandes. Cà et là : Cheverny ! Cour-Cheverny ! Cellettes ! les Montils!
Lu
— Mai, juin. Les bois, les haies, bords des champs incultes.
Distrib géogr. — Europe tempérée (jusqu’en Angleterre et en Belgique) et australe, jusqu’en Espagne, dans l’Italie centrale et la région Danubienne; région montagneuse de la Grèce. La variété b. bibracteata se rencontre presque exclusivement dans l’Europe occidentale.
339. R. stylosa Desv.Journ. bot. II (1810), 317; Em. Mart. cat. 101. (R. a longs styles). — Tiges dressées ou un peu srquees pourvues d’aiguillons crochus tres dilatés à la base ; 5 à 7 folioles plus ou moins pubescentes en dessous, au moins sur la nervure médiane et dans leur jeune âge, rarement tout à fait glabres, bordées de dents simples ou un peu surdentées; fleurs solitaires ou en corymbe quelquefois tres-fourni, blanchâtres ou un peu rosées ; pédoncules et tube du calice plus ou moins couverts de glandes ou complétement glabres; divisions Calicinales dépassant beaucoup le bouton, toutes, ou au moins quelques-unes d’entre elles, pinnatifides au sommet; styles glabres, rapprochés maïs non cohérents, longs de 3 à 4 mill., au moins moitié plus courts que les étamines ; réceptacles fructifères ovoïdes ou subglobuleux; divisions calicinales promptement caduques sur le fruit.
Varie :
a Desvauxii Baker. (R. stylosa Desv. Journ. de bot. I (1813), p. 118,
tab. 14). — Feuilles pubescentes en dessous sur toute la surface. R. Sargé, route de Savigny à Mondoubleau!
b. systyla. (R. systyla Bast.). — Folioles pubescentes en dessous sur les nervures, ou seulement sur la nervure médiane, rarement tout à fait glabres dès l’anthèse, mais perdant souvent leur villosité vers la maturité. AC. aux environs de Blois! Cheverny! Cour-Cheverny! Cellettes! Romorantin! Lanthenay !
— Juin. Haies, bords des bois.
Distrib. géogr. — France; Angleterre ; Espagne ; Suisse. Observ. — Le R. spinosissima L. (R. très-épineux), est sou-
vent naturalisé dans les parcs, ou même dans les haies voisines des habitations, ses racines rampantes facilitant beaucoup sa . multiplication. C’est un petit sous-arbrisseau à tiges droites, toutes couvertes de petits aiguillons subulés et de soies raides; stipules étroites PA SET des feuilles supérieures non dilatées, comme on le voit dans beaucoup d’autres espèces de rosiers ; les feuilles sont formées de 8 à 11 folioles ovales ou presqu’arrondies, glabres ou un peu pubescentes; pédoncules solitaires, quelquefois glanduleux; fleurs blanches; divisions calicinales courtes et entières; réceptacle fructifère sphérique, d’un rouge noir et couronné par le calice longtemps persistant. Il existe une variété es: va inerme de cette espèce /A. men |
— Le À. gallica L. ei de France), vulg. Rose de Provins), se trouve cà et là dans le voisinage des jardins, ou quelquefois dans les bois, sur l’emplacement d'habitations détruites (Cheverny, Cour-Cheverny, Chailles, Fontaines-en-Sologne, Mur, Dhuizon,
Vernou, Lanthenay). Tous les spécimens que j'ai pu voir de ces
diverses provenances avaient leurs fleurs à plus de 5 pétales, ou même quelquefois semi-doubles, ce qui paraît bien indiquer une origine cultivée. Le R. gallica est le plus petit de nos rosiers et, dans quelques-unes de ses formes, la plante n’atteint pas 30 centimètres; eile en dépasse rarement 60; ses tiges sont grêles ; les turions (tiges de l’année) plus ou moins abondamment couverts d’aiguillons très-inégaux, les uns très-petits sétacés, les autres assez grands, droits; les tiges florifères sont souvent presque inermes ; feuilles formées de 5 folioles assez grandes, ovales ou arrondies, Coriaces, blanchâtres et finement tomenteuses en dessous, bordées de dents étalées et surdentées ; stipules des feuilles supérieures non dilatées, toutes trés-étroites; pédoncules ordinairement solitaires, couverts, ainsi que le tube du calice, de fines glandes; fleurs variant du pourpre foncé au rouge clair ; les styles sont glabres ou velus, rapprochés en colonne très-courte ; réceptacle fructifère globuleux, rouge; divisions calicinales promptement caduques. Le R. gallica est indigène dans toute Ia région Danubienne ainsi que dans l’est et le S.-E. de la France ; il paraît être la souche de la Rose à cent feuilles.
M. Déséglises a créé ou admis 24 espèces aux dépens du R. gallica ; quelques-unes ont tres-probablement une origine hybride. Cf. Déségl. Cat. du genre Rosier p. 66; Crépin, Primitiæ monogr. Rosarum, fasc. V., 34.
— On rencontre aussi à l’état subspontané, surtout dans les anciens parcs et dans les haies qui les avoisinent, le R. cinnamomea L. (KR. canelle), originaire de l’Éurope centrale et septentrionale, ainsi que de la Sibérie; c’est un petit sous-arbrisseau dont les turions (tiges de l’année) sont couverts de petits aiguillons sétacés, entremêlés de soies nombreuses; les tiges florifères ont l’écorce jaunâtre et sont pourvues de quelques aiguillons plus robustes, souvent géminés ; stipules des feuilles supérieures trèsdilatées, surtout dans le voisinage des fleurs qu’elles cachent presque; 5 à 7 folioles grisâtres et souvent pubescentes, surtout en dessous, arrondies à la base et bordées de dents simples ; divisions calicinales très allongées; pédoncules glabres ; fleurs d’un rose vif; réceptacles fructiferes globuleux.
Le R. blanda, Gmel., var. glabra Crépin, d’origine américaine, est naturalisé dans quelques haies, à Cheverny et à Cour-Cheverny ; il est voisin du R. cinnamomea; ses folioles sont plus grandes, atténuées à la base, glabres en-dessous ; les stipules des feuilles supérieures sont moins dilatées et ne cachent pas les pédoncules.
340. R. Canina L. sp. 704. Lefr. cat. 11; Em. Mart. cat. 102 (R. de chien). — Turions (tiges de l’année) et tiges florifères armés d’aiguillons crochus, ou inclinés, sans mélange de soies ou d’aiguillons subulés ; stipules des feuilles supérieures très-dilatées ; o à 7 folioles tout à fait glabres, ou plus ou moins velues (jamais tomenteuses), ou quelquefois parsemées en-dessous de glandes brillantes (non odorantes) ; fleurs blanches ou rosées; divisions du calice dépassant beaucoup le bouton, pinnatifides au sommet, promptement caduques; réceptacle fructifère oblong, ovoïde ou globuleux; styles très-courts à peine saillants entre les étamines.
Varie beaucoup :
+ Folioles complétement glabres en-dessous.
A. Pédoncule dépourvu de glandes * Réceptacle fructifère ovoïde ou obovale après l’anthèse.
AT
a. canina. (R. canina Auct.). — Dents des folioles simples. — CC. » “#4
b. dumalis, (R. dumalis Bchst.) — Dents des folioles plus ou moins 7 surdentées. — CC.
** Réceptacle fructifère globuleux ou subglobuleux.
c. sphærica. (R. sphærica Gren.).— Folioles bordées de dents simples; divisions calicinales non redressées sur le réceptacle fructifère après l’'anthêse. — Cheverny ; Cour-Cheverny. l
d. globularis. (R. globularis Franch.). — Folioles bordées de dentsun peu surdentées ; divisions calicinales redressées sur le fruit après lanthèse, puis promptement caduques, — Cheverny ; Cour-Cheverny.
e. biserrata. (R. biserrata Mérat). — Caractères de la variété d., mais folioles bordées de dents très-nettement surdentées, glanduleuses, — Vendôme, sur la montagne.
B. Pédoncule plus ou moins hérissé de glandes.
f. Andegavensis. (R. Andegavensis Bast.) — FKolioles bordées de dents simples, ou dont quelques unes sont un peu surdentées, AC.
g. inconspicua. (R. inconspicua) Désegl. Cat.) — Folioles bordées de dents très-surdentées, glanduleuses. — Cour-Cheverny.
++ Folioles plus ou moins velues, au moins en dessous sur les nervures et quelquefois munies de glandes brillantes, inodores.
A. Folioles simplement dentées.
U. dumetorum (R. dumetorum Thuill.) — Folioles plus ou moins velues en dessous sur toute la surface, ou seulement sur les nervures (R. urbica Lem ); fleurs blanches ou roses (À. Deseglisei Boreau).— AC.
B. Folioles à dents très surchargées de dents accessoires glanduleuses.
i. tomentella. (R. tomentella Lem.). — Folioles velues sur les 2 faces et présentant même parfois en dessous quelques glandes brillantes. — Salbris (Déséglises).
+++ Æolioles non pubescentes, mais parsemées en dessons sur les nervures de glandes brillantes inodores.
k. Blondeana. (R. Blondeana Rip.).— Folioles largement ovales, à dents étalées, très surdentées, glanduleuses; pédoncule et tube du calice glanduleux hispides. — Cheverny, Cour-Cheverny ; Romorantin.
— Mai, juin. Haies, bords des bois.
Distrib. géogr. — Toute l’Europe, excepté dans le nord; l'Asie mineure, la Perse et le Caucase; Afrique septentrionale. Se retrouve au Mexique (R, Montezumæ), d’après M. Crépin.
Observ. — Les spécimens de Vendôme rapportés ici au À. biserrata Mérat, sont tout à fait semblables à ceux que Leman a distribués sous Ce nom ; le réceptacie fructifère est globuleux, ainsi
ue le dit Mérat, et non pas ovoïde comme l’a écrit M. Boreau
dans la Flore du centre.
— M. Déséglises, Cat. du genre Rosier, p. 188, dit n’avoir pas vu de