RE | D — PRÉFACE
« soient plus éfficaces pour exciter à la vertu ou détourner du vice que la satisfaction « ou le remords attachés immédiatement aux bonnes ou aux mauvaises actions ét la & doctrine du bonheur réel fondé sur la pratique de la vertu. Certes la morale de « l'Évangile est sublime et consolante, mais où sont ceux qui la pratiquent ? Où sont & les pauvres en esprit, les humbles de cœur, les caractères pacifiques, les cœurs « compatissants déclarés heureux par l'Évangile ? Où voyons-nous cés exemples tou- « chants de patience, de résignation et de tolérance consignés dans toutes les pages « de ce livre divin ? »
Ailleurs il exprime le vœu que l’enseignement de la morale soit donné dans les lycées, et il regrette qu’il n’y ait pas d'écoles de philosophie comme chez les Grecs et chez les Romains, pour assurer la stabilité des lois et la prospérité de la République.
De tous les travaux de Jean Bergeret, c’est la Flore des Basses- Pyrénées qui a été menée le plus loin. Le manuscrit est complet, mais deux volumes seulement ont été publiés du vivant de l’auteur ; le second volume finit avec la treizième classe de Linné, la polyandrié. Au cours d’une vie remplie par l'accomplissement des dévoirs de famille, l'exercice des fonctions publiques et le culte désintéressé des lettres et dés sciences, la Fortune n’avait pas été prodigue de ses faveurs, et ce n’était pas une médiocre affaire que la publication d’un tel ouvrage, dont l’auteur n’était pas en mesure de faire tous les frais et dont l’imprimeur n'avait pas à attendre de grands chiffres de vente.
Une première convention intervient le 4 floréal an Vlentre Jean Bergeret, le citoyen Fanget et le citoyen Daumont, imprimeur à. Pau. L'ouvrage devait être tiré à 500 exemplaires in-8°, au prix de 30 livres par feuille d’impression, non compris la brochure. L’impression devait se faire à frais communs. Une provision de 200 livres était versée par chacune des trois parties. L'acte porte quittance des 200 livres versées par le citoyen Bergeret.
Il n'apparaît pas que cette convention ait reçu son exécution, puisque les deux premiers volumes de la Flore n’ont été publiés que cinq ans plus tard, en l’an XI, päf l'imprimerie Veronèse, à Pau.
Une souscription fut ouverte (1).
La plupart des souscripteurs étaient des amis. Il y eut cependant quelques acheteurs et des envois gracieux. Chaptal, alors ministre de l'Intérieur, répond à l'envoi par une lettre fort obligeante, mais son département ne souscrit pas. Gouan, de Montpellier, Picot de Lapeyrousé, de Toulouse, Thore, de Dax, Palassou, d'Ogenne, répon-
1. — Voici la liste des « abonnés 5 à la Flore des Basses -Pyrenees :
1. Paul Balade, notaire à Morlaas. — 2. Jasses, à Pau. — 3. Parages. — 4. Delas, de Pau. — 5. Foutticot, pharmacien. — 6. Perpigna, de Pau. — 7. Verger, maire de Lescar. — 8, Cazenave, de Morlaàs.— ÿ. Lävielle, homme de loi, de Pau. — 10. Lamolère, de Morlaas. — 11. Ficamilh, de Pau. — 12. Lestapis, directeur des Contributions, de Pau. — 13. Bonemeson, avoué, de Pau. — 14. Claverie-Caillau, de Pau. — 15. Boizot, ingénieur à Pau. — 16. Davan, ingénieur, — 17. Perrein, homme de loi. — 18. Lavie, pharmacien. — 19. Claverie, président. — 20. Palassou, naturaliste. — 21. Lacassin, négociant à Pau. — 22. Guillard, négociant à Morlaas. — 23. Bordeu, magistrat à Oloron, — 24. Salinis, de Morlaas. — 25. Fanget père, dé Thèze. — 26, Madame Laussat, la mèré, de Pau. — 27. St-Martin, homme de loi, d'Orthez. = 28. Péborde père, de Pau. — 29. Péborde, juge. — 30. Malluquer, capitaine. — 31, Nays-Candau. — 32: Mademoiselle Nays-Candau. — 33. Maynet, chirurgien. — 34. Espalungue, de Louvie. — 35. Trous- ‘Sail fils. — 36. Bordenave d'Abère. — 37. Hôunau, chirurgien. — 38. Bitaubé, propriétaire. — 39. Dandürain, dé Mauléon. — 40. Jacques Lafargue, homme de loi à Artix. — 41. Audia, curé de Coarraze. — 42. Sorbé, homme de loi à Séméac. — 43, Crouseilles, médecin à Ste-Marie-d'Oloron. — 44. Cazémäjor-
dent en botanistes par des demandes d'échange de plantes et par l'envoi de leurs œuvres. |
Laussat, ancien membre du Conseil des Anciens, puis préfet colonial de la Louisiane, écrit de la Martinique en date du 14 juillet 1807 :
« J'ai enfin reçu, mon cher docteur, votre Flore. Il y avait longtemps que je la désirais. Elle a rempli mes espérances. Je vous y ai retrouvé tout entier : recherches, exactitude, grand fonds d'instruction, extrême variété de connaissances curieuses et solides, fidélité à votre philosophie et à vos principes, touche originale, et ces qualités de cœur et cette loyauté de caractère qui m'ont rendu toute la vie votre société si précieuse. »
Il restait à publier la matière de deux autres volumes pour que la Flore fut complète. Il est à supposer que l’imprimeur ne voulut pas s'engager dans cette seconde opération, car Jean Bergeret a survécu dix ans à la publication des deux premiers volumes sans que la fin ait vu le jour.
En 1813, la fièvre des hôpitaux, fièvre adynamique ou fièvre putride, qui dès 1805 avait fait son apparition dans les cantons ruraux, apportée par des conscrits ou autres personnes ayant séjourné dans la prison de Pau, reparut avec plus de violence, d’abord sur le passage des prisonniers espagnols, puis en dehors de cette ligne et dans le canton de Morlaàs. Appelé à soigner les malades atteints de cette fièvre, Jean Bergeret l'a étudiée et décrite en détail. On trouvera cette description en tête du chapitre relatif aux labiées. Dans plusieurs autres écrits il en a signalé les symptômes et diverses particularités. Il avait remarqué notamment que les jeunes gens en réchappaient assez souvent mais que les personnes de plus de soixante ans qui en étaient atteintes y succombaient toujours, et que les médecins ou les autres personnes qui donnaient des soins à ces malades étaient fréquemment victimes de leur dévouement. Il n’en continua pas moins à remplir tous les devoirs de sa profession et il fut en effet atteint de la contagion, dont il mourut. Il avait alors soixante-deux ans.
Eugène Bergeret, l'un de ses fils, lui a succédé à la fois comme médecin et comme botaniste. Il fit ses études de médecine à Paris, rentra à Morlaàs en 1822 et y exerça sa profession, sans interruption, jusqu'à 1868, date de sa mort. Maire de Morlaàs, à son tour, pendant longues années, vice-président du Conseil d'arrondissement et par dessus tout médecin des pauvres, il a laissé dans le pays un souvenir reconnaissant dont il m'arrive encore de recueillir parfois le témoignage.
Comme botaniste, il a enrichi la Flore de quelques espèces nouvelles et apporté
Rey, a Ste-Marie-d'Oloron. — 45. Paul Bauger, pharmacien à Oloron. — 46. Laclède père, de Bedous. — 47. Labourdette, médecin à Orthez. — 48. Bellocq, de Lespourcy. — 49. Laporthe, pharmacien à Oloron. — 50, Lacoste, huissier à Pau. — 51, Lahitolle, de Pau. — 52. Manescau fils, de Pau. — 53. Blandin fils, de Pau. — 54. Viguier, de Pau. — 55, Bacarin. — 56, Debaitgs. — 57. Bergès, de Pau. — 58. Berdoy fils, de Pau, — 59, Saint-Jammes fils, de Morlaas. — 60, Cazemajor, ancien juge à Bayonne. — 61. Zorey Crouseilles fils. — 62, Priolleau, principal du collège de Juilly. — 63. Lacaze, chirurgien a Thèze. — 64. Lacay, médecin à Arnous. — 65. Daguette, secrétaire général. — 66 Fargues, sénateur. — 67. La duchesse de Hen Castelle. — 68, Mac Grever, anglais. — 69, Lafargue, médecin à Pau. — 70. Courrèges fils, de Pau. — 71. Dumeret, pharmacien à Bagnères. — 72. Faget de Baure. — 73. André, receveur général. — 74. Lom, ex-sous-préfet à Bayonne. — 75, Dumertre. — 76. Daugerot, Cyprien. — 77. Camus.
— 78. Baptiste Legros, de Pau. — 79. Camou, à Blachon. — 80, Mendizy, juge. — 81. Charles Fanget, de Thèze.— 82. Courrèges, de Pau. — 83. Laterrade, de Morlaas. — 84. Elie fils, de Pau. — 85, Lacade, pharmacien, — 86, Candolle, à Paris, — 87, Noguès, ancien conseiller. — 88. Picot-Lapeyrouse, naturaliste à Toulouse.