VIRGILE
C'est avec raison que les feuilles de cette espèce d'acanthe sont unanimement regardées comme émollientes et adoucissantes puisqu'elles sont très mucilagineuses. Leurs rapports avec les arts et avec la poésie peuvent inspirer une plus grande confiance aux gens de lettres et aux gens du monde, trop disposés à dédaigner les remèdes vulgaires.
LATHRÉE (1). Calice quadrifide. Une glande aplatie à la base de la suture du germe. Capsule uniloculaire.
1. Lathrée clandestine. Dec. FL. FR., III, 491. Lathræa clandestina. Willd. Sr. eL., II, 200. Tige rameuse, souterraine. Fleurs droites et solitaires. Vivace.
Cette plante est ainsi nommée parce que sa tige blanche, rameuse et garnie d’écailles charnues et cordiformes, est tout à fait cachée dans la terre ou sous la mousse. Ses fleurs grandes, droites et d’une couleur pourprée ou bleuûtre, s'élèvent au dessus, formant des touffes ou des corymbes serrés ; chaque fleur en particulier portée sur un pédoncule axillaire et solitaire. Elle croît dans les endroits frais et humides. On la trouve en grande abondance dans les fossés qui bordent la grande route de Pau à Gan. Elle fleurit pendant les trois mois du printemps.
2. Lathrée écailleuse. Dec. FL. FR., III, 492. Lathræa squammaria.
Cette plante a été trouvée dans la forêt entre Balour et Anouillasse.
BARTSIE (2). Calice à quatre lobes, plus ou moins coloré. Corolle à deux lèvres dont la supérieure est concave et l'inférieure à trois lobes. Anthères velues. Capsule biloculaire.
1. Bartsie des Alpes. Dec. FL. FR., III, 476. Bartsia alpina. Willd. Se. pL., HI, 187.
Feuilles opposées, cordiformes et dentées en scie ; les dentelures obtuses. Vivace.
1. — halpaïos, caché. La tige est souterraine. 2. — Dédiée à Bartsch, botaniste hollandais.
— 489 — - ; DIDYNAMIE — ANGIOSPERMIE
Cette plante est remarquable par la couleur vive et purpurine de ses calices et de ses corolles disposés en épi feuillé. Je l’ai trouvée sur les hautes montagnes des vallées d’Aspe et d'Ossau.
2. Bartsie visqueuse. Dec. FL. FR., III, 477. Bartsia viscosa. Willd. SP. PL., V, 186.
Feuilles supérieures alternes et serretées. Fleurs axillaires, de couleur jaune. Annuelle.
Cette plante est abondamment garnie de poils globuleux et visqueux qui lui donnent un aspect huileux. Sa tige, droite et simple, s'élève jusqu'à trois et quatre décimètres. Les feuilles sessiles, ovales-lancéolées, serretées, sillonnées en dessus, veinées en dessous, sont opposées vers la base de la tige, alternes dans sa plus grande étendue. Le calice est oblong, cylindrique, strié, découpé jusqu’au milieu en quatre lobes aigus, simples’ ou dentés ; il n'est pas coloré. Les anthères sont velues et renfermées dans la concavité de la lèvre supérieure ; elles ont tous leurs lobes terminés inférieurement par une petite pointe épineuse. La capsule est oblongue, biloculaire et polysperme. Les semences, très petites, sont tournées vers la base. Elle fleurit en mai et en juin.
Il est étonnant que cette plante, dont le calice n'est point coloré, ait été séparée du genre de l’euphraise, dont elle a tous les caracteres.
EUPHRAISE (1). Calice cylindrique et quadrifide. Capsule biloculaire, ovaleoblongue. Anthères inférieures épineuses à leur base.
1. Euphraise officinale. Dec. FL. FR., III, 472. Euphrasia officinalis. Willd. Sp. pL., IL, 193. Feuilles ovales, dentées, à dents aiguës. Découpures de la lèvre inférieure de la corolle échancrées. Annuelle.
a. Fleurs blanches.
b. Fleurs jaunes.
Cette plante, assez commune dans la plupart de nos cantons, croit dans les pâturages et dans les mauvaises prairies. Les fleurs sont ordinairement blanches avec des lignes purpurines et une tache jaune à la base de la lévre inférieure. Le suc de la plante fraiche est amer, un peu astringent, et passe pour un excellent remède ophtalmique.