IV. — DES SUPPORTS
218. — Les supports sont les parties auxiliaires des végétaux ; leur usage est de fortifier les autres parties, de les défendre des injures extérieures ou de soutenir les plantes faibles en s’attachant aux corps voisins. On compte ordinairement huit espèces de supports qui sont : l’écaille, la stipule, la bractée, l’épine, l’aiguillon, la vrille, la glande et le poil.
219.— Les écailles sont des lames minces, plus ou moins coriaces, ordinairement sèches et scarieuses, distinguées des feuilles par leur petitesse, qui forment dans les boutons les enveloppes des feuilles et des fleurs, qui composent le calice de la plupart des fleurs, et qu'on trouve souvent sur les tiges, les pétioles, les pédoncules et même sur les racines dans un très grand nombre de plantes.
. Les écailles sont vertes, colorées, aiguës, obtuses, charnues, sèches, scarieuses, épineuses, ciliées, etc. Ces termes expriment des modifications communes aux feuilles ; nous en avons déjà donné la définition.
220. — Les stipules sont des productions membraneuses, foliacées ou écailleuses qui se trouvent à la base des pétioles ou près de leur insertion sur la tige, comme on peut l'observer dans la ronce et dans le pois. Les stipules sont solitaires lorsqu'il n'y en a qu'une à la base de chaque pétiole ; géminées et latérales lorsqu'il y en a deux, une de chaque côté ; extrafoliacées lorsqu'elles sont placées au-dessous de l'insertion des feuilles, comme dans le tilleul ; intrafoliacées lorsqu'elles sont placées entre les feuilles et au-
dessus de leur insertion, comme dans le figuier ; opposées aux feuilles lorsqu'elles sont placées sur le côté opposé à leur insertion. Quant aux autres modifications, elles sont les mêmes que celles des feuilles.
221. — La bractée est une feuille située dans le voisinage de la fleur et qui diffère des autres par sa couleur et par sa figure. On peut en voir des exemples dans la lavande et dans le tilleul.
222. — L'épine est une pointe dure et piquante qui sort du bois ou de la substance intérieure de la plante. Elle naît sur la tige ou sur les rameaux, comme dans le prunier sauvage ; sur les feuilles, comme dans le houx ; sur les calices, comme dans les chardons ; ou sur les fruits, comme dans le stramonium. On compare les épines aux cornes des animaux, qui sont des productions de la substance même des os. Elles sont simples, lorsqu'elles se terminent sans division ; composées, lorsqu'elles portent d’autres épines qui naissent latéralement de leur substance. Plusieurs plantes perdent leurs épines par la culture, comme le poirier, ou par la vieillesse, comme le houx.
223. — L'aiguillon est une pointe dure et piquante, attachée seulement a l'écorce dans le rosier. On a comparé les aiguillons aux griffes et aux ongles des quadrupèdes, qui ne sont que des productions de la peau. Les aiguillons et les épines sont les armes défensives des végétaux. Leur usage est surtout de les défendre des approches des animaux. |
224. — La vrille est un lien filiforme, qui se roule en spirale autour des corps qu'elle rencontre dans son voisinage et sur lesquels elle soutient la plante à mesure que celle-ci s'élève. La vigne et les pois grimpent et se soutiennent à la faveur des vrilles. On nomme la vrille foliaire lorsqu'elle nait de la substance même de la feuille ; pétiolaire lorsqu'elle est en prolongement du pétiole ; simple, rameuse, etc.
225. — La glande est un petit mamelon dont l’usage est de séparer quelque humeur. On peut observer cette partie sur les pétioles de la viorne lobée et sur la bordure du calice de plusieurs espèces d’hypericum. Les glandes sont vésiculaires, c'est-à-dire en forme de vessie, comme dans la glaciale ; lenticulaires, comme dans le bouleau ; sessiles, comme dans le cerisier ; pédiculées, comme dans le rosier.
226. — Le poil est un filet très délié, plus ou moins flexible, dont l'usage est de garantir les différentes parties d’une plante des frottements, du froid et de l'humidité. On les regarde aussi comme des conduits excréteurs. On nomme laine une réunion de poils longs et entrelacés, formant un tissu lâche et grisâtre, comme sur les feuilles de menthe à feuilles rondes ; coton une réunion de poils fins, longs et entrelacés, formant un tissu serré, blanc et cotonneux, comme sur les feuilles des gnaphales ; barbe une réunion de poils un peu longs, parallèles et disposés par faisceaux sans être entrelacés, comme sur les pétales extérieurs de l'iris germanique ; duvet une réunion de poils distincts, peu entassés et très déliés. Les poils sont rudes lorsqu'ils sont durs, fermes, inclinés, rendant les parties d’une plante raboteuses et accrochantes. On les nomme crins lorsqu'ils sont coupés en brosse, droits, parallèles et peu flexibles ; crochus lorsque leur sommet est courbé en forme
d’hameçon ; plumeux lorsqu'ils sont garnis de chaque côté d’autres petits poils simples, disposés sur deux rangs comme les barbes d’une plume ; étoilés lorsqu'ils sont simples, réunis plusieurs ensemble par la base, ouverts ensuite en manière d'étoiles ; double-agrafe lorsqu'ils sont divisés au sommet en deux parties repliées chacune en crochet anguleux ; triple-agraphe lorsque l'extrémité se divise en trois crochets anguleux ; fourchus lorsque l'extrémité se divise en deux pointes simplement ouvertes ; crochus lorsque le sommet est replié en crochet sans division.