‹ Flore des Basses-PyrénéesChapitre 856 sur 1213 · Chicorée sauvage. DICT. BOT., n · texte numérisé non relu

Chicorée sauvage. DICT. BOT., n

Cichorium intybus. Lin. sp. 1142.

Fleurs géminées, sessiles. Feuilles roncinées. Vivace.

Racine fusiforme. Tige droite, rameuse, souvent rougeâtre, longue d’environ un pied et demi dans l’état sauvage, s’élevant jusqu’à cinq et six dans les jardins potagers. Feuilles inférieures roncinées, dentées, presque toujours colorées en rouge sur la nervure, velues et terminées par un lobe élargi et triangulaire ; les caulinaires diminuant de grandeur et moins découpées à mesure qu'elles s’approchent du sommet. Fleurs semi-flosculeuses bleues, quelquefois rouges, quelquefois blanches, axillaires, sessiles et géminées le long des rameaux et à l'extrémité de la tige. Calice caliculé. Réceptacle garni de quelques paillettes courtes et imparfaites. Semences couronnées par cinq petites dents formant une espèce de bordure garnie de poils peu remarquables.

Cette plante croît naturellement dans les lieux incultes, sur les bords des chemins et des champs. On la cultive dans les jardins pour l'usage de la médecine. On en mange les feuilles en salade et ce mets est assez agréable et très salutaire lorsque le vinaigre est un peu fort et qu’on y mêle du sucre.

La chicorée a donné son nom à la famille entière des plantes semi-flosculeuses ainsi nommées par Tournefort et plus généralement connues sous le nom de chicoracées. Elles sont toutes comprises dans le premier ordre de la syngénésie. Toutes ces plantes sont remplies d’un suc laiteux qui se présente sur toutes leurs blessures ; sa saveur est amère. On l'avait regardé jusqu'ici comme un savon naturel qui paraît être le principe médicamenteux de toutes les plantes de cet ordre. On pourrait les prendre indifféremment l’une pour l'autre, mais on donne généralement la préférence aux racines de chicorée sauvage et de pissenlit dent-de-lion, à celles de salsifis et de scorzonère, aux feuilles de chicorée et de laitue.

L'amertume de toutes ces plantes nous porte à croire que leur suc est analogue à la bile de l’homme et qu'il peut la remplacer avantageusement dans tous les cas d'absence de ce fluide important, soit par défaut de sécrétion dans les maladies du foie, soit par quelque obstacle qui s'oppose à son entrée dans le duodénum, comme dans les calculs biliaires, soit par l’épuisement de cette humeur après des évacuations énormes, ou spontanées ou provoquées par l'abus des vomitifs. Dans toutes ces circonstances, la chicorée, le pissenlit et la laitue doivent être regardées, non seulement comme de bons remèdes, mais encore comme les meilleures substances alimentaires ; en effet elles portent avec elles leur suc digestif et, bien loin de fatiguer l'estomac par la prétendue crudité que lui reprochent les mangeurs de viande, elles se digèrent avec autant de facilité qu’on les désire avec ardeur et qu'on les mange avec plaisir.

Page 1