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Le petit houx, houx fragon, ruscus aculeatus

2. — Ce chapitre pourrait être intitulé : « De l’inflorescence. » On réserve aujourd’hui le nom de réceptacle à l'expansion de l'extrémité du pédoncule sur laquelle sont insérées, soit les fleurs des composées ou analogues, soit les pièces d’une fleur et par suite le fruit.

I n’y aurait presque rien à ajouter à ce que dit ce chapitre concernant l’énuméra-

314. — Le réceptacle propre est celui qui ne porte qu’une seule fleur. On nomme simple une fleur unique sur son réceptacle. . 315. — Le réceptacle commun est celui qui porte ‘plusieurs fleurs, dont

l'assemblage forme différentes agrégations connues sous les noms de fleurs en ombelle, fleurs en cyme, fleurs en spadice ou spathacées, fleurs amentacées, fleurs glumacées, fleurs agrégées et fleurs composées.

316. — L'ombelle est un réceptacle commun qui contient plusieurs pédoncules filiformes, à peu près égaux, partant du même centre et divergeant comme les rayons d’un parasol, chaque pédoncule portant une petite fleur et plus souvent une petite ombelle au sommet. On nomme ombelle universelle la grande ombelle dont les pédoncules portent une petite ombelle au sommet ; on distingue par le nom d’ombelle partielle ou d’ombellule la petite ombelle portée au sommet de chaque pédoncule: par exemple les fleurs de la carotte.

Les propriétés des fleurs à ombelle sont: 1° un réceptacle commun, divisé. en rayons qui partent d'un même centre et sont à peu près égaux en longueur ; 2° un germe inférieur ; 3° cinq étamines distinctes qui tombent de bonne heure; 4° deux pistils ; 5° deux semences réunies, suspendues à un filet intermédiaire ; 6° cinq pétales supérieurs disposés en rose. On dit que l'ombelle est radiée lorsque les pétales extérieurs sont plus grands que les intérieurs ; on la nomme convexe lorsque les fleurs du milieu sont plus élevées que celles des bords, plane lorsque toutes les fleurs sont au niveau, concaves lorsque les pédoncules extérieurs sont plus élevés que les intérieurs.

317. — La cyme, ou fausse ombelle, est un réceptacle commun allongé en pédoncules qui partent d’un même centre, se divisant et se subdivisant d’une manière vague et indéterminée, comme dans le sureau (1). Les fleurs disposées en cyme se nomment fleurs cymeuses.

tion et la définition des différentes inflorescences. C’est une partie de la botanique qui a été trop négligée : on en peut tirer des caractères de premier ordre pour la classification.

On peut étudier l’inflorescence, d’abord, comme c’est tout naturel, quand la plante est en fleur, mais surtout quand elle est défleurie, parce qu’on voit plus facilement alors les pédoncules ou les cicatrices qu’ils ont laissées, après leur chute, sur l'axe commun. On ne se rend bien compte d’une grappe de raisin, par exemple, que lorsque les grains n’y sont plus. Et dans la plupart des plantes on voit mieux l’inflorescence quand les fleurs sont remplacées par les fruits.

1. — Le sureau est plutôt donné maintenant comme exemple de corymbe. L'auteur explique très bien, au paragraphe 3209, la différence entre la cyme, le corymbe et l’ombelle. Dans la cyme comme dans l’ombelle, les pédoncules partent du même point ; mais dans l’ombelle les fleurs sont portées au même niveau, ce qui n’arrive ni pour la cyme, ni pour le corymbe. En fait, les pédoncules du sureau partent de points plus ou moins rapprochés, mais non du même point. S'ils partaient du même point ils rentreraient dans la définition de l’ombelle, car les fleurs arrivent sensible.

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318. — Le spadice est un réceptacle allongé, simple ou rameux, ordinairement environné d’une spathe, comme .dans le gouet et dans les palmiers ; lorsque les fleurs sont agrégées sur un réceptacle de cette espèce, on les nomme fleurs en spadice ou fleurs spathacées.

319, — Les fleurs amentacées sont des agrégations de petites fleurs sur un réceptacle filiforme, ordinairement garni de petites écailles qui tiennent lieu de calice. Cette agrégation particulière porte le nom de chaton. Le chêne et le châtaignier ont leurs fleurs mâles amentacées (1).

320. — Les fleurs glumacées sont des agrégations de petites fleurs portées sur un réceptacle subulé ou sur un filet dont la base est munie d’un calice commun appelé bâle ou glume, comme dans les graminées. Chacune de ces agrégations porte le nom d’épillet, qu'on nomme uniflore, biflore, triflore ou multiflore suivant qu'il est composé d’une, de deux, de trois ou d’un plus grand nombre de fleurs. |

321. — Les fleurs agrégées proprement dites sont un assemblage de petites fleurs réunies dans un réceptacle commun élargi, et dont les étamines ne sont point réunies par leurs anthères. On peut en voir un exemple dans les fleurs de scabieuse (2).

322. — Les fleurs composées sont des agrégations de petites fleurs sessiles réunies sur un réceptacle commun élargi, et dont les étamines sont réunies par leurs anthères, comme dans le chardon. Les petites fleurs qui composent ces sortes d'agrégations portent le nom de fleurettes ; on les distingue en fleurons et demi-fleurons. On nomme fleuron une petite corolle monopétale, en forme de tube ou d’entonnoir, dont le bord est découpé en quatre ou plus souvent en cinq dents, faisant partie d’une fleur composée. Les fleurons sont presque toujours hermaphrodites. Les fleurs des chardons sont uniquement composées de fleurons. On nomme demi-fleuron une petite corolle monopétale dont la base est un tube prolongé en languette d’un seul côté. Les demifleurons sont quelquefois hermaphrodites et plus souvent femelles. Les fleurs de pissenlit sont uniquement composées de demi-fleurons. On nomme flosculeuses les fleurs qui sont composées uniquement de fleurons ; semi-flosculeuses celles qui sont composées uniquement de demi-fleurons ; enfin radiées

ment au même niveau, Or, des fleurs qui partent de points différents pour se terminer au même niveau sont en corymbe.

Il semble que la cyme serait mieux définie : un réceptacle commun allongé en pédoncules qui partent d’un même centre, se divisant et se subdivisant d’une façon régulière. Les caryophyllées en offrent des exemples typiques.

1, — On ne trouve en chaton que des fleurs mâles. Le réceptacle filiforme suffit à porter des fleurs mâles, à la fois légères et caduques ; il ne pourrait porter les fleurs femelles appelées à devenir des fruits.

2. — En réalité, les scabieuses sont des fleurs composées, mais elles ne font pas partie de la famille des composées, dont un caractère essentiel est la réunion des étamines par leurs anthères, tandis que la scabieuse a les anthères libres.

celles qui sont composées de fleurons et de demi-fleurons, les fleurons occupant le disque ou le milieu du réceptacle et les demi-fleurons disposés en rayon sur la circonférence. Les fleurs sont flosculeuses dans les chardons, semi-flosculeuses dans la laïtue, radiées dans la camomille.

Les propriétés essentielles des fleurs composées sont :

1° Un réceptacle commun, élargi, sans divisions ;

a) Plan, c'est-à-dire sans élévation et sans enfoncement ;

b) Hémisphérique, ou convexe, c’est-à-dire relevé en forme de calotte ;

c) Cônique, c’est-à-dire relevé en pain de sucre.

2° Un calice commun, enveloppant toutes les fleurs ;

a) Simple, c'est-à-dire composé d’un seul rang d’écailles ;

b) Imbriqué, c'est-à-dire composé d’écailles imbriquées ;

c) Caliculé, c’est-à-dire accompagné d'un petit calice à la base :

d) Épineux, lorsque les écailles sont terminées par une épine ;

e) Squarreux, lorsque les écailles ont le sommet recourbé en dehors.

3° Une corolle composée de fleurons, de demi-fleurons ou des uns et des autres.

4° Cinq étamines, dont les anthères sont réunies en cylindre creux traversé par le style.

5° Un ovaire monosperme sous chaque fleurette.

323. — On considère dans un réceptacle sa surface et sa situation. Considéré dans sa surface, le réceptacle est nu lorsqu'il est dépourvu de poils et de paillettes ; alvéolaire lorsqu'il est creusé par des excavations profondes, dans lesquelles les semences sont enchâssées comme les dents dans leurs alvéoles ; velu lorsqu'il est garni de poils, comme dans le chardon ; paléacé lorsque la surface est garnie de productions écailleuses, nommées paillettes, comme dans la porcelle.

324. — Si l’on a égard à la situation du réceptacle, on nomme réceptacle de la fructification la base commune de la fleur et du fruit ; réceptacle de la fleur celui qui soutient les différentes parties d’une fleur, au sommet de l'ovaire ; réceptacle du fruit celui qui soutient l'ovaire ou le fruit, au-dessous des autres parties de la fleur ; réceptacle des semences l’axe ou la base à laquelle les semences sont attachées dans l’intérieur du péricarpe. On a donné à ce dernier le nom de placenta. La situation du réceptacle détermine la situation des fleurs ; on nomme fleurs supérieures celles dans lesquelles l'ovaire est placé au-dessous de leur réceptacle. Pour exprimer cette disposition, Tournefort les nommaïit fleurs dont le calice se change en fruit. On nomme fleurs inférieures celles dans lesquelles l'ovaire est placé sur le réceptacle, ou dont le pistil se change en fruit, suivant le langage de Tournefort.

325. — Les fleurs, quoique simples, sont aussi très souvent rapprochées les unes des autres et forment dans leur ensemble des réunions connues sous différents noms, suivant leur disposition particulière. On nomme :

326. — Fascicule, fleurs fasciculées, une réunion de fleurs simples, droites,

parallèles, formant un faisceau et s'élevant à la même hauteur : telles sont les fleurs de l’œillet barbu.

327. — Tête, fleurs capitées, une réunion de fleurs simples dont l’ensemble forme une espèce de boule. Tête globuleuse lorsque la boule est bien formée, comme dans le trèfle des prés ; arrondie lorsqu'elle approche de la forme globuleuse ; tête par moitié, fleurs en demi-tête, lorsque la tête est arrondie d'un côté et aplatie de l’autre ; tête feuillée lorsqu'elle est garnie de feuilles a la base, en forme de collerette, ou que les fleurs sont entremêlées de feuilles ; tête nue lorsqu'elle est dépourvue de feuilles, comme dans le trèfle agraire (1).

328. — Épi, fleurs en épi, une disposition de fleurs sessiles ou presque sessiles, placées alternement sur un pédoncule commun allongé et sans divisions. On nomme unilatéral un épi sur lequel les fleurs sont tournées du même côté, comme dans la cynosure à crête ; distique celui dans lequel les fleurs sont disposées sur deux rangs opposés, comme dans le seigle.

329. — Corymbe, fleurs en corymbe, fleurs en niveau ou fastigiées, une disposition de fleurs portées sur des pédoncules simples ou rameux, qui partent graduellement de différents points d’un axe ou d’une tige commune, qui s'élèvent à la même hauteur et portent les fleurs au même niveau, par exemple l’achillée millefeuille. Il faut bien se garder de confondre le corymbe avec l’ombelle ou avec la cyme, dans lesquelles les pédoncules partent du même point, au lieu que dans le corymbe ils partent graduellement de différents points de la même tige.

330. — La panicule est un assemblage de’ fleurs simples portées sur des pédoncules divisés et subdivisés, comme dans le panic-millet. On nomme diffuse une panicule dont les pédoncules sont très ouverts et très divergents, comme dans le paturin des prés; resserrée celle dont les pédoncules sont rapprochés de l’axe de la panicule, comme dans le paturin comprimé ; lâche celle dont les pédoncules sont serrés contre la tige vers la base et qui, par leur délicatesse, sont ensuite plus ou moins penchés, jouant facilement au gré des vents, comme dans le roseau commun ; penchée celle qui est plus ou moins courbée vers la terre ; unilatérale celle dont les fleurs sont tournées du même côté ; égale celle dont les pédoncules sont insérés et les fleurs tournées en tout sens ; spiciforme ou en épi celle dont les pédoncules sont courts, droits et serrés contre la tige, comme dans la flouve odorante. On compte aussi les pédoncules qui se trouvent sur chaque étage et on les nomme solitaires lorsqu'il n’y en a qu'un; géminés lorsqu'il y en a deux ; ternés, quaternés, etc. On considère aussi la disposition des fleurs au sommet des pédoncules et on dit qu’elles sont éparses lorsqu'elles sont séparées les unes

1. — Ces distinctions ont l'inconvénient de prêter à une interprétation arbitraire. Pour avoir une base solide il est plus expédient, pour caractériser une inflorescence, de ne considérer que l'insertion des pédoncules, sans tenir compte de l’aspect que peut offrir l’ensemble des fleurs.

des autres par des distances assez considérables ; pelotonnées ou agglomérées lorsqu'elles sont rapprochées en forme de peloton, comme dans la dactyle pelotonnée.

331. — Le thyrse est une panicule resserrée et de forme ovale, comme dans le lilas.

332. — La grappe est un assemblage de fleurs simples, portées latéralement sur des rameaux courts et insérés sur un pédoncule commun. La grappe est simple lorsque les pédicelles n’ont aucune division, comme dans le groseillier rouge ; composée lorsque les pédicelles sont ramifiés, comme dans la vigne (1).

333. — Le verticille est un assemblage de fleurs simples disposées autour de la tige par des étages et en forme d’anneaux, comme dans le clinopode commun (2). On nomme sessile un verticille dont les fleurs n’ont point de pédoncule remarquable ; pédonculé celui dont les fleurs ont un pédoncule ; colleté celui dont la base est garnie de petites feuilles en forme de collerette; axillaire celui qui est situé dans les aisselles des feuilles ; nu celui qui n’est accompagné ni de feuilles ni de collerette. Les fleurs disposées en verticille se nomment fleurs verticillées.

334. — Si l’on considère les pédoncules individuellement et sans égard à leur association, on les nomme uniflores, biflores, multiflores, suivant qu'ils portent une, deux ou plusieurs fleurs ; pauciflores quand ils n’en portent qu'un petit nombre.

Il faut bien se garder de confondre les fleurs agrégées et les fleurs composées, qui ont un réceptacle: commun, avec les fleurs rapprochées dont chacune a son réceptacle particulier ; il faut également observer que les fleurs agrégées sont très souvent rapprochées et disposées en épi, en corymbe ou en panicule.

1. — On 2 toujours dit une grappe de raisin. Ensuite, par extension, on a appelé grappe l’inflorescence qui paraissait ressembler à celle de la vigne. Puis on a défini la grappe d’après les caractères que présente l’inflorescence des plantes à grappe. Mais il se trouve maintenant que la définition de la grappe ne s'applique plus à l’inflorescence de la vigne. Le caractère essentiel de la grappe, c’est qu’il y ait un axe commun sur lequel s’insèrent des pédoncules, simples ou divisés. Dans la grappe de raisin il n’y a pas d’axe commun, mais un réceptacle allongé en pédoncules qui partent d’un centre commun et vont en se divisant et se subdivisant, ce qui rentre dans

la définition de la cyme.

2. — L’'inflorescence du clinopode est un faux verticille : les pédoncules ne sont pas disposés en anneau autour de la tige; ils partent de l’aisselle des deux feuilles opposées. Seulement les fleurs, très serrées, s'étendent à droite et à gauche, et l’ensemble des deux faisceaux axillaires présente l'aspect d’un verticille. Pour remettre les choses au point, il faut, au lieu de s’en tenir à l’apparence du groupe-

ment, rechercher les points d'attache des pédoncules, d’ailleurs très réduits.

VII — DES HIBERNACULES

335. — Les feuilles et les fleurs se renouvellent tous les ans. Les racines vivaces poussent de nouvelles tiges ; les tiges ligneuses poussent de nouveaux rameaux, et ces différentes parties sont contenues en petit et défendues pendant l'hiver dans des organes particuliers auxquels on a donné le nom d’hibernacules ; il y a deux sortes d'hibernacules, savoir : la bulbe et le bouton.

336. — La bulbe est un corps charnu, plus ou moins arrondi, placé au collet de la racine de plusieurs plantes vivaces, contenant pendant l'hiver les premiers rudiments de la plante qui doit se développer au printemps (1).

La bulbe s’épuise à mesure que la plante se développe. Elle se dessèche et périt avec elle ; mais il se forme sur les côtés de nouvelles bulbes, appelées caïeux, destinées à produire autant de nouvelles plantes. C’est par les caïeux que les jardiniers et les fleuristes multiplient un grand nombre de plantes de la famille des liliacées.

337. — Les boutons, gemmæ, sont des corps ovales, sessiles, dont le siège est sur la tige ou sur les rameaux et sur la racine même des plantes vivaces. Ils contiennent les rudiments du jeune bois, des feuilles et des fleurs qui se développeront au printemps. Les boutons naissent pendant l'été, dans les aisselles des feuilles et vers les extrémités de la tige et des rameaux. Ils subsistent pendant l’hiver et sont composés d’écailles concaves, imbriquées, serrées et disposées de manière à former une enveloppe aux jeunes parties de la plante qui y sont renfermées. Les boutons développés portent le nom de bourgeons.

Il y a plusieurs sortes de boutons, parmi lesquels il est essentiel d’en connaître trois, qui sont :

1° Le bouton à fleurs, contenant les rudiments d’une ou plusieurs fleurs entremélées et enveloppées d’écailles ;

1. — 11 y a certaines analogies entre la bulbe et la graine. L'une et l’autre ont pour objet de multiplier l'espèce. Dans la bulbe comme dans la graine il y a tous les éléments de la plante à venir. Certains végétaux produisent des bulbes qui se détachent de l’aisselle d’une feuille ou d’une branche, tombent sur le sol et germent. Les bourgeons sont des bulbes qui restent fixées à l’arbre sur lequel elles ont pris naissance et y puisent leur nourriture comme ferait une graine dans la terre.

Mais il y a une différence fondamentale, c’est que dans la bulbe il n'y a pas coopération de deux sexes. Par le moyen des bourgeons, un arbre se multiplie, il ne se reproduit pas.

Il est à remarquer que le bourgeon, comme la graine, est un sphéroïde. La sphère est la forme initiale du règne végétal. En disséquant un bourgeon ou une bulbe, on se rend clairement compte de la façon dont les feuilles et la tige elle-même peuvent naître d’un corps globuleux.

2° Le bouton à feuilles ou bouton à bois, contenant les rudiments des nouveaux jets et des nouvelles feuilles, diversement roulées ou repliées et enveloppées par des écailles ;

3° Le bouton mixte, contenant les rudiments d’une ou plusieurs fleurs, avec les rudiments de quelques feuilles qui se développent en même temps ou successivement.

338. — On nomme gemmifères les arbres qui portent des boutons ; car il y en a plusieurs qui en sont dépourvus. Les principales branches d’un arbre gemmifère sont terminées par un bouton plus cossu que les autres et audessous duquel il y en a d’autres de la même espèce, qui sont tout prêts à remplacer le premier si quelque accident venait à le détruire. Tous ces boutons contiennent les rudiments des nouveaux jets qui donnent annuellement aux arbres plus de largeur et plus d’élévation jusqu'à ce qu'ils soient parvenus au dernier terme de leur accroissement. Ces boutons, quoique portant des feuilles, méritent plus particulièrement le nom de boutons à bois ; ils sont plus longs et plus pointus que les boutons à fleurs.

339. — Si, vers la fin de l'été, on examine les différentes pousses dont nous venons de parler, on les trouvera garnies de feuilles dont chacune porte dans son aisselle un petit bouton déja formé, et tous ces boutons demeurent en cet état pendant l'hiver pour se développer au printemps. En examinant le développement de ces boutons sur des rameaux de l’année précédente, on verra qu'ils ont produit de petites branches simples, courtes et épaisses, terminées par un assez gros bouton, dont la base est garnie de trois ou quatre feuilles en collerette. Ces boutons, quoique produisant du bois, méritent plus particulièrement le nom de boutons à feuilles.

340. — Enfin, si l'on examine ces productions sur des rameaux de deux, de trois ou d'un plus grand nombre d'années, on verra que le bouton terminant la courte branche dont nous avons parlé a produit un prolongement de * bois de cinq ou six lignes et deux ou trois boutons semblables vers la base du premier. Ces boutons produisent dans la suite deux ou trois courts prolongements sur la petite branche, qui devient fourchue ou branchue et qui porte le nom de crochet ou de chicot. Bientôt les boutons qui terminent les crochets sont des boutons à fleurs, que l’on distingue facilement des autres par leur grosseur et par leur forme arrondie. Ces crochets durent six ou sept ans et l'amateur ou le jardinier, qui tiennent la serpette, doivent surtout les ménager et s'abstenir de les tailler.

341. — L'art de tailler les arbres est fondé sur la connaissance des boutons. Il consiste à retrancher les branches inutiles ou mal faites, à distribuer et à conduire les autres de la manière la plus avantageuse aux différents objets qu’on se propose. Les principaux objets qu'on se propose dans cette branche importante et difficile du jardinage sont : 1° de donner aux arbres une forme élégante et représentative de différents objets, comme éventails, culs-de-lampe, buissons, etc.; 2° de cultiver des arbres nains avec profit, dans les jardins où l'ombre et les racines des arbres à plein vent seraient

nuisibles aux plantes potagères ; 3° d'obtenir des fruits plus volumineux, par le sacrifice du nombre, et mieux conditionnés, par la facilité de les inspecter et de veiller à leur conservation en éloignant toutes les causes qui tendent à les détruire. Quelles que soient les raisons alléguées pour décrier la taille et pour blâmer la violation des formes naturelles dans l'éducation des arbres, le penchant naturel des hommes pour l’imitation justifie le premier objet, et les avantages des deux derniers ne sauraient être contestés.

Pour donner une forme agréable aux arbres qu’on se propose de tailler, il faut distribuer symétriquement les branches de manière qu’elles soient également nourries, également éloignées, également inclinées, parallèles de chaque côté dans les arbres taillés en espalier, également éloignées du centre dans les arbres élevés en buisson. Pour réunir ces avantages, il faut se ménager deux branches principales, destinées à former les deux bras d’un arbre qu'on veut conduire en espalier, et dans cet objet on coupe la tige à huit ou dix pouces de hauteur, la première année. L'année suivante, on choisit deux branches bien conditionnées ; on les incline et on les assujettit, l’une d’un côté, l’autre de l’autre, et on les réduit à six pouces de longueur par un coup de serpette. Si l’une paraît mieux nourrie, on lui donne une plus grande inclinaison pour diriger la sève vers la plus faible. En continuant la taille de cette manière, on se procure annuellement deux nouvelles branches, une extérieure pour étendre l'arbre en largeur, et une intérieure pour garnir uniformément le milieu. On coupe à fleur d'écorce tous les gourmands fournis par les boutons à bois, à l'exception de ceux qui sont nécessaires pour garnir les places vides. On les ménage dans cet objet et on favorise l’éruption d’un bouton à bois sur une branche nue en y pratiquant une entaille ou en la serrant avec un lien.

Quelques arbres, comme le pêcher, portent des boutons sur les rameaux de l’année précédente et jamais sur les vieilles branches, ce qui rend la taille du pêcher beaucoup plus difficile que celle du poirier: toutes les fautes y sont irréparables. Quelques autres, comme le néflier, portent les fleurs aux extrémités des rameaux, ce qui ne permet pas de les tailler. Enfin les poiriers et les pommiers greflés sur franc ne se chargent de boutons à fruit que sur les rameaux affaiblis par une grande élévation ; les branches rabaissées sont toujours remplacées par des branches vigoureuses et l'arbre ne donne des fruits que lorsqu'on le laisse croître en plein vent.

Pour avoir des fruits bien conditionnés, il faut se ménager trois circonstances essentielles qui sont : l'exposition au soleil, le contact de la lumière et la libre circulation de l’air. Il faut donc bien se garder de placer un espalier contre un mur. Il faut aussi conduire les branches de manière à laisser entre elles un assez grand espace pour la liberté des fruits et pour le passage de l'air et de la lumière.

342. — Il faut observer que les caractères qui dérivent de la figure où du nombre des parties s'offrent quelquefois en sens inverse et quelquefois avec une certaine inexactitude qui pourrait induire en erreur. Les botanistes latins expriment ces sortes d’imperfections par les particules ob et sub qu'ils ajoutent

au commencement d’un terme. Ils nomment, par exemple, obovale une feuille, un pétale ou toute autre partie ovale en sens inverse, c'est-à-dire dont la plus grande largeur, qui devrait être à la base, se trouve au sommet; subcordiforme une feuille cordiforme dont l’échancrure est légère ou peu sensible ; subtrifide une partie qui n’est pas constamment divisée en trois, mais ne s'éloignant pas beaucoup de ce nombre, qui est le plus ordinaire. Ob signifie : en sens inverse ; sub signifie: presque, à peu près, environ. Quelquefois aussi, la figure à exprimer tient le milieu entre deux figures déterminées ; c'est ce qu'on exprime par les deux termes joints ensemble au moyen d’un tiret; on nomme, par exemple, ovales-lancéolées des feuilles lancéolées dont la plus grande largeur est vers la base au lieu d'être au milieu ; lancéolées-linéaires, etc.

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