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XI. — DES SAVEURS

359. — Les saveurs sont les impressions, étrangères au tact, que font sur l'organe du goût les molécules intégrantes des corps dissoutes dans les fluides. On nomme sapides les substances dont la saveur est plus ou moins sensible ; celles qui n’ont aucune saveur sont nommées insipides.

360. — On distingue plusieurs sortes de saveurs, dont les principales sont la saveur douce, comme celle du sucre; la saveur âcre, comme celle de la moutarde ; la saveur grasse, comme celle de l'huile; la saveur styptique, comme celle des galles ; la saveur acide, comme celle du vinaigre ; la saveur amère, comme celle de l’absinthe ; la saveur visqueuse, comme celle de la graine de lin; la saveur salée, comme celle du sel.

361. — Les substances sucrées sont nourrissantes et pectorales. Les substances äcres sont incisives à l'intérieur et vésicatoires à l'extérieur. Les substances grasses sont émollientes. Les substances styptiques sont astringentes. Les substances acides sont rafraichissantes. Les substances amères sont toniques et fébrifuges. Les substances visqueuses sont adoucissantes. Enfin les substances salées sont diurétiques et résolutives. Les plantes dont l'odeur et la saveur sont agréables sont en général utiles et salutaires; celles dont l'odeur et la saveur sont désagréables sont suspectes ou vénéneuses ; les plantes insipides et inodores sont inutiles en médecine.

362. — Les différentes saveurs indiquent, plus exactement encore que les odeurs, les propriétés alimentaires, médicinales ou vénéneuses des végétaux et des produits de la végétation ; mais comme les saveurs sont très sujettes a varier suivant les lieux, les temps et la culture, les caractères fondés sur la différence des saveurs sont peu fidèles, et ce n'est qu’à défaut de caractères plus certains que les botanistes ont recours aux saveurs pour la distinction des espèces.

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