X. — DES ODEURS
356.— Les odeurs sont des sensations causées par les émanations d’un principe extrêmement subtil qui frappe les nerfs de l'odorat et qui porte le nom d’arome. Ce principe existe plus généralement dans les végétaux que dans les substances animales ou minérales. Mais il est tres difficile de bien définir les odeurs, parce qu’elles sont aussi variées que les plantes et parce que l’odorat est le plus imparfait des cinq sens dans l’homme. Aussi les botanistes ne font-ils que très rarement usage des caractères fondés sur la distinction des odeurs. Ils nomment odorantes les plantes qui ont une odeur plus ou moins sensible ; inodores celles qui n’ont point d'odeur.
357. — Les substances odorantes agissent plus ou moins vivement sur nos organes, suivant les différentes modifications du principe odorant ; nous pouvons donc juger par les odeurs des qualités utiles ou nuisibles des végétaux, et connaître jusqu’à un certain point leurs propriétés médicinales, alimentaires ou vénéneuses.
358. — Linné distingue les odeurs en sept classes, à peu près de la manière suivante : 1° les ambrosiaques, ambrosiaci : il rapporte à cette classe les odeurs qui affectent l'odorat comme l’ambre et le musc ; la mauve musquée en fournit un exemple. Les odeurs ambrosiaques sont antispasmodiques ; 2° les pénétrantes, fragrantes : c'est ainsi qu'il nomme les odeurs extrêmement agréables, comme celles des fleurs de jasmin, de lis et de violette. Les odeurs de cette classe sont extraites des végétaux pour les usages de la
toilette ; 3° les aromatiques, aromalici : les substances qui affectent agréablement le goût et l'odorat sont rangées dans cette classe, telles sont : la canelle, le girofle, les plantes labiées et les ombellifères. Les plantes aromatiques sont irritantes, carminatives, emménagogues et diurétiques ; 4° les alliacées, alliacei, affectant l'odorat comme l'ail et l'oignon. Les odeurs alliacées sont utiles pour préserver de la peste et autres maladies contagieuses ; 5° les puantes ou fétides, hircini : c'est ainsi qu’on nomme les odeurs semblables aux émanations du bouc, comme celles de l’ausérine fétide et de l'hypericum hircinum ; 6° les vénéneuses, {etri : toutes les odeurs infectes, qui ne sentent ni l'ail ni le bouc, sont rangées dans cette classe. Les substances dont l'odeur est vénéneuse sont assoupissantes ; l’opium et la jusquiame en offrent des exemples ; 7° les nauséabondes, nauseosi : c’est ainsi qu'on nomme les odeurs dont l’action soulève l'estomac et procure des évacuations par la bouche et par les selles. Les substances dont l’odeur est nauséabonde sont émétiques, hydragogues et corrosives.