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LA DURÉE

244. — Si l'on considère enfin la durée du calice, on le nomme caduc

lorsqu'il tombe au moment du développement de la fleur, comme dans le

pavot ; on le nomme tombant lorsqu'il tombe avec la corolle, comme dans le chou ; on dit qu'il est persistant lorsqu'il se maintient jusqu'à K1 maturité du fruit, qu'il soutient ou enveloppe, comme dans les plantes labiées.

245. — Une collerette est monophylle, diphylle, triphylle, polyphylle, suivant qu'elle est formée par une, deux, trois ou plusieurs folioles.

246. — Une spathe et une bâle sont uniflores, biflores, triflores, quadriflores, quinqueflores, multiflores, suivant qu'elles portent une, deux, trois, quatre, cinq ou un grand nombre de fleurs.

29 La Corolle.

247. — La corolle est l'enveloppe immédiate des étamines et des pistils ; elle est presque toujours vivement colorée, plus ou moins odorante et de très courte durée : elle se flétrit et elle tombe ordinairement après la fécondation (1).

Dans les fleurs pourvues de calice et de corolle la détermination de la corolle n’éprouve aucune difficulté ; mais dans les fleurs incomplètes, comme la tulipe, on est souvent très embarrassé pour savoir si la partie qui se trouve seule doit prendre le nom de calice ou de corolle. Les botanistes les plus célèbres n'ont pas encore trouvé de règle sûre pour tous les cas ; mais comme dans les fleurs complètes la corolle est presque toujours colorée et comme, si la corolle et le calice ont un égal nombre de parties ou de divisions, les étamines sont placées de manière qu'il y en a une dans chaque intervalle ou vis-à-vis chaque angle rentrant de la corolle et que chacune correspond au corps de chaque foliole ou de chaque angle saillant du calice, on se conforme aux lois de la nature en prenant pour corolle une enveloppe colorée dont les divisions sont disposées alternement avec les étamines et en prenant pour calice une enveloppe herbacée dont les segments sont opposés aux étamines. Dans les autres cas, on peut sans inconvénient nommer cette

1. — La corolle est la première chose qui frappe les yeux quand on se trouve en présence d’une fleur. Aussi est-il tout naturel qu’on ait commencé par classer les plantes d’après la forme de la corolle. Dans le langage courant, quand on parle de la fleur, c’est la corolle qu’on veut dire. La corolle a cependant moins d’importance que le calice au point de vue de la classification. Elle est de courte durée et ne peut servir au botaniste que pendant quelques jours de la vie de la plante, tandis que le calice, au moins dans beaucoup de cas, dure plus longtemps que la corolle, souvent aussi longtemps que le fruit. Et puis un organe éphémère doit être moins essentiel qu’un organe permanent. Il faut cependant reconnaitre que la corolle a fourni de bons caractères pour l'établissement de quelques familles qui, à travers les transformations de la botanique, sont restées telles que Tournefort les avait circonscrites d’après la forme de la corolle. Les papilionacées, les rosacées, les cruciformes, les labiées, les personées sont des groupes qu’on ne peut songer à dissocier ; mais il faut remarquer que dans toutes ces familles la forme de la corolle coïncide avec une sorte particulière de fruit, sans qu’on puisse dire quel est le lien qui les unit : les papilionacées sont en même temps des légumineuses ; les cruciformes ont presque toutes une silique ; toutes les labiées ont pour fruit un groupe de quatre achaines. Il n’en est pas de même pour les rosacées. Aussi cette famille est-elle contestable.

enveloppe calice ou corolle, mais pour éviter toute équivoque, on dira corolle caliciforme ou calice corolliforme. Linné a ingénieusement comparé la corolle à la parure des époux. On y distingue deux parties, qui sont les pétales et les nectaires.

248. — Les pétales sont les différentes pièces de la corolle qui forment l'enveloppe des parties sexuelles.

249. — Le nectaire est un organe qu'on peut distinguer des autres parties

par la présence d’un suc mielleux qui se sépare dans son tissu ou dont il est le réservoir. Cette partie n’a, d’ailleurs, ni forme ni situation déterminées. Elle est plus souvent une dépendance du calice ou du réceptacle que de la corolle. Elle a tantôt la figure d’un pétale, comme dans l’ancolie; tantôt la forme d’une écaille, comme dans la renoncule ; tantôt celle d’une glande, comme dans le chou. Elle se termine souvent en bosse, en corne ou en éperon. Elle est encore moins connue des botanistes que des abeïlles, qui vont y faire leurs provisions de miel. |

250. — On considère dans la corolle le nombre des pétales, leurs divisions, la figure, les bords, les proportions et la durée, la base et le limbe des pétales et la forme de la corolle dans l’ensemble de toutes ses parties.

a) LE NOMBRE DES PÉTALES.

251. — Si l’on a égard au nombre des pétales, on dit que la corolle est monopétale lorsqu'elle est faite d’une seule pièce, comme dans le liseron ; dipétale lorsqu'elle est composée de deux pétales, comme dans la circée ; tripétale lorsqu'elle est composée de trois pétales, comme dans le fluteau ; tétrapétale lorsque les pétales sont au nombre de quatre, comme dans le chou ; pentapétale lorsqu'ils sont au nombre de cinq, comme dans le rosier des haies ; polypétale lorsque la corolle est composée de plusieurs pétales, comme dans le nénuphar. On dit fleurs apétales ou corolle nulle lorsque les fleurs sont dépourvues de pétales. |

b) Les Divisions.

252. — Lorsqu'on a égard aux divisions de l4 corolle en général ou‘de chaque pétale en particulier, on les nomme: bifides, : frifides, quadrifides; quinquefides, multifides suivant qu’ils sont découpés en deux, trois, quatre, cinq ou plusieurs divisions. Lorsque les divisions sont très profondes et qu’elles s'étendent jusqu'à la base, on dit bipartites, tripartites, quadripartites, quinquepartites, multipartites suivant le nombre des divisions de Ja corolle ou des pétales, c) LA FIGURE.

253. — Lorsqu'on ne considère que la figure d'une corolle, on dit qu'elle est ondulée, comme dans la glorieuse ; plissée comme dans le liseron ; roulée

en dessus, lorsque le sommet est roulé vers l'intérieur ; roulée en dessous. lorsque le sommet est roulé en dehors ; contournée, quand les pétales ou les

divisions sont contournés en rond dans le même sens, comme dans la per-

venche.

d) Les Borps.

254. — Les bords d’une corolle sont quelquefois crénelés, comme dans le lin ; dentés en scie ou serretés, comme dans le fluteau. On dit qu'ils sont ciliés lorsqu'ils sont garnis d’une bordure de poils ou de filets parallèles,

comme dans la rue.

e) LES PROPORTIONS.

255. — Si l’on considère les proportions, c'est-à-dire la longueur d’une corolle comparée à la longueur du calice, on dit qu'elle est plus longue ou plus courte que le calice, ou bien égale au calice lorsque ces deux organes ont la même longueur. Les pétales sont égaux lorsqu'ils ont la même forme et la même grandeur ; inégaux dans le cas contraire.

f) LA DURÉE.

256. — Lorsqu'on a égard à la durée de la corolle, on nomme persistante celle qui se conserve jusqu’à la maturité du fruit, comme dans le nénuphar (1) ; caduque celle qui tombe au moment de son épanouissement, comme dans le thalictron ; tombante celle qui tombe avec les autres parties de la fleur, comme dans la plupart des plantes; marcescente celle qui se dessèche longtemps avant de tomber, comme dans les bruyères (2).

g) LE TUBE ET LE LIMBE.

257. — Le tube est la partie inférieure et tubuleuse d’une corolle monopétale. Le limbe est la partie supérieure et plus ou moins élargie d’un pétale. On nomme onglet la base rétrécie et non tubuleuse de chaque pétale.

b) LA FORME DE LA COROLLE.

258. — Si l’on considère la forme d’une corolle, on nomme campaniforme ou campanulée une corolle monopétale ventrue, imitant une cloche, comme celle du liseron: infundibuliforme une corolle monopétale cônique, portée sur un tube, en forme d’entonnoir, comme celle du jasmin : hypocratériforme une corolle monopétale plane, portée sur un tube, imitant la soucoupe des anciens, comme celle de la scorpione ; en roue une corolle monopétale plane,

1. — La transition est si insensible entre les sépales et les pétales du nénuphar qu’il est difficile de dire où commence la corolle; le fait qu’elle persiste jusqu’à la maturité du fruit serait de nature à faire croire que c’est plutôt un calice.

2. — Quelques auteurs sont d’avis que la corolle de la bruyère est un calice coloré et que ce qu’on désigne comme un calice est un calicule. On fait remarquer à l'appui de cette opinion que dans le genre Calluna le calice est coloré comme la corolle, ce qui n'empêche pas de l’admettre comme calice.

sans tube, imitant une roue ou une mollette d'éperon, comme celle de la bourrache : tubuleuse ou tubulée celle qui est formée par un tube plus ou moins allongé, comme les fleurons des fleurs composées ; labiée ou bilabiée une corolle monopétale irrégulière dont le limbe est divisé transversalement en deux lèvres : l’une supérieure et l’autre inférieure. Lorsque les deux lèvres sont rapprochées et que les semences sont renfermées dans un péricarpe, la corolle bilabiée prend le nom de personée; lorsque les deux lèvres sont écartées ou que l’une est plus apparente que l’autre, on la nomme ringente. La lèvre supérieure porte le nom de casque lorsqu'elle est comprimée et avancée sur la lèvre inférieure, comme dans la sauge ; on nomme palais une éminence convexe qui se trouve sur la lèvre inférieure de quelques fleurs labiées, comme dans la linaire. On nomme fleurs en rose ou rosacées celles dans lesquelles la corolle est composée de plusieurs pétales disposés en rond, comme dans la rose. On nomme cruciforme une corolle régulière composée de quatre pétales disposés en croix, avec un calice de quatre pièces, comme dans le chou. Les plantes dont les fleurs ont cette conformation sont connues sous le nom de plantes crucifères. On nomme papilionacée une corolle irrégulière composée de quatre pétales, savoir : un inférieur, en forme de nacelle, qui porte le nom de carène; un supérieur, déployé en étendard, appelé pavillon ; et deux latéraux, qu’on nomme les ailes. La carène est quelquefois formée par deux pièces distinctes et séparées ; la corolle est dans ce cas pentapétale. On nomme enfin caryophyllée une corolle polypétale régulière dans laquelle les onglets sont attachés au fond d'un calice cylindrique, formé d’une seule pièce, sur le bord duquel les limbes sont réfléchis et disposés en rose, comme dans les œillets. Une corolle régulière est celle dans laquelle les pétales ou leurs divisions sont de la même forme et également éloignés du centre de la fleur. Une corolle irrégulière est celle dans laquelle les pétales ou leurs divisions ont une structure différente ou des dimensions inégales (1).

30 Les Etamines.

259. — Après avoir renversé le calice et la corolle d'une fleur complète, on aperçoit de petits corps, plus ou moins nombreux, ordinairement semblables à des épingles ou à de petits marteaux ; on leur a donné le nom d'étamines (2). On y distingue trois parties, qui sont : le filament, l’anthère et la poussière fécondante.

1. — Le caractère auquel on s’est le plus attaché pour la classification est la soudure des pétales en corolle. On en a tiré la grande division en dialypétales et gamopétales. Il est d’une bonne méthode de considérer plutôt les rapports des organes entre eux que la structure particulière de chaque organe.

2. — Les étamines fournissent un grand nombre d’excellents caractères pour la classification. Ces caractères n’ont qu’un tort, c’est d’être fugaces. On peut cependant

260. — Le filament est la partie qui soutient l’anthère. L’anthère est une petite bourse qui contient une poussière fine et colorée, connue sous le nom de pollen ou de poussière fécondante.

261. — Les étamines sont regardées avec raison comme les organes mâles des végétaux, parce que la poussière qui sort des anthères a la propriété de vivifier les ovules contenus dans le pistil. Les filaments sont analogues aux vaisseaux spermatiques des animaux. Les anthères ont les fonctions des testicules et la poussière fécondante représente le sperme ou la matière séminale.

262. — On considère dans les étamines leur nombre, leur figure, leur situation, leurs proportions et leurs connexions.

a) LE NoMBre.

263. — Le nombre des étamines n'est pas le même dans toutes les fleurs (1) ; on n'en trouve qu'une seule dans quelques végétaux, comme le callitrich ; on en compte deux dans quelques autres, comme la véronique ; il y en a trois dans le froment, quatre dans le cornouiller, cinq dans la bourrache, six dans la tulipe, sept dans le marronnier, huit dans la bruyère, neuf dans le laurier, dix dans l’œillet, douze dans l’aigremoine, une vingtaine dans le poirier, etc. On compte les étamines jusqu’à douze, et elles sont alors en nombre déterminé. Lorsque leur nombre s'élève au delà de douze, on ne les compte plus : leur nombre est indéterminé ; on considère seulement leur figure, leur situation, leurs proportions et leurs connexions.

b) LA FIGURE.

264. — Les filaments sont filiformes ou capillaires lorsqu'ils imitent un fil ou un cheveu par leur ténuité, qui est la même dans toute leur étendue ; plans ou membraneux lorsqu'ils sont élargis et aplatis en feuillets ; subulés, cunéiformes, échancrés, réfléchis, velus, etc. Ces termes ont été expliqués à l’occasion des feuilles.

retrouver quelquefois, avec le secours de la loupe, les cicatrices qu'ont laissées les étamines à leurs points d'insertion.

1. — Bien que le nombre des étamines ait servi à former les treize premières classes dans le système de Linné, il ne faut se fier que sous réserve à cette indication. Il est facile de se mettre en garde contre l'absence accidentelle d’une étamine : à défaut de l’étamine on trouve la place où elle devrait être. Mais le nombre normal lui-même n’est pas constant. Il s’en faut de beaucoup, par exemple, qu’on trouve toujours dix étamines dans les caryophyllées ; dans le marronnier il y en a aussi souvent six ou huit que sept et beaucoup de plantes de la pentandrie n’ont souvent que quatre étamines. Le nombre peut servir à mettre sur la voie, mais il faut contrôler cette indication par d’autres caractères. L’arithmétique et la botanique ne vont

pas souvent de conserve.

265. — Les anthères sont oblongues, comme dans le lis ; globuleuses, c'est-à-dire arrondies, comme dans la mercuriale ; sagittées, comme dans le safran ; anguleuses, comme dans la tulipe; épineuses, comme dans l’euphraise ; uniloculaires, comme dans la mercuriale ; biloculaires, comme dans l'hellébore ; triloculaires, comme dans les orchis ; quadriloculaires comme dans la fritillaire ; fourchues lorsqu'elles sont divisées en deux pointes, comme dans les bruyères ; simples lorsqu'il n'y a qu'une anthère sur chaque filament ; didymes lorsque deux anthères ont un même point d'insertion sur un filament ; connées lorsque plusieurs anthères sont réunies avec adhérence, comme dans les fleurs composées; conniventes lorsque plusieurs anthères sont réunies entre elles sans adhérence, comme dans la morelle: adnées lorsqu'elles sont attachées sur le bord ou sur la surface du filament, comme dans le balisier ; droites lorsque la base est insérée dans une situation verticale au sommet du filament ; sessiles lorsqu'elles sont attachées immédiatement sur quelque partie de la fleur, sans filament intermédiaire.

c) LA SITUATION.

266. — Les étamines sont ordinairement insérées sur le réceptacle, quelquefois sur le calice, souvent sur la corolle et rarement sur le pistil. On nomme polyandres les plantes ou les fleurs dans lesquelles les étamines sont en grand nombre et insérées sur le réceptacle, comme dans les renoncules ; icosandres celles dans lesquelles les étamines, au nombre de vingt environ, sont insérées sur le bord intérieur du calice, comme dans le poirier. Lorsque les étamines sont insérées sur la corolle, cette insertion porte le nom d'épipétale. Les étamines sont insérées sur la corolle dans la plupart des fleurs monopétales. Lorsque les étamines sont insérées sur le pistil, les plantes et les fleurs sont appelées gynandres.

267. — Antoine Laurent de Jussieu considère l'insertion des étamines par rapport au pistil. Il nomme épigynes les étamines insérées sur le pistil, comme dans les ombellifères ; hypogynes celles qui sont insérées sous le pistil, comme dans les crucifères ; périgynes celles qui sont insérées autour du pistil, comme dans le rosier. Chacune de ces insertions est médiate ou immédiate ; médiate lorsque la corolle, portant les étamines, est insérée sur le pistil, sous le pistil ou autour du pistil ; immédiate lorsque les étamines sont insérées sur les trois points désignés sans participation de la corolle. La corolle épigyne, hypogyne ou périgyne. détermine l'insertion des étamines lorsqu'elles sont insérées sur la corolle. Les détails de la brillante méthode de Jussieu sont fondés sur ces différentes insertions.

d) LES PROPORTIONS.

268. — On entend par proportions les différentes longueurs des étamines entre elles ou comparées avec les autres parties de la fleur. On nomme didynames les fleurs dans lesquelles on compte quatre étamines, deux

longues et deux plus courtes, par exemple les plantes labiées ; tétradynames celles dans lesquelles on compte six étamines, savoir : quatre longues et deux opposées, plus courtes, par exemple le chou. Les étamines sont très longues lorsqu'elles sont beaucoup plus longues que les autres parties de la fleur ; très courtes lorsqu'elles sont beaucoup plus courtes. Lorsque la différence n'est pas excessive, on dit qu’elles sont plus longues ou plus courtes que le calice, ou la corolle ou le pistil ; égales à l’une ou à l'autre de ces parties lorsqu'il n’y a aucune différence dans la longueur. Elles sont plus longues que le pistil dans le plus grand nombre des fleurs.

e) LES CONNEXIONS.

269. — On entend par connexions la réunion de plusieurs étamines par leurs filaments ou par leurs anthères. On nomme monadelphes les plantes ou les fleurs dans lesquelles les étamines sont réunies par leurs filaments en un seul corps, comme dans la mauve ; diadelphes celles dans lesquelles les fleurs sont réunies par leurs filaments en deux corps, comme dans le pois : polyadelphes celles dans lesquelles les étamines sont réunies par les bases de leurs filaments en trois ou en plusieurs corps, comme dans le millepertuis ; syngénésiques celles dans lesquelles les étamines sont réunies avec adhérence en un seul corps cylindrique traversé par le pistil, comme dans les chardons. Lorsque les étamines sont rapprochées sans adhérence, on les nomme conniventes ; lorsqu'elles sont éloignées, on les nomme distinctes ou écartées.

4° Le Pistil.

270. — Quand on examine le centre d’une fleur complète, on le voit presque toujours occupé par une partie dont la ressemblance ordinaire avec un pilon lui à fait donner le nom de pistil. On y distingue trois parties qui sont: l'ovaire, le style et le stigmate.

271. — L'ovaire ou le germe est la base du pistil et le premier rudiment du fruit. L'ovaire est simple lorsqu'il n'y en a qu’un dans chaque fleur ; multiple lorsqu'il y en a deux, comme dans l’asclépiade, ou plusieurs, comme dans les renoncules. :

272. — Le style est la partie moyenne du -pistil, pis ou moins allongée entre l'ovaire et le stigmate, qu’il porte au sommet.

273. — Le stigmate est la partie supérieure du pistil, Il est ordinairement placé au sommet du style ; lorsque le style manque, le stigmate repose immédiatement sur l’ ovaire et on le nomme sessile.

274. — Les pistils sont les organes femelles de la génération des PR Le stigmate est analogue aux parties extérieures de la génération des animaux ; le style représente le vagin et lé germe est semblable aux ovaires des animaux femelles.

FLORE DES BASSES-PYRÉNÉES — 56 — 275. — Les pistils différent entre eux par le nombre, les divisions, la

figure, la grandeur, la situation et la durée de chacune de leurs parties.

a) LE NOMBRE.

276. — On compte les pistils par le nombre des styles et les styles par leurs bases (1). Lorsque les styles manquent, on compte les pistils par le nombre des stigmates. La plupart des fleurs n'ont qu'un seul pistil ; il yena deux dans l’œillet, trois dans le réséda, quatre dans le houx, cinq dans le lin, etc. Les fleurs sont nommées monogynes lorsqu'elles n’ont qu'un seul pistil, digynes lorsqu'il y en a deux, trigynes lorsqu'on en compte trois, EC CIE: (2),

b) Les Divisions.

277. — Si l’on a égard aux divisions du style, on le nomme bifide, trifide, quadrifide, quinquéfide, multifide suivant qu'il est découpé en deux, trois, quatre, cinq ou plusieurs divisions ; bipartite, tripartite, etc., si les divisions sont très profondes. Il en est de même d’un stigmate.

c) LA FIGURE.

278. — Si l'on considère la figure du style, on le nomme cylindrique, comme dans le monotropa ; anguleux, comme dans le balisier ; subulé, comme dans le géranion ; capillaire ou filiforme, comme dans le maïs. Le stigmate est capité lorsqu'il forme une petite tête au sommet du style ; globuleux lorsque cette petite tête est ronde comme une boule ; ovale lorsque la tête est allongée et plus grosse à la base qu'au sommet ; pelté lorsque la tête est aplatie en un disque dont le centre est attaché au sommet du style ; concave lorsque le disque est enfoncé au milieu ; crochu lorsqu'il est recourbé en crochet ; plumeux lorsque les côtés sont garnis de petits filets en barbe de plume ; pubescent lorsque sa surface est garnie de petits poils fins, comme dans la gesse ; pétaloïde lorsqu'il est élargi en feuillet imitant

un pétale, comme dans l'iris.

1, — Pour les pistils comme pour les étamines, les indications tirées du nombre sont sujettes à caution. Le nombre des stigmates est le plus souvent obscur ; le nombre des styles est plus facile à vérifier, mais les styles sont très caducs. Quant au nombre des ovaires ou des divisions de l'ovaire il est souvent variable, non seulement d’un individu à l’autre, mais dans le même individu ; l'ovaire du marronnier débute toujours avec trois loges bi-ovulées et on ne retrouve jamais dans le fruit qu'une loge monosperme. Il en est de même pour le chêne,

2. — Au lieu de compter le nombre des styles, des stigmates ou même des loges, il y aurait avantage à compter plutôt le nombre des placentas auxquels sont attachés les ovules. On en retrouve la trace jusqu’à un âge avancé et il fournit une indication précieuse dans les ovaires à une loge dont on ne retrouve pas les styles.

d) LA GRANDEUR.

279. — Si l’on compare le style aux autres parties de la fleur, on dit qu'il est égal, ou plus long ou plus court. Il en est de même du stigmate.

e) LA SITUATION.

280. — L'ovaire est ordinairement placé sur le réceptacle, quelquefois au milieu du style, comme dans le càprier. On le nomme supérieur lorsqu'il est situé au-dessus du calice, sans adhérer avec cet organe ; on le nomme inférieur lorsqu'il est enfoncé dans le calice, faisant corps avec lui, comme dans le rosier. Le style est ordinairement placé au sommet de l'ovaire : on le nomme latéral lorsqu'il est inféré sur les côtés ; basilaire lorsqu'il sort de la base du germe, comme dans l'aphanèse.

f) LA DURÉE.

281. — L'ovaire grossit après la fécondation et se change en un fruit qui se détache de la plante lorsqu'il est mûr. Mais lorsque la fécondation n’a pas lieu, soit par l’imperfection des organes, soit par quelque accident comme les pluies et les gelées, l'ovaire se flétrit et disparaît bientôt après l'épanouissement de la fleur. On nomme abortives les fleurs dans lesquelles l'ovaire ne se change point en fruit, par l’imperfection des organes. Les cultivateurs disent que la vigne ou le blé a coulé lorsque la fécondation a été interrompue ou que les germes ont été détruits par les pluies, par les brouillards, par les vents ou par les gelées. Le style se flétrit et disparaît ordinairement après la fécondation ; on le nomme persistant lorsqu'il accompagne le fruit. Il en est de même des stigmates.

5° Des Fleurs considérées au point de vue du sexe et de la culture.

282. — Les fleurs sont complètes ou incomplètes, hermaphrodites, mâles ou femelles, ou neutres. On nomme fleurs complètes celles qui sont pourvues de calice, de corolle, d’étamines et de pistils; fleurs incomplètes celles qui sont dépourvues de quelqu’une de ces parties. On nomme hermaphrodites celles qui portent des étamines et des pistils : fleurs mâles celles qui portent des étamines sans aucun pistil; fleurs femelles celles qui portent des pistils sans aucune étamine ; fleurs monoïques celles qui, de sexes diflérents, sont réunies sur le même individu; dioïques celles qui sont toutes mâles sur un individu et toutes femelles sur un autre individu de la même espèce. Les fleurs sont polygames lorsqu'on trouve des fleurs hermaphrodites et des fleurs mâles ou femelles séparées, soit sur la même plante, soit sur deux ou trois

individus de la même espèce. Ainsi la bourrache et le chou sont des plantes hermaphrodites, parce que toutes leurs fleurs portent des étamines et un pistil ; le maïs et le châtaignier sont des plantes monoïques, parce qu’ils portent des fleurs mâles et des fleurs femelles séparées sur le même pied ; le saule et

l'épinard sont des plantes dioïques, parce que toutes les fleurs sont mâles sur

un pied et toutes femelles sur un autre pied; l’érable, le frêne et le figuier sont des plantes polygames, l’érable portant des fleurs hermaphrodites et des fleurs mâles sur tous les individus, le frêne portant des fleurs hermaphrodites sur un pied et des fleurs femelles sur un autre, le figuier portant des fleurs hermaphrodites sur un pied, des fleurs mâles sans fleurs femelles sur un

autre et des fleurs femelles sans fleurs mâles sur un autre. Linné regarde

comme hermaphrodites dans le figuier les fleurs mâles et les fleurs femelles,

quoique séparées dans l’intérieur du réceptacle. On nomme neutres enfin les

fleurs très imparfaites dans lesquelles on ne trouve aucune trace d’ étamines ni de pistils.

283. — Dans les lieux où les plantes trouvent une nourriture très abondante et où on leur prodigue des soins et des arrosements, comme dans les jardins et dans les parterres, les enveloppes des fleurs se. multiplient aux dépens des étamines et des pistils, qui se changent monstrueusement en pétales. Les roses, les œillets et les renoncules fournissent des exemples très remarquables de ces dégénérations. Lorsque toutes les étamines sont conver: ties en pétales, les fleurs deviennent stériles et, les plantes ne pouvant plusse multiplier par les semences, on les propage par des caïeux, par des marcottes,

par des drageons ou par des boutures. On distingue ces sortes de fleurs par

les noms de fleurs doubles et de fleurs pleines ; fleurs doubles lorsque les étamines et les pistils ne sont pas complètement changés en pétales ; fleurs pleines lorsque ce changement est complet. Ces sortes de fleurs sont très estimées et très recherchées par les jeunes personnes du sexe et par tous. ceux qui cherchent à leur plaire; cependant une fleur pleine est un monstre qui ne se trouve nulle part dans l’état de nature : elle n’acquiert sa prétendue beauté qu'en perdant la faculté de se reproduire. On nomme fleurs simples celles qui n’ont point éprouvé cette dégénération (1).

1. — Quand on dit que les différents organes de la plante sont des modifications de la feuille, il ne faut pas l'entendre en ce sens que ces organes ont commencé par

être des feuilles qui se sont modifiées ensuite. Cela signifie seulement que la feuille

est un type de comparaison auquel peuvent se rapporter les autres FpAneSE! Le pétale, par exemple, n’a jamais été une feuille, l’étamine non plus.

On pourrait dire, au contraire, que le pétale, non pas seulement dans le cas des fleurs doubles, mais dans son évolution normale, a été une étamine : c'est une étamine épanouie trop tôt, qui n’a pas eu le temps de mürir ses cellules en grains de pollen et qui, n'étant plus propre à la fécondation, sert du moins à la protection.des étamines restées fécondantes. Allant plus loin, on pourrait imaginer que l’étamine elle-même est un ovule qui s’est séparé des autres, qui a müûüri plus hâtivement parce qu’il est situé à la partie relativement extérieure et par conséquent en contact plus

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