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C). POIRES D'HIVER

kk) Le besi de chaumontel. Poire grosse, allongée, ayant son plus grand diamètre plus près de la tête que de la queue, diminuant plus sensiblemement vers la queue, tantôt uniformément, tantôt inégalement, se terminant quelquefois en pointe aiguë, imitant quelquefois la calebasse. Peau verte ou jaune du côté de l'ombre, souvent d’un rouge vif du côté du soleil. Chair demi-beurrée, souvent pierreuse, sucrée et très agréable. La maturité varie suivant les saisons. Elle mûrit souvent vers la fin de l'automne ; elle se conserve ordinairement jusqu'au commencement de l'hiver. Elle est très bonne crue, excellente en compote ou cuite sous la cloche.

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in) Le Saint-Germain. Fruit gros, diminuant un peu du côté de la tête, plus sensiblement et

uniformément du côté de la queue, qui est d'ordinaire plantée obliquement sous une petite bosse. Peau verte, assez rude, tiquetée de brun, jaunissant dans la maturité. Chair blanche et fondante, souvent pierreuse, remplie d’une eau abondante, sucrée et légèrement acidulée. Cette poire commence à mürir vers la fin de l'automne et se conserve jusqu’au milieu de l'hiver.

Mm) La marquise. Fruit gros, ayant la tête arrondie, le milieu très renflé, diminuant beaucoup

de grosseur vers la queue et s’y terminant en pointe peu allongée et très obtuse. Peau verte et tiquetée de points d'un vert plus foncé, devenant jaune dans la maturité, prenant une légère teinte de rouge du côté du soleil. Chair beurrée et fondante, sucrée, douce et un peu musquée. L'arbre est très vigoureux et très fertile. On le greffe sur franc et sur coignassier. La poire mürit vers la fin de l'automne et se conserve jusqu'au commencement de l'hiver.

xx) Le colmar. Poire très grosse, aplatie du côté de la tête, où l’œil est placé au fond d'une

cavité, diminuant de grosseur du côté de la queue, qui est brune, grosse et souvent placée au fond d'une cavité bordée de quelques bosses. On voit souvent sur l’un des côtés une petite gouttière qui s'étend de la tête à la queue. Peau fine, verte, tiquetée de petits points bruns, jaunissant dans la maturité, légèrement fouettée de rouge du côté du soleil. Chair un peu jaunâtre, très fine, beurrée et fondante, sans pierres, très sucrée et d’un goût très relevé. Cette poire mürit au commencement de l'hiver.

00) La virgouleuse. Fruit assez grand, pyramidal, ayant la tête arrondie et l'œil placé dans

pp) Le

aa) L’

une cavité, diminuant uniformément vers la queue où il se termine en pointe obtuse et souvent un peu renflée, Peau lisse, d’abord verte, d'un jaune citrin dans la maturité. Chair tendre, beurrée et fondante, contractant facilement l'odeur des choses sur lesquelles on la fait mürir, remplie d’une eau douce, abondante et sucrée, quelquefois mêlée d’un goût de cire. Cette poire mürit à la fin de l'automne et au commencement de l'hiver. L'arbre est très vigoureux, lent à se mettre en fruit mais très fertile et préférant le plein vent.

bon chrétien d'hiver. Poire très grosse, souvent pyriforme, imitant quelquefois la calebasse, ayant la tête très renflée et l’œil placé dans une cavité large et profonde, bordée de bosses qui s'étendent sur une partie du fruit en y formant des côtes ; le côté de la queue diminuant beaucoup de grosseur et se terminant en pointe obtuse, souvent renflée et bosselée. La queue implantée dans une cavité. Peau fine, d’un jaune clair tirant sur le vert du côté de l'ombre, frappée de rouge incarnat du côté du soleil. Chair fine et tendre, quoique cassante, remplie d’une eau douce, abondante et très sucrée, un peu parfumée et vineuse. Cette poire mûrit au commencement de l'hiver et se conserve pendant longtemps. L'arbre doit être greffé sur coignassier, planté au couchant et taillé en espalier. Il est très lent à se mettre à fruit et les fruits sont rarement bien conditionnés.

angélique de Bordeaux. Grosse poire, aplatie suivant sa longueur, rouge d'un côté, d’un jaune citrin ou blanchâtre de l’autre.

RR) Le cafillac. Très grosse poire, figurée en calebasse, grise, devenant jaunâtre dans la matu-

rité, légèrement teinte d’un rouge brun du côté du soleil. Chair blanche, très bonne cuite, prenant une belle couleur au feu.

ss) La poire de livre. Fruit extrêmement gros, pyriforme, ayant la tête arrondie, se terminant

en pointe obtuse du côté de la queue. Peau verte, tavelée de points et de taches rousses. Cette poire n’est bonne que cuite. Elle mûrit au commencement de l'hiver.

TT) Le tonneau. Poire extrêmement grosse, figurée en tonneau, verte, devenant jaune du côté

de l'ombre, d’un rouge vif du côté du soleil. Chair très blanche et un peu pierreuse. Cette poire est excellente en compote, très propre à orner les desserts et se conserve pendant l'hiver.

uu) Le saint-père ou saint-pair. Poire de moyenne grosseur, renflée du côté de la tête, diminuant régulièrement de grosseur et se terminant en pointe obtuse. Peau d'un jaune fauve ou couleur de canelle. Chair blanche, tendre et sans pierres. Cette poire est excellente en compote et elle s'adoucit assez vers la fin de l'hiver pour pouvoir être mangée crue.

vv) La poire de prêtre. Grosse poire presque ronde, un peu aplatie vers la tête et vers la queue, assez semblable à une pomme et par là très facile à reconnaître. Elle müûrit au milieu de l'hiver et, quoique médiocre, elle a quelque mérite dans cette saison.

xx) La royale d'hiver. Grosse poire très renflée du côté de la tête, où l'œil est placé dans une grande cavité, conservant assez de grosseur en diminuant vers la queue et se terminant en pointe obtuse. Peau unie, fine, d’un beau rouge du côté du soleil, jaune du côté de l’ombre et quelquefois tiquetée de points bruns sur le rouge et fauves sur le jaune. Chair demi-beurrée, fondante, sans pierres et un peu jaunâtre, remplie d'une eau sucrée. Cette poire est meilleure en plein vent qu’en espalier. Elle mûrit et se conserve pendant l'hiver.

vx) Le tarquin. Poire médiocrement grosse, arrondie du côté de la tête, diminuant en pyramide du côté de la queue, d'un vert jaunâtre avec des points et des taches fauves plus ou moins étendues et souvent confondues de manière à couvrir une grande partie de la surface, ce qui donne lieu à la distinction de cette poire en deux variétés, dont l'une est le tarquin blanc lorsque le vert blanchâtre est la couleur dominante, et l'autre le tarquin noir lorsque le brun domine. On voit souvent sur cette poire une raïnure qui s'étend d'un côté, de la tête à la queue. La chair est blanche et cassante, assez fine, acidulée et d’un goût très agréable dans sa parfaite maturité. Cette poire est la plus commune de toutes dans nos contrées. Elle se conserve jusqu'au milieu du printemps. Elle est excellente soit crue, soit cuite en compote sous la cloche ou dans le four.

zz) La bellissime d'hiver. Poire très grosse, presque ronde, diminuant un peu de grosseur du côté de la queue, qui est grosse, courte et plantée à fleur de fruit entre quelques bosses peu élevées. Peau lisse, d'un beau rouge tiqueté de gris du côté du soleil, jaune avec des points fauves du côté de l'ombre. Cette poire, cuite sous la cloche, est meilleure que le catillac et la poire de livre.

Voilà cinquante variétés choisies et décrites par des caractères tirés de la figure, de la couleur et de la qualité des fruits. Nous avons extrait ces caractères du Traité des arbres fruitiers du célèbre Duhamel ; mais nous les avons rapprochés de manière à éviter la confusion et nous avons rejeté comme inutiles les modifications incertaines des feuilles et des boutons. L'excellent ouvrage que nous venons: de citer est si rare, les poiriers sont si utiles et si généralement cultivés qu'on nous saura quelque gré d’avoir réuni dans un tableau les variétés les plus estimées de cet arbre précieux, dont la culture devait être ancienne au temps d'Homère puisqu'il comprend le poirier dans sa description du jardin d’Alcinoüs. (Odyssée, lib. VII.)

Les meilleures poires d'été sont encore inférieures aux fraises, aux abricots, aux pêches et aux bonnes prunes, qui concourent avec elles dans cette saison ; ce qui, joint à leur abondance et à leur courte durée, diminue beaucoup le prix de ces sortes de poires assez généralement dédaignées. L'excellence des poires d'automne, presque toutes fondantes et très sucrées, leur fait donner la préférence sur tous les autres fruits de la même saison ; mais les poires d'hiver ont sur toutes les autres l'avantage de se conserver pendant longtemps et de fournir une nourriture agréable et très salutaire dans une saison moins incommode par les rigueurs du temps que par la privation des fruits.

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Aussi voyons-nous les amateurs des jardins plus attentifs à se procurer et à multiplier les bonnes poires d'hiver que celles des autres saisons.

Le bois du poirier sauvage est dur et veiné, rougeûtre et susceptible d’un beau poli. Il prend très bien la couleur noire, qui le rend semblable à l’ébène. Il est très recherché par les menuisiers, les tabletiers, les tourneurs, les luthiers et les ébénistes. Ses fruits, très acerbes lorsqu'ils sont crus, sont très sucrés et trés agréables lorsqu'ils sont cuits. On en fait une boisson vineuse, gazeuse, piquante et tres rafraîchissante, connue sous le nom de piquette.

POMMIER. Calice quinquéfide. Cinq pétales. Cinq styles réunis à la base et velus. Pomme inférieure, quinquéloculaire, sphéroïde, glabre, ombiliquée à la base et au sommet.

Pommier sauvage.

Pyrus malus. Lin. sP., 686. È Feuilles serretées. Fleurs en ombelle, sessiles. Ligneuse.

a. Pommier de paradis.

b. Pommier cultivé.

Petit arbre étalé, quelquefois épineux dans l’état sauvage, quelquefois en forme d’arbuste. Feuilles alternes, ovales, acuminées et serretées, veinées et velues en dessous, Fleurs blanches, souvent colorées en rouge, grandes et disposées en ombelles sessiles.

Cet arbre croît naturellement dans les bois et dans les haies. Il est généralement cultivé dans les jardins et sa culture paraît aussi ancienne que celle du poirier : mais le pommier, plus difficile que le poirier, n’a fait aucune alliance avec le coignassier. On ne le greffe que sur lui-même et ses variétés sont moins nombreuses que celles du poirier. On divise toutes ces variétés en deux familles, dont l’une comprend les fruits à cidre et l’autre les fruits à couteau. Les pommiers à cidre sont cultivés dans les climats contraires à la culture de la vigne. On prépare avec leur fruit une liqueur vineuse connue sous le nom de cidre. Les pommiers de la seconde famille sont ceux qui sont cultivés dans les jardins et qui fournissent les pommes servies sur nos tables et connues sous le nom de fruits à couteau.

Les bonnes pommes à couteau peuvent se réduire au nombre de dix-huit ; les autres sont médiocres ou mauvaises et ne méritent pas d’être cultivées dans les jardins. Voici les noms et les caractères de ces variétés par extrait du Traité des arbres fruitiers de Duhamel :

A) La calville d'été. Grosse, presque cylindrique, très rouge en dehors et en dedans. Chair

succulente, remplie d'une eau abondante et relevée d’un goût aigrelet. Cette pomme mürit vers le milieu de l'été. Elle est excellente crue et cuite.

B) La calville blanche d'hiver. Fruit très gros, un peu aplati, ayant sa plus grande largeur du côté de la queue, l’œil petit et placé dans une cavité bordée de bosses très saillantes qui s'étendent en formant des côtes sur sa longueur. Peau unie et d'un jaune pâle, souvent coloré en rouge du côté du soleil. Chair blanche, grenue, tendre et fine, sans acidité. Cette pomme, une des meilleures dans nos contrées, müûrit au commencement de l'hiver et se conserve jusqu’au printemps. Les capsules sont larges et on entend le bruit des pépins lorsqu'on agite la pomme à son point de maturité. Ce phénomène est commun à toutes les calvilles.

c) La calville rouge. Fruit très gros, un peu allongé, presque aussi gros vers la tête que vers

la queue, relevé de côtes beaucoup moins saillantes que celles de la calville blanche. Peau très unie, d'un rouge foncé du côté du soleil, d’un rouge plus clair du côté de l'ombre ; dans les jeunes arbres elle est moins foncée du côté du soleil et peu ou point rouge du côté opposé. Chair fine, légère, grenue, rouge sous la peau, assez profondément dans les vieux arbres ; blanche tirant un peu sur le vert, dans les jeunes sujets. Eau d'un goût vineux, relevé, assez agréable. Cette pomme mäürit vers la fin de l'automne. Elle est médiocre sur les jeunes arbres et beaucoup meilleure sur les vieux,

Il y a une pomme nommée cœur de bœuf, plus grosse, plus arrondie et d'un rouge

pourpré plus foncé que celui de la calville rouge ; mais elle est si mauvaise qu'elle est à peine bonne à cuire, ce qui lui a fait donner aussi le nom de pomme d'enfer.

D) La violette. Fruit d'un tiers plus long que large, ayant sa plus grande épaisseur vers la

queue et l'œil placé au fond d’une cavité bordée de plis. Peau unie, brillante, d'un rouge foncé du côté du soleil, d'un jaune fouetté de rouge du côté opposé. Chaïr fine, délicate, sucrée, douce et d’un goût de violette. Cette pomme, une des plus estimées, se conserve jusqu'au milieu du printemps.

E) Le gros faros. Pomme grosse, aplatie par les extrémités, un peu plus grosse vers la queue

que vers la tête, bien arrondie sur son diamètre, ayant l'œil large et bien ouvert, placé dans un enfoncement dont les bords sont bien unis. Peau très unie, teinte de rouge et chargée de petites raies ou taches longues d’un rouge très obscur. Le côté de l'ombre est ordinairement d’un rouge moins foncé et les petites raies sont d'un rouge vif. Souvent quelques portions de ce côté ne sont point du tout teintes de rouge, et la cavité dans laquelle la queue est implantée est bordée de taches brunes. Chair ferme, fine, blanche, un peu teinte de rouge sous la peau, remplie d’un suc abondant et d'un goût relevé. Cette pomme est excellente et peut se conserver jusqu'à la fin de l'hiver.

F) Le fenouillet gris ou anis. Fruit petit, assez arrondi, un peu plus renflé vers la queue que

vers la tête, ayant la peau un peu rude au toucher, d'un gris tirant sur le ventre de biche ; très légèrement coloré du côté du soleil. Chair ferme, d'un goût sucré et relevé, quelquefois un peu musqué. Cette pomme est estimée et se conserve jusqu'à la fin de l'hiver.

x) Le fenouillet jaune ou drap d'or. Pomme de moyenne grosseur, semblable au fenouillet

1) Le

J) La

gris, d’un beau jaune fauve teint de rouge en quelques endroits. Chair blanche, ferme, sans marc et presque sans odeur, plus délicate que celle du fenouillet gris. Cette pomme, très estimée, se conserve rarement jusqu'à la fin de l'automne.

vrai drap d'or. Pomme grosse, d'une figure très régulière, bien arrondie sur son diamètre, ayant l'œil placé dans une cavité profonde médiocrement évasée et bordée de bosses très peu saillantes. Peau très lisse, d'un beau jaune imitant l'or mat, semée de petits points bruns. Chair légère, un peu grenue, sujette à devenir cotonneuse. Suc agréable, moins relevé que celui des reinettes. Cette belle pomme se conserve rarement jusqu’au commencement de l'hiver. Elle est connue ici sous le nom vulgaire de reinet muscat.

pomme d'or ou reinette d'Angleterre. Fruit de moyenne grosseur, quelquefois allongé, souvent aplati. Peau lisse, d'un jaune vif, lavé de rouge avec des points et des taches d'un rouge vif du côté du soleil, d'un jaune mêlé de vert du côté de l'ombre. Chair d'un blanc un peu jaune, remplie d'un suc abondant, sucré et très relevé. Cette pomme se conserve jusqu'au milieu de l'hiver.

k) La reinelte blanche. Fruit de moyenne grosseur, souvent aplati, quelquefois allongé, ayant

le côté de la tête moins renflé que celui de la queue, l'œil placé dans une cavité étalée et peu creusée, Peau très lisse, d'un vert clair ou blanchâtre, tirant sur le jaune dans la maturité, tiquetée de très petits points bruns bordés de blancs. Chair blanche, tendre, très odorante, sujette à devenir cotonneuse, d'un goût sucré et très agréable. Cette pomme est très commune et se conserve jusqu'au printemps.

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L) La reinette rouge. Fruit assez gros sur les vieux arbres, plus renflé vers la queue que vers la tête. Peau lisse et très luisante, d’un beau rouge du côté du soleil, d’un blanc jaunâtre du côté de l'ombre, avec des points d’un gris clair sur le rouge, bruns sur le blanc ; devenant ridée dans la maturité. Chair ferme, d’un blanc un peu jaunûtre, sucrée et très agréablement acidulée. Cette pomme, très estimée, se conserve jusqu'au milieu du printemps.

M) La grosse reinette d'Angleterre. Très grosse pomme, aplatie aux deux extrémités, ayant souvent près de quatre pouces de diamètre sur trois pouces de hauteur. Peau verte, devenant jaune dans la maturité, semée de petits points bruns placés au milieu d'une petite tache ronde et blanche. Chair ferme, un peu sujette à se cotonner ; d’un goût sucré et agréablement acidulé. Cette belle pomme se conserve pendant l'hiver.

N) La reinette franche. Grosse pomme aplatie aux deux extrémités, anguleuse et relevée de quelques côtes assez marquées. Peau unie, d’un vert très clair, devenant ridée et d’un jaune pâle dans la maturité, tiquetée de points bruns, ronds, triangulaires, etc.; quelquefois légèrement lavée de rouge du côté du soleil. Chair ferme et blanche, jaunissant un peu dans l'extrême maturité ; d’un goût sucré et très agréablement acidulé. Cette pomme est la plus estimée de toutes et se conserve jusqu’à la fin du printemps.

o) La reinette grise. Fruit aplati aux deux extrémités, souvent de grandeur moyenne, plus renflé vers la tête que du côté de l’œil qui est petit et placé dans une cavité peu profonde. Peau épaisse, rude au toucher, d’un gris qui laisse entrevoir une couleur jaune ou verte du côté de l’ombre, d’un jaune rougeâtre du côté du soleil. Chair ferme, fine, d’un blanc jaunâtre, d’un goût sucré et très agréablement acidulé. Cette pomme très estimée se conserve jusqu’à la fin du printemps.

P) Le rambour franc. Fruit très gros, aplati aux deux extrémités, souvent relevé de bosses ou côtes qui rendent sa forme irrégulière. Peau blanchâtre avec des bandes rouges du côté du soleil, d’un jaune très clair du côté de l’ombre. Chair un peu grossière, un peu aigrelette, excellente cuite. Cette pomme mürit au commencement de l'automne. Elle est très recherchée pour des compotes.

a) La pomme d'api. Fruit petit et aplati d’un beau rouge éclatant du côté du soleil au temps de sa maturité, blanche ou d’un jaune très clair du côté opposé. Chair fine, blanche et croquante, sans marc et sans odeur, fraîche et agréablement sucrée. Cette pomme, excellente et très jolie, müûrit vers la fin de l’automne et se conserve jusque vers la fin du printemps. Il faut la manger avec la peau, qui lui donne un parfum très agréable.

R) Le capendu. Fruit petit, à peu près aussi long que large, plus renflé du côté de la queue que du côté de la tête ; le pédoncule assez long et très enfoncé dans le fruit, qui est aplati par cette extrémité. Peau d’un rouge obscur presque noir du côté du soleil, d’un rouge pourpré plus clair du côté opposé; tiquetée de points fauves qui sont pour la plupart un peu enfoncés dans la peau. Chair un peu jaunâtre, souvent colorée en rouge sous la peau, assez fine, agréablement aigrelette et approchant de celle de la reinette. Cette pomme, connue sous le nom patois de mus de lèbe, museau de lièvre, se conserve jusqu'au commencement du printemps.

On greffe les pommiers sur franc pour avoir des arbres à plein vent. On les greffe sur paradis pour avoir des pommiers nains, qu'on taille en espalier, en buisson ou en quenouille. Pour se procurer les meilleurs sauvageons, on sème sur une terre douce et substantielle des pépins tirés des meilleures pommes, qu'on laisse pourrir avant de les séparer du fruit. Le paradis se multiplie par les drageons qui partent de la racine. On les arrache, on les plante en pépinière et ils sont en état de recevoir la grefle l’année suivante ; mais le plus sûr est d'attendre la seconde année.

Les pommiers sont attaqués par trois chenilles, qui les font périr si les jardiniers ne sont pas attentifs à les détruire. La première, que Geoffroi nomme la livrée, appartient à un papillon de nuit connu sous le nom de phalæna neustria. Elle dévore les feuilles du pommier, du poirier et autres arbres fruitiers. La seconde est la chrysorrhoée, phalœna chrysorrhoea Lin. qui dévore également les feuilles des arbres fruitiers. La troisième, plus dangereuse, perce le bois, s’introduit dans le cœur de l'arbre et se nourrit en rongeant la substance médullaire et en rejetant la partie dure, qui tombe en forme de sciure. Ce phénomène indique les ravages de cette chenille, qui appartient à un autre papillon de nuit, connu sous le nom de fhalœna æsculi. Lorsqu'on voit au pied d'un pommier la sciure dont nous venons de parler, il faut chercher le trou par lequel la chenille est entrée dans le cœur de l'arbre, introduire dans cette ouverture un fil de fer ou de laiton et l’enfoncer à différentes reprises pour détruire l'insecte dans ses galeries.

Les pommes cuites sous la cloche ou en compote à demi-sucre sont une excellente nourriture pour les malades et les convalescents, pour les tempéraments bilieux et mélancoliques, pour les gens de lettres et autres personnes sédentaires. La pulpe des reinettes cuites, appliquée en cataplasme sur les yeux, est un des meilleurs remèdes résolutifs dans les maladies inflammatoires de cet organe. On prépare une tisane agréablement acidulée et très rafraîichissante en faisant bouillir quelques tranches de pomme reinette dans une pinte d’eau. Cette tisane est préférable à la limonade dans les maladies inflammatoires des poumons.

Il faut éviter surtout de se servir de vases de cuivre, même étamés, pour la préparation des compotes, du raisiné, de la gelée ou de la marmelade de pommes, de poires et de coings. L'acide malique qui réside dans ces sortes de fruits attaque le cuivre et le change en oxyde qui se mêle avec ces friandises et les convertit en poisons.

COIGNASSIER (1). Divisions calicinales grandes et dentées au nombre de cinq. Cinq pétales. Pomme inférieure, subturbinée, quinquéloculaire, couverte d’un duvet cotonneux avant son développement parfait. Fleurs solitaires et terminales.

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