‹ Flore de Lorraine (volume 2)Chapitre 58 sur 79 · TEUCRIUM L · texte numérisé non relu

TEUCRIUM L

Diffère du genre précédent par le calice à cinq dents presque égales et non disposées en deux lèvres; par le tube de la corolle divisé postérieurement par une longue fente à travers laquelle passent les étamines et le pistil; par ses akènes alvcolés. — Fleurs verticillées,

T. BOTRYS JL. Sp. 186; Willm. Phyt. 674; Soy.- Will. Cat.; Doïs. 523; Hol. 569. — Fleurs pédicellées, unilatérales, disposées à l’aisselle des feuilles supérieures en demi-verticilles nombreux rapprochés et formés chacun de 4-6 fleurs ; pédicelles égalant le calice; celui-ci inséré latéralement sur le pédicelle, velu à la gorge, élégamment réticulé-veiné, formant à sa base une

bosse arrondie très-saillante, muni de dents lancéolées cuspidées; corolle à tube un peu courbé, plus court que le calice, à lobes latéraux inégaux acuminés. Feuilles toutes assez longuement pétiolées, molles, d’un vert sombre en dessus, plus pâles en dessous, largement ovales dans leur pourtour, bipinnatifides à segments oblongs obtus et un peu réfléchis sur les bords. Tiges herbacées, quadrangulaires, ordinairement nombreuses, souvent rougeâtres, simples ou rameuses au-dessous des derniers verticilles de fleurs; les tiges latérales ascendantes. Racine pivotante, sans stolons. — Plante mollement velue et un peu glanduleuse ; fleurs lilas.

Com. dans les champs pierreux et calcaires. ©. Juillet-octobre.

T. SCORDIUM L. Sp. 190; Wäillm. Phyt. 671; Soy.- Wül. Cat.; Dois. 523; Hol. 569. — Fleurs pédicellées, unilatérales, solitaires ou géminées à l’aisselle des feuilles supérieures ; pédicelles très-grèêles, égalant le calice ; celui-ci inséré un peu obliquement sur le pédicelle, velu à la gorge, non réticulé-veiné, ventru à la base et en avant, mais seulement à la maturité, muni de dents lancéolées-acuminées : ; corolle à tube un peu courbé et égalant le calice, à lobes latéraux lancéolés. Feuilles foutes sessiles, molles, d’un vert cendré ou violet, oblongues, profondément crénelées ; celles de la tige principale arrondies à la base et presque embrassantes ; les raméales plus petites, atténuées à la base. Tiges herbacées, quadrangulaires, couchées ou ascendantes, souvent radicantes à la base , très-feuillées , rameuses diffuses. Racine rampante, émettant des stolens. — Plante très- -velue, odorante ; fleurs petites, d'un pourpre pâle.

Prairies humides, fossés. Nancy (tuilerie de Tomblaine : Soyer- Fillemet; entre lombleine et le pont d'Essey : Suard; Grands- Moulins}; Toul (Villers St. Etienne : Fusson et Gély). Metz (Thury, la Maxe, Polysone : Æolantre). St -Mibiel (Sampigny : Pterrot; Richecourt}: Spincourt et MATH UC Neufchâteau : Mougeot. %. Juillet-août.

T. CHAMÆDRYS L. Sp. 190: Willm. Phyt. 678; Soy.- . Will. Cat.; Dois. 522; Hol. 570. — Fleurs pédicellées, unilatérales, disposées à l’aisselle des feuilles supérieures en demi-verticilles rapprochés et formés chacun de 4-6 fleurs; pédicelles comprimés, deux fois plus courts que le calice; celui-ci inséré un peu obliquement sur le pédicelle, velu à la gorge, faiblement bossu en avant au-dessus de la base, muni de 5 nervures longitudinales, à dents lancéolées-acuminées très-aiguës ; corolle à tube

VERBÉNACÉES, 219

courbé à la base,égalant le calice, à lobes latéraux allongés et inégaux. Feuilles de consistance ferme, luisantes en dessus, d’un vert pâleet mat en dessous; les inférieures ovales ou lancéolées, allénuées en un court péliole, fortement crénelées ; les supérieures presque sessiles, ovales-lancéolées, entières ou faiblement dentées. Tiges presque arrondies, fermes et presque ligneuses à la base, couchées ou ascendantes, rameuses à la base et formant ur petit buisson. Racine longuement rampante, pourvue de stolons. — Plante plus ou moins velue, d’un brun rougeâtre au sommet, à odeur faible ; fleurs purpurines.

Com. dans les bois et sur les coteaux secs du cale, jur. Se retrouve sur le musch. à Bitche, Sarreguemines: Schultz. % Juillet-septembre.

T. MONTANUM L. Sp. 791; Willm. Phyt. 679; Soy.= Will. Cat.; Dois. 525; Hol. 570. — Fleurs brièvement pédicellées, réunies au sommet des tiges et des rameaux en capitules serrés, déprimés, feuillés à la base ; pédicelles épais, comprimés, de moitié plus courts que le calice ; celui-ci inséré un peu obliquement sur le pédicelle, nu à la gorge, muni de cinq nervures longitudinales saillantes et de dents lancéolées-subulées ; corolle à tube à peine courbé à la base, égalant le calice, à lobes latéraux oblongs obtus. Feuilles de consistance ferme, blanches-tomenteuses en dessous et quelquefois en dessus, lnéaires-oblongues ou linéaires, très-entières, roulées sur les bords, atténuées en un court pétiole. Tiges presque ligneuses à la base, nombreuses, très-rameuses, couchées en cercle sur la terre, arrondies, filiformes, très-feuillées, velues-tomenteuses. Racine ligneuse, forte, rameuse, non rampante. — Plante d’une odeur agréable ; fleurs d’un blanc jaunûtre.

Sur les coteaux secs du calc. jur. Nancy ( Malzéville : Soyer- WWillemet; baraques de Toul); Pont-à-Mousson. Toul (côte de Grand-Ménil : Husson). Metz (Plapeville, Châtel, Ars, les Genivaux: Holandre). Verdun (Sommedieue, Houdainville).Neufchâteau, Grand : Mougeot. ÿ. Juin-août.

VERBÉNACÉES.

Calice tubuleux, persistant; corolle monopétale, irrégulière, caduque ; quatre étamines didynames ou plus rarement deux ; un seul style inséré au sommet de l'ovaire; stigmale simple ou bifide. Ovaire libre, à quatre

220 LENTIBULARIÉES.

loges mono-bispermes; fruit à péricarpe un peu charnu. — Feuilles Php sans stipules.

VERBENA LZ.

Calice à 5 dents dont la supérieure plus courte; corolle à limbe étalé, presque à deux lèvres; quatre étamines dont deux incluses. Fruit se séparant à la fin en 4 lobes qui simulent 4 akènes.

V. OFFICINALIS Z. Sp. 29; Wilim. Phyt. 28; Soy.= Wall. Cat.; Dois. 19; Hol. 751. — Fleurs sessiles, disposées sans ordre en épis grêles, allongés, interrompus, terminaux; bractéoles ovales acuminées, plus courtes que le calice ; celui-ci appliqué contre l'axe de l'épi, tubuleux, obtusément tétragone, à dents courtes ovales aiguës; corolle à tube cylindrique, un peu courbé, plus long que le calice, à lobes arrondis et presque tronqués ; les deux supérieurs plus courts, rapprochés. Fruits munis extérieurement de côtes longitudinales qui s’anastomosent au sommet. Feuilles rudes au toucher ; les inférieures pétiolées, oblongues-lancéolées; les moyennes tripartites, à segments incisés et inégalement crénelés, dont le supérieur plus grand rhomboïdal ; feuilles supérieures crénelées. Tige quadrangulaire, rude sur les angles, canaliculée sur 2 faces opposées, rameuse au sommet. — Fleurs petites, d’un lilas pâle.

Com.; bords des hebne décombres. ©. Juin-octobre.

LENTIBULARIÉES.

Calice persistant, à 2-5 divisions; corolle monopétale, irréguliére, bilabiée, éperonnée; deux étamines; un style très-court ; stigmate à 1-2 lèvres. Un seul ovaire libre, uniloculaire, polysperme ; le fruit est une capsule; placenta central, libre.

PINGUICULA L.

Calice quinquepartite, presque à 2 lèvres; corolle à lèvres ouvertes, la supérieure échancrée, l'inférieure trilobée. Capsule s'ouvrant par deux valves. — Plantes des marais.

LENTIBULARIÉES. 291

». VULGARIS L. Sp. 25; Willm. Phyt. 26. — Fleurs solitaires, terminales, penchées; calice petit, à segments ovales obtus dont les trois supérieurs égaux et dressés et les deux inférieurs dirigés en bas; corolle à lèvre supérieure courte bipartite, à lèvre inférieure plus grande et divisée en lobes oblongs-obovés écartés ; éperon grêle et ordinairement droit, plus court que la corolle. Capsule ovoïde-conique ; graines très-petites, oblongues, finement alvéolées. Feuilles toutes radicales, disposées en rosette, d'un vert pâle, un peu charnues, onctueuses au toucher, ovales obtuses, réfléchies sur les bords. Une à quatre hampes uniflores, dressées. Racine fibreuse, — Fleurs violettes.

Lieux humides et tourbeux des hautes Vosges (Hohneck , Rotabac, lac Noir, Ballon de St.-Maurice : Mougeot. an x11) #. Juinjuillet.

UTRICULARIA Z.

Calice profondément bipartile, à segments placés l'un au-dessus de l’autre; corolle personnée. Capsule s’ouvrant transversalement en boîte de savonnette. — Plantes vivant cans l’eau.

U. VULGARIS L. Sp. 26; Willm. Phyt. 27; Soy.- Will. Cat.; Dois. 18; Hol. 572. — Fleurs pédonculées, au nombre de 5-10, formant une grappe simple, lâche, terminale ; pédoncules dressés au moment de la fructification, munis à leur base d’une bractée courte ovale ; corolle jaune, striée d’orangé sur le palais, beaucoup plus grande que le calice, fermée à la gorge ; éperon conique, trois ou quatre fois plus long que large ; lèvre supérieure aussi longue que le palais, enlière au sommet et onduleuse sur les bords; lèvre inférieure beaucoup plus grande ; anthères soudées. Capsule globuleuse, couronnée par le style persistant ; semences hexagonales. Feuilles alternes, étalées de lous côtés, rapprochées, ovales dans leur pourtour, 2-3 fois divisées en lamières capillaires ; celles-ci bordées de fines épines et pourvues de vésicules nombreuses, obliquement ovoïdes, déprimées au sommet muni de deux faisceaux de poils. Tige grêle, longuement nue au sommet, rameuse inférieurement ; rameaux feuillés dans toute leur longueur.

Assez com. dans les marais de la chaîne des Vosges. Plus rare dans Ja plaine : Nancy (prairie de Tomblaine) et Rosières-aux-Salines : Soyer-Willemet; Lunéville (Monden et Chanteheux : Guibal); Metz (bois de Borny : Holandre), Bitche, Kæchiog sur la

292 PRIMULACÉES.

Sarre : Schultz; Verdun (Diene et pré l’Evèque), Commercy : Doisy, Sampigny : Pierrot ; Rambervillers : Billot, Bruyères : Mougeot. 4. Juin-août.

U. INTERMEDIA //ayn. in Schrad. journ. 1800, 1, p. 18. — Se distingue de l'espèce précédente aux caractères suivants : fleurs moins nombreuses ; corolle d’un jaune plus pâle, striée de pourpre sur le palais et la lèvre supérieure ; celle-ci une fois plus longue que le palais ; feuilles réniformes dans leur pourtour, dressées, distiques et placées dans le même plan que la tige, pourvues sur les bords des lanières d’épines plus fortes, maïs toujours dépourvues de vésicules ; celles-ci placées sur les rameaux non feuillés.

Peu com.; lacs des Vosges: Mougeot. Existait autrefois à Rosières-aux-Salines : Soyer-HWillemet. 4. Juil'et-août.

U. MINOR JL. Sp. 26; Willm. Phyt.27; Hol. 513.—Fleurs pédonculées, au nombre de 4-5, formant une grappe simple lâche terminale ; pédoncules réfléchis au moment de la fructification, munis à leur base d’une bractée courte, ovale en cœur; corolle de moitié plus petite que dans les espèces précédentes, d’un jaune pâle, munie sur le palais déprimé de stries ferrugineuses, ouverte à la gorge ; éperon court, aussi large que long ; lèvre supérieure aussi longue que le palais, émarginée au sommet ; lèvre inférieure plus grande. Feuilles alternes, étalées de tous côlés, ovales dans leur pourtour, deux fois divisées en lanières finement capillaires et dépourvues d'épines ; vésicules petites, peu nombreuses,placées les unes sur les feuilles, les autres sur les rameaux dépourvus de feuilles. Tige filiforme, longuement nue au sommet, nue également à la base, rameuse inférieurement ; rameaux les uns feuillés, les autres aphylles. — Plante beaucoup plus petite que les deux précédentes dans toutes ses parties. |

Eaux stagnantes. Lunéville (tourbières de Chanteheux : Guibal } Bîtche, Haspelscheïdit, etc.: Schultz. Bruyères : Mougeot.#. Juin-

août,

PRIMULACÉES.

Calice persistant, à 4-5 divisions ; corolle monopétale, régulière, quadri-quinquefide; 4-5 étamines opposées aux lobes de la corolle; un style, stigmate simple. Ua seul ovaire ordinairement libre, uniloculaire, polysperme;

PRIMULACÉES. 293

le fruit est une capsule s’ouvrant le plus souvent au sommet par des valves opposées aux divisions calicinales ; placenta central libre.

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