Jungermanne à plusieurs fleurs. Dec. FL. FR., Il
Tiges couchées, rampantes, peu rameuses, longues de trois à six lignes, ramassées en tapis d’un brun noirâtre. Les extrémités vertes des jeunes jets interrompent la couleur noirâtre des anciennes feuilles arrondies, tres entières, convexes en dehors, concaves en dedans, alternes, semi-amplexicaules, disposées sur deux rangs ; celles de chaque rang inclinées les unes sur les autres et un peu tournées du même côté. Capsules globuleuses, noires, s’ouvrant en quatre divisions ovales dont la surface intérieure est chargée de filets laineux, roussätres, entremêélés d'une poussière de la même couleur. Pédicelles nombreux, longs de trois ou quatre lignes, ayant la base enveloppée dans une gaîne assez longue, qui sort de la base des jets ou de parties peu éloignées de cette base. S
Cette plante croît dans les endroits frais et humides. Je l’ai trouvée en fructification vers le milieu de mars, aux environs de Rébénacq.
19. Jungermanne découpée. Dec. FL. FR., Il, 426. Jungermannia multifida.
Feuilles. rampantes, linéaires, étroites, ayant les bords libres, sans nervures ni sillons, deux fois pennées, c’est-à-dire découpées latéralement en lobes étroits qui sont eux-mêmes souvent divisés en lobes plus courts, inégaux et obtus, ou un peu échancrés au sommet. Pédicelles blancs et transparents, longs d'environ huit lignes en comptant la gaîne qui en a trois. Gaine cylindrique, engaînant étroitement la base du pédicelle et sortant de la surface supérieure des feuilles près de la base. Capsule ovoide, d’un brun noirâtre ou livide, s'ouvrant jusqu'à la base en quatre valves non réfléchies et presque sétacées, ayant leurs bords roulés en dessous et leur surface intérieure hérissée de petits filets laineux et poudreux.
Cette plante croît sur les bords des ruisseaux et des fossés humides. Je l'ai trouvée dans la plupart des cantons de l'arrondissement de Pau et notamment sur les bords de la grande route de Pau à Laruns, près de Rébénacq. Les capsules se montrent dans l'intérieur de leurs gaines dès la fin du mois de février ; elles en sortent et s'ouvrent vers le milieu du mois de mars. Les feuilles ne sont attachées à la terre que par leur base ; leurs découpures sont libres et simplement couchées ou plus ou moins inclinées. La capsule, ovoïde en sortant de la gaîne, s’allonge et devient oblongue, presque cylindrique, avant son ouverture.
ANTHOCÈRE (1). Capsule subulée, engainée à la base par le calice, s'ouvrant du sommet au milieu en deux valves qui laissent à découvert un placenta lineaire.
Anthocère ponctué.
Cette plante offre trois parties principales : 1° une feuille verte, finement pointillée, arrondie, sinuée, incisée et crépue, attachée à la terre par des filaments partant du centre et ne s'étendant point jusqu'aux bords, qui sont libres et ordinairement plus ou moins relevés : plusieurs feuilles sont presque toujours rapprochées, plus ou moins imbriquées et ordinairement entremélées de quelques mousses ;
2° Vers le commencement de février, la surface des feuilles s'élève sur différents points en forme de mamelons, qui bientôt après s’allongent en cônes tronqués en forme de cornet, ayant le bord crénelé ; enfin il sort de ces cornets une capsule verte, subulée, longue d'environ quatre centimètres, surmontée d’une petite coiffe membraneuse, rousse et très fugace, et le cornet devenu cylindrique engaïîne très étroitement la base de la capsule ;
3° Sur la surface de la même feuille et souvent aussi sur celle des feuilles qui ne portent point de capsules, l’épiderme se soulève en petits mamelons épars et se divise bientôt après en quatre, cinq ou six dents courtes et ouvertes en étoile, formant un calice qui renferme de trois à six petits grains jaunâtres que quelques auteurs prennent pour des fleurs mâles.
On trouve cette plante sur les bords des fossés couverts et humides. Elle est chargée de fructifications pendant tous les mois de février et de mars. Elle est très commune dans les environs de Pau et de Morlaas.