fiv, bord de la mer
ÿAn, broussaille.
d'autant plus remarquable que, quoique les feuilles se développent dans les deux espèces vers le milieu du printemps, il ne paraît pas une fleur sur la première pendant l'été et la seconde en est tout-à-fait dépourvue pendant l'hiver.
L'ajonc d'Europe, extrêmement commun dans nos cantons situés entre le gave et l’'Adour, est rare ou tout à fait étranger dans la plupart des autres. Je ne l’ai jamais vu dans les Pyrénées. Il est étonnant qu'un arbrisseau si intéressant par la beauté, par la multitude, par la durée de ses fleurs jaunes, et qui doit être bien rare ailleurs puisqu'il a été si mal décrit, n'ait pas été plus recherché pour l'ornement des bosquets d'hiver et pour des clôtures. Qui oserait franchir une haie formée par un double rang d’arbustes de cette espèce, qu'on aurait semés avec soin en prenant la précaution de couper les tiges au niveau du terrain pour faire partir les rameaux de la base ? Son abondance dans plusieurs cantons offre une grande ressource pour le chauffage. Les jeunes pousses sont broutées avidemment par les bestiaux.
L'ajonc mineur est beaucoup plus généralement répandu dans ce département ; il occupe au moins les trois quarts de la superficie des terrains incultes qui ne sont point humides. On le trouve plus isolé jusqu'à une très grande élévation dans nos montagnes. Intimement associé à l’agriculture, il forme la base végétale de nos fumiers. Son exploitation par coupes réglées dans les landes communes est soumise à une législation particulière et son éducation en champ clos dans les communes privées de cette ressource exige le sacrifice d'une grande partie du terrain. J'ai développé les inconvénients de cette méthode dans un mémoire lu au Conseil d'agriculture (1), mais n'ayant pas insisté sur ses avantages, je dois dire ici que la clôture des terres destinées à l'éducation de l’ajonc favorise la multiplication spontanée d’un grand nombre de plantes graminées, parmi lesquelles on distingue le fromental, avena elatior, qui croiten si grande abondance dans la plupart de nos touyas qu'il suffirait de les faucher tous les ans pour former d'excellentes prairies artificielles sans soin et sans dépense. On doit les considérer aussi, tels qu'ils sont, comme d'excellents pacages d'hiver.