‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 77 sur 1213 · MÉTHODE DE JUSSIEU · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE JUSSIEU

431. — L'expérience nous apprend que toutes les espèces du même genre, toutes les plantes de la même famille et en général toutes celles qui se ressemblent par la conformation du plus grand nombre de leurs parties ont à peu près les mêmes propriétés. Il suffit donc de connaître les rapports qui lient une plante inconnue à d’autres plantes connues pour porter un jugement sur ses qualités utiles ou nuisibleset pour la mettre en expérience, sans perdre le temps en tâtonnements et sans avoir à craindre des erreurs, trop communes lorsque les premières tentatives sont confiées au hasard.

432. — En examinant attentivement toutes les espèces du même genre, on observe une gradation continue dans leurs formes, depuis la première qui s'éloigne très peu du genre précédent jusqu'a la dernière qui va s'unir au genre subséquent. La même gradation a lieu dans les nuances des parties de la fructification, dont la ressemblance constitue les genres ; et les observateurs qui ont suivi cette marche constante de la nature, du simple au composé, dans une suite de genres sont parvenus à former un grand nombre de séries, qui pourraient être enchaînées de manière à offrir un tableau naturel de la végétation, depuis l'espèce la plus simple et la plus voisine du règne minéral jusqu'à la plus parfaite et la plus éloignée en contact avec le règne animal. Une méthode dans laquelle on se propose de représenter cet enchainement par la distribution des plantes dans l'ordre de leurs rapports porte le nom de méthode naturelle. Mais il est.bien difficile de saisir le premier anneau de cette chaîne : la moisissure, qui le représente dans quelques méthodes, appartient à l'ordre des champignons, qui se rapprochent des substances animales par la putrescibilité et par la propriété de conduire le fluide galvanique. (Expériences sur le fluide galvanique par Humboldt, traduites de l'allemand par Jadelot.)

433. — Les botanistes les plus célèbres ont reconnu depuis longtemps les avantages d’une méthode naturelle, et les Linné, les Adanson, les Lamarck et les Jussieu en ont préparé les matériaux par la formation d'un grand nombre de familles ; mais la plupart de ces familles n'étaient encore que des agrégations vagues et incertaines, sans caractères distinctifs et sans liaison entre elles. L'illustre Antoine de Jussieu a fait des changements heureux et des additions considérables aux ouvrages de ses prédécesseurs : il a circonscrit les caractères des familles avec une plus grande précision et, suivant la nature dans sa marche constante du simple au composé, il établit trois grandes divisions, fondées sur l'absence ou sur le nombre des cotylédons (1),

1. — 11 y a un grand défaut à cette division, c’est qu'on ne peut savoir le nombre des cotylédons que lorsque la plante germe. On y supplée en supposant le nombre des cotylédons d’après d'autres caractères ; mais alors il est plus simple de s’en tenir

et des subdivisions tirées de la différente insertion des étamines au-dessus, au-dessous ou autour du pistil. Ces principes ont donné lieu à la formation de quinze classes, comme on peut le voir dans le tableau suivant :

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