‹ Flore des calcaires de CélasChapitre 14 sur 47 · PALMIERS · texte numérisé non relu

PALMIERS

GENRE SABAL. ADANS.

SABAL MAJOR. (Ung) Hxkn.

PL. II, Pr. HII, Fro. t,

ScuiuPER. — Loc. cit., vol. II, page 487.

Trois superbes empreintes de cette belle espèce qui joue un rôle si considérable dans les flores oligocènes de l'Europe proviennent des calcaires de C élas.

Avant d'être enfouies dans les sédiments, ces feuilles ont dû subir une macération prolongée car elles ont laissé sur la roche, non une empreinte en creux et relief, comme on pouvait s'y attendre avec des feuilles aussi coriaces que celles des Palmiers, mais une simple trace charbonneuse sur laquelle, méme les rayons sont difficiles à distinguer. Ces empreintes sont précieuses, car elles présentent la base d'insertion de l'éventail, le seul endroit de l'organe utile dans la détermination des restes fossiles de cette grande famille. La figure 2 de la planche III, réduite de moitié, et que nous devons au pinceau de M. Gustave Martin, nous montre l'empreiñte de la face inférieure dela feuille. L'insertion de la fronde se fait d'une maniére oblique et le rachis se prolonge en une pointe tronquée sur notre échantillon, mais qui devait étre fort longue, caractére du Sabal major.

La figure de la planche II nous montre au contraire la face supérieure. La totalité de l'empreinte est représentée sauf le pétiole qui atteint sur la dalle, brisée à la partie inférieure une longueur de /renle centimètres, sa largeur est de trente-six millimètres. Le rachis se termine dans le limbe par un delta qui ne présente qu'un faible prolongement.

Le pétiole était demi-cylindrique, son empreinte tout à fait plane, possede en son milieu une ligne plus fortement ombrée, indice de la carène qui existait en dessous.

Enfin, la figure 1 dela planche II, est non moins intéressante, elle représente la base méme du pétiole prés du point d'insertion sur le tronc, elle est munie d'une certaine quantité de filasse qu'on observe précisément sur les moignons des pétioles des diverses espèces de Sabal.

Ces palmiers habitent de nos jours les portions marécageuses du sud de l'Amérique septentrionale et remontent dans ce continent jusqu'au 41° de latitude nord.

Cette espèce signalée déjà par de Saporta (1) dans le bassin d'Alais (gisement

(1) DE Saporra. Etudes sur le Sud-Est, vol. II, page 79.

de Mannas) devait presque fatalement se représenter ici. Et quoique elle prenne place parmi les mi eux connues, il était intéressant de figurerles diverses parties de la feuille qui se trouve représentée en totalité dans cette flore si riche de Célas.

PAL/EORACHIS. Sar.

PL. TV Eur.

ScuiuPER. — Loc. cit. vol. II, page 769.

Sv. Leplomeria.

La véritable nature des restes fossiles rangés sous la dénomination de Leptomeria a été reconnue par de Saporta qui en 1889 donna dans la Revue générale de Botanique une note au sujet des inflorescences des paliers fossiles. 11 était, en effet, curieux que les spadices de ces puissantes monocotylédones n'aient laissé aucune trace dans les couches géologiques, alors que les frondes pennées et flabellées étaient présentes dans toutes les formations tertiaires. Dans les planches onze et douze de la revue précitée, de Saporta donne des figures qui ne peuvent plus laisser subsister de doutes.

A vrai dire ce qui avait favorisé la fausse interprétation de ces fossiles, c'est que rarement les restes d'axe d'inflorescence se présentent d'une maniére compléte. C'est, en général, à l'état de brindilles qu'ils se montrent dans les flores allemandes et autrichiennes à nous connues. Il n'y a guère qu'un exemplaire de Bilin qui présente un fragment assez considérable. Quant au Leptomeria qu' Heer figure sous le nom de Leplomeria Hæringiana (1), et provenant d'CEninguen, ce n'est point, à notre avis, un fragment d'inflorescence mais bien une brindille quelconque indéterminable.

Les frondes de Sabal se rencontrent dans le gisement de Célas et avec elles des débris de spadice dont nous reproduisons un échantillon.

On y voit nettement les axes floraux flexueux portant en alternance les coussinets où étaient attachés les organes reproducteurs. La proéminance de ces mamelons est toujours assez prononcée dans ce genre exceptionnellement hermaphrodite.

Nous n'avons point attribué à notre empreinte de dénomination particulière ; nous avons hésité entre les Palæorachis flexuosa et gracilis, et après réflexion, il nous a paru inutile de spécifier des organes qui doivent tót ou tard se placer à côté des espèces d’où ils proviennent, puisqu'il est maintenant bien établi que nous avons affaire à des axes d'inflorescence. Il est naturel de rapporter celui de Célas au Sabal major, car il présente avec les organes similaires du Sabal Adansoni Guerm. de la Floride une réelle ressemblance.

(1) H&En. Fl. tert, Helv. tab. CLIII, fig. 32, 33.

rs 64 mM

GENRE CHAMCEROPS. L.

CHAMOEROPS CÉLASENSIS. nov. Sp.

FE Lbs

DiacNosE. — Ch. foliis flabellatis, radiis permultis, insertis secundum curvam lineam in cacumine rachidis, expers spinarum prominentium.

Deux empreintes, dont l'une très belle, sont témoins qu'à côté du Sabal major existait à Célas un type de palmier à frondes flabellées, voisin du genre Chamærops. Le pétiole est inerme ou tout au moins très faiblement denté. Le méme fait s'observe dans le genre vivant dont quelques espèces possèdent seulement le bord du pétiole fortement rugueux. Il est relativement gréle et porte à son sommet l'éventail qui s'insére suivant une ligne courbe. Les rayons ne peuvent étre dénombrés, l'empreinte étant dans un état de macération trés avancé ; néanmoins l'on peut parfaitement se rendre compte sur la figure 3 de la planche III que leur nombre est trés grand, ils sont, de ce fait, fortement serrés les uns contre les autres. Nous ne pouvons donc pour cette raison réunir notre empreinte au Chamærops helvelica Heer. D'autre part, Chamærops (Flabellaria) Kutschlinica Ett. des couches de Bilin est un fragment trop incomplet pour pouvoir tenter une assimilation à une aussi grande distance.

L'éventail du Chamoerops Célasensis, du moins sur la plus grande des empreintes qui est loin d'être conservée en totalité, ne présente pas ces larges déchirures qui affectent ordinairement le limbe des Chamoerops actuels.

Ce genre se rencontre de nos jours sur la limite extréme dela zone de résistance des palmiers c'est le genre qui s'avance le plus haut dansl'hémisphère nord dans l'ancien continent. Nous renvoyons le lecteur à la carte Il où est représentée son aire de dispersion. Cette ligne n'a fait que se rapprocher de l'équateur durant les temps géologiques et il y a tout lieu de croire qu'elle a regagné du terrain vers le nord depuis l'époque glaciaire qui a dû jouer un si grand rôle dans la distribution des flores de nos contrées.

PANDANÉES

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