Chêne à grappes. DicT. BOT., n
Quercus femina. SYST. NAT., 644.
Feuilles oblongues, subpétiolées, obtuses, sinuées. Fruits souvent solitaires, portés sur de longs pédoncules. Ligneuse. En patois lou cassou.
a. Chêne cyprès. Tête pyramidale.
Arbre élevé, touffu, dont l'écorce est lisse sur les rameaux, épaisse, dure et crevassée sur le tronc. Feuilles alternes, presque sessiles, oblongues et élargies vers le sommet, sinuées, très glabres, d’un vert foncé en dessus, d'un vert pâle en dessous, se développant avec les fleurs, se flétrissant ou tombant après les premières gelées. Fleurs mâles disposées en chatons filiformes, lâches et pendants, placés dans les aisselles des feuilles à la base des rameaux florifères. Calice sessile, découpé en six ou sept divisions. Fleurs femelles disposées en épis pauciflores sur des pédoncules axillaires, longs de deux à quatre pouces, occupant la partie supérieure des rameaux florifères. Calice confondu avec le germe. Trois styles. Calice du fruit hémisphérique, ligneux et raboteux, garni de petites écailles roussâtres couchées dans les intervalles de tubercules peu saillants. Noix coriaces, ovoides, presque cylindriques, enchässées par leur base dans la concavité
1. — Celtique chen, beau. Celtique Kaer quez, bel arbre. Bæhavos, yahavos, gland.
du calice, ordinairement solitaires, souvent au nombre de deux ou trois sur chaque pédoncule, la plupart des germes avortant ordinairement dans cette espèce.
Cet arbre croît naturellement dans nos plaines et sur nos collines ; on ne le trouve point dans les Pyrénées. Il fleurit vers le milieu du printemps. Le chêne cyprès, ayant les feuilles et les fructifications exactement semblables et n’en différant que par le port des branches serrées contre le tronc et formant une tête pyramidale, n’est vraisemblablement qu'une variété du chêne à grappes.
Le chêne à grappes serait le plus utile comme il est le plus majestueux des arbres forestiers s’il portait des fruits propres à la nourriture de l'homme. C'est une opinion généralement reçue que nos premiers pères se nourrissaient de glands. Juvénal qui fait la peinture la plus fausse et la plus dégoûtante du siècle d’or, dit que les femmes étaient alors plus grossières encore que leurs maris, dont les rapports sentaient le gland.
Et sœpe horridior glandem ructante marito.
(Satire vi.)
Mais l’excessive austérité de ce fruit et le silence d'Hésiode, plus circonspect et plus voisin de cette fameuse époque, nous portent à croire que les hommes ont toujours dédaigné cette nourriture.
Les glands sont d’ailleurs très utiles pour la nourriture des cochons, dont la graisse et le lard sont plus solides et d’une qualité supérieure lorsqu'on les engraisse avec des glands.
Le chêne taillé et exploité par coupes réglées produit un grand nombre de grosses branches, préférables au vieux bois pour le chauffage. Les jeunes rameaux sont très flexibles : on les tord pour en faire des liens capables de résister aux plus grands efforts et très utiles pour l'assemblage des chariots du pays et des instruments aratoires.
Le cœur de chêne est le meilleur de tous les bois pour l'architecture civile et navale, pour le charronnage, pour le pilotage et pour toutes les constructions dans l’eau. L’aubier, très épais dans le chêne, se pourrit promptement dans les endroits humides ; il est bientôt vermoulu dans un lieu sec : pour bâtir solidement il faut avoir grand soin de le retrancher tout à fait.
L'écorce du chêne, réduite en poudre, est employée sous le nom de tan pour tanner les cuirs. Cette opération a pour objet de préserver les cuirs de la putréfaction en leur conservant leur souplesse. Il y a dans l'écorce du chêne un principe qui jouit de cette double propriété ; ce principe est un des produits de la végétation et porte le nom de tannin. L'art consiste à imprégner les cuirs de ce principe en les plaçant dans des cuves entre des couches alternantes de tan ; on remplit les cuves d’eau ; le tannin pénètre dans le tissu cellulaire et prend la place de la gelée animale détruite par un premier séjour des cuirs dans l’eau de chaux.
Le tan est un des meilleurs remèdes astringents et antiseptiques à l'extérieur. On guérit les hernies, même invétérées, par des applications réitérées d'un cataplasme fait avec du tan et du colcotar incorporés dans du vin rouge.
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