PT
3° Le sucre ; d’une saveur piquante et agréable, cristallisable, dissoluble, fermentescible, presque en tout semblable au mucilage, en différant par la propriété de fermenter et de former de l'alcool ;
4° Le sel essentiel ; comprenant les acides végétaux, formés en général d'hydrogène et de carbone, plus oxygéné que les trois principes précédents, : que l’on convertit en acides en y ajoutant de l'oxygène. Les acides végétaux, en quelque nombre qu'ils puissent être, ne paraissent différer que par la proportion de leurs trois principes. Il sont tous décomposables par le feu, susceptibles de se convertir les uns dans les autres, et se réduisent par dernière analyse en oxygène, en eau et en acide carbonique ;
5° Huile fixe, nommée autrefois huile grasse ; épaisse, douce, inodore, brûlant quand elle est volatilisée, formant des savons avec les alcalis caustiques, s’épaississant et devenant concrète par le contact de l'air et l'absorption de l'oxygène, éprouvant les mêmes effets par les acides et les oxydes métalliques ;
6° Huile volatile, nommée autrefois huile essentielle, essence ; âcre, très odorante, se réduisant entièrement en vapeurs à 80 degrés, ne se combinant que difficilement aux alcalis, inflammable par les acides, s’épaississant en résine par l'oxygène, brûlant plus vite que l'huile fixe, donnant plus d’eau qu'elle, laissant précipiter plus vite son charbon, qui constitue le noir de fumée ;
7° Arôme, nommé autrefois esprit recteur ; principe très volatil, réduit en vapeur par la chaleur atmosphérique, formant une atmosphère autour des plantes, passant avec l'eau à la distillation au bain-marié, s’unissant avec l'alcool, les huiles fixes, le vinaigre, etc., formant dans ses combinaisons ce qu'on appelle en pharmacie les eaux distillées ;
8° Camphre ; matière reconnue aujourd'hui dans une foule de végétaux, de forme concrète et cristalline, très volatile, combustible avec fumée, dissoluble dans une grande quantité d’eau, dans l'alcool et dans l’éther, contenu tout pur dans le tronc et les feuilles d'une espèce de laurier qui le fournit (Laurus camphora. Lin. sp. 528), faisant un acide particulier par l'acide nitrique ;
9° Résine ; matière molle ou sèche, peu odorante, combustible, dissoluble dans l'alcool, point dans l’eau, s’unissant difficilement aux alcalis, peu altérable par les acides, provenant d’une huile volatile épaissie et ne paraissant en différer que par une plus grande proportion d'oxygène ;
10° Baume ; résine unie avec l'acide benzoïque, plus odorante que la résine pure, donnant son acide concret par l'action du feu et par l’eau, le laissant enlever par les alcalis et les terres, se rapprochant de la résine après avoir perdu son acide ;
11° Gomme-résine ; suc concret, en partie dissoluble dans l’eau, formant avec elle une sorte d’émulsion ainsi qu'avec le vinaigre, qu'on a cru être son dissolvant universel, plus dissoluble dans l'alcool, ne sortant pas naturellement des végétaux comme la résine, mais retirée de leurs vaisseaux brisés
FLORE DES BASSES-PYRÉNÉES =<t6
sous la forme d’un suc blanc ou diversement coloré, d’une odeur fétide et plus ou moins alliacée ;
12° Fécule ; matière pulvérulente, sèche, blanche, insipide, combustible, dissoluble dans l’eau bouillante, formant une gelée avec ce liquide, se convertissant en acides oxalique et malique par l'action de l'acide nitrique, existant dans toutes les matières blanches et cassantes des végétaux, particulièrement dans les racines tubéreuses et les graines des graminées, formant la base de la nourriture des animaux et disposée à devenir promptement le principe de leurs corps ;
13° Gluten ; corps élastique, ductile, comme fibreux ou membraneux, indissoluble dans l’eau, légèrement soluble dans l'alcool, donnant beaucoup d'’ammoniaque à la distillation, putrescible comme une matière animale, se colorant en jaune comme elle par le contact de l'acide nitrique, se convertissant en acide oxalique par cet acide, faisant la différence de la farine de froment avec les autres farines, lui donnant la propriété de faire une pâte ;
14° Matière colorante ; toujours attachée à l’un ou à l’autre des matériaux précédents, paraissant varier par sa nature, tantôt dissoluble dans l’eau, tantôt attaquable seulement par les alcalis, les huiles ou l'alcool, tenant ses diverses propriétés des différentes quantités d'oxygène qui s’y sont fixées, ayant de l’affinité pour s'unir à l’alumine, à l’oxyde d'’étain, etc., susceptible de se combiner aux tissus végétaux et animaux ;
15° Gomme élastique ; analogue à la gomme-résine, paraissant exister dans beaucoup de végétaux, remarquable par la ductilité et l’élasticité qu’elle conserve après sa dessiccation, donnant de l’ammoniaque à la distillation, répandant une odeur fétide quand on la brûle, ayant d'abord été sous forme d'un fluide blanc et laiteux et passant à celle de solide élastique par l’absorption de l'oxygène atmosphérique ;
16° Partie ligneuse, le bois ; matière trop négligée jusqu'ici par les chimistes, faisant la base solide de tous les végétaux, bien plus abondante dans ceux qui sont durs, faussement regardée comme une terre indissoluble dans l'eau, donnant à la distillation l'acide particulier nommé pyroligneux, contenant une grande quantité de carbone, passant à l'état de trois ou quatre acides par l’action de celui du nitre, paraissant le dernier produit de la végétation.