‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 3 sur 1213 · UN D A NO © O · texte numérisé non relu

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gion dans le courant du xvin* siècle. A Dieu ne plaise que je compté au nombre des philosophes, malheureusement trop rares, les ambitieux et les oppresseurs qui, cachant une âme cruelle et des projets funestes sous le voile de la sagesse et d’un faux patriotisme, ont proposé ou exécuté les lois les plus barbares au nom de la philosophie, Les vrais philosophes ont gémi plus qu'on feint de le croire de cette profanation et de ces lois désastreuses. Mais parce qu’un impie se serait furtivement introduit dans une église, serait-il raisonnable de la démolir jusqu'aux fondements ? Et parce que des méchants en délire se sont orgueilleusement parés du titre de philosophes, était-il convenable de rendre ce beau titre odieux et d’enveloppér tous les amis de la sagesse dans un plan général de proscription et de veñgeance ? Tous les hommes de bien doivent imiter le sage Malouet en s’élevant vigoureusement contre ce système destructeur de la morale et en réunissant leurs efforts pour défendre la philosophie, d'autant plus utile que les mœurs sont plus corrompues.

« La philosophie, dit Plutarque, est le remède salutaire des maladies de l'âme. C’est par elle que nous pouvons connaître ce qui est honnête, ce qui est honteux, ce qui est juste ou injuste, ce qu’on doit faire, ce qu'il faut éviter. C’est elle qui nous prescrit de révérer les dieux, de respecter nos parents, d’honorer les vieillards, d’être soumis aux lois, d'obéir aux magistrals, d'aimer nos amis, d’être réservés avec les femmes, de traiter les enfants avec affection et les esclaves avec douceur. C’est elle qui nous apprend surlout à être modestes dans la prospérité, courageux dans l’adversité, maîtres de nous-mêmes dans la colère, ce que je regarde comme le plus grand des biens que nous devons à la philosophie.

« Ce passage remarquable de Plutarque démontre l’absurdité des reproches d’impiété, d’athéisme et d’immoralité qu’on ne cesse de faire à la philosophie et met en évidence la mauvaise foi des ennemis de la sagesse. N’écoutons plus ces vaines déclamations contre la philosophie et reconnaissons la justesse de ces belles paroles de Platon : Les peuples sont heureux lorsque les chefs du gouvernement sont philosophes ou lorsque les philosophes sont admis dans leurs conseils. »

ean Bergeret soutint même une opinion assez osée pour l’époque ; c’est que le P ;

christianisme n’a pas inventé la morale et n’en a pas le monopole.

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« On ose imprimer, dit-il, que la philosophie n'eut jamais de code de morale, qu’elle n’en ferait pas de meilleur que l'Évangile. Comme je vois dans cetté propos sition un appel à la superstition et au fanatisme, un plan de proscription de la philosophie, je dirai que très longtemps avant la publication de l'Évangile les sept sages de la Grèce se rendirent recommandables par l’austère simplicité de leurs mœurs, par la brièveté et la simplicité de leurs sentences morales ; les ouvrages de Platon et d'Aristote sont si universellement connus et si généralement estimés qu’il est honteux de les ignorer ou d'affecter de les mépriser. Leurs écrits sur la morale sont plus nombreux, plus volumineux et aussi méthodiques que tous les autres ; ils s'accordent à recommander les mêmes vertus et à blamer les vices béatifiés où condamnés par l'Évangile. Quoique Platon et l'Évangile commandent un plus grand respect à cause de l’immortalité de l’âme sur laquelle ils sont d'accord, et en quoi Platon est au dessus d’Aristote, il n’est pas encore bien démontré que

& l'espoir-éloigné des récompensés ou la crainte des peines incertaines d’une autre vie

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