‹ Flore des calcaires de CélasChapitre 20 sur 47 · US · texte numérisé non relu

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Or, cette empreinte, sauf par sa base irrégulière, ne peut se distinguer du Ficus Marioni ; bien que deux espèces différentes aient pu vivre côte à côte dans le même endroit, nous pensons qu'une connexion aussi intime des deux organes doit primer le caractère différentiel tiré de l'irrégularité de la base.

Nous maintiendrons donc ici cette feuille. Nous aurons, du reste, l'occasion en parlant des affinités avec les espèces vivantes de faire une remarque au sujet du Ficus laurifolia Hort. qui vient à l'appui du rapprochement que nous proposons.

Parmi les espèces fossiles le Ficus Gapperli Ett. présente, avec certaines feuilles que nous avons rapportées à notre espéce, d'assez grandes analogies. Pourtant, si nous avons affaire avec deux types taillés sur le méme patron, ils ne sont pas pour cela identiques.

En effet, aprés avoir examiné bien des feuilles de Ficus actuels, nous nous sommes convaincus que la forme du limbe dans une espèce donnée influe relativement peu sur le nombre des nervures secondaires, et sur l'ouverture de leur angle d'émergence, qui, s'il est ouvert, par exemple, se maintiendra toujours tel, aussi bien dans les feuilles à limbe étroit que dans celles à limbe large. C'est en nous basant sur cette observation que nous avons rapporté au Ficus Marioni et non au Ficus Goepperti l'échantillon 1 de la planche VII. i

Notre Ficus présente de nombreux points de contact avec les types des Ficus de la section des Lauriformes notamment avec le Ficus laurifolia Hort. (fig. 15, 16, 17 dans le texte), dont nous avons pu voir plusieurs beaux pieds dans les serres de l'école de botanique de Marseille et comparer les feuilles à divers àges.

Nous avons alors remarqué que celles provenant du sommet des rameaux présentent fréquemment une base plus cordiforme sui peut, sur quelques exem- . plaires s'entacher d'une irrégularité bien visible. Ces variations ne sont néanmoins pas aussi accentuées que dans le Ficus Marioni ; mais elles paraissent, ce nous semble, apporter un argument de plus en faveur de notre détermination, et justifier la création de nos deux variétés.

Ce ne sont point là, les seules analogies qu'on puisse noter, notre espèce possède aussi des affinités marquées avec de nombreux types indiens de la section des Cordifolia. On peut citer un Ficus de Ceylan provenant de l'herbier du muséum de Paris.

Le Ficus cordala Thunb. du Cap (fig. 21 dans le texte) n'est. pas sans présenter avec l'espèce de Célas des affinités marquées.

Citons, enfin, Ficus reclinala Desf. (fig. 20 dans le texte) indien également qui a, avec le figuier fossile une remarquable analogie dans la nervation, mais qui s'en éloigne à tous égards.

FICUS AMBIGUA, nov. sp.

PLAIN Bt. 2

Fi. 18. — Ficus provenant de la propriété Mazel à Anduze et éiqueté Ficus Almœi dans l'herbier de de Saporta.

D’après l'échantillon original.

DiAGNosE. — F. foliis lanceolatis, multum cordiformibus ad basim, nervis basalibus recto angulo egredientibus cavo ad summum folii verso; nervis secundariis œquabiliter alternantibus ; reliquo reticulo normale.

Bien que nous ne soyons pas porté à la pulvérisation des espéces, nous sommes obligé d'inscrire sous un nom spécial la feuille représentéeplancheVII,fig.2.

En effet elle est nettement lancéolée et présente une base cordiforme trés accentuée.

Les premiéres nervures secondaires paraissent sur l'échantillonétre suprabasilaires, mais cela tient uniquement à ce qu'ayant à considérer la face inférieure de l'organe, le pétiole masque l'échancrure des lobes.

Les nervures basilaires partent à angle droil et présentent une courbure marquée dont la concavité est dirigée vers le sommet de la feuille. Cette particularité jointe à l'irrégulière disposition des autres nervures secondaires est pour nous suffisante , pour l'éloigner du type

ET du Ficus laurifolia Hort. En effet, sur les pieds examinés par nous dans les serres de l'école de botanique, quelques feuilles présentent une base arrondie et échancrée, mais aucune ne montre les nervures basilaires ainsi recourbées, et émergeant à angle droit ; qui plus est le Ficus laurifolia est quinquenervié à la base.

Nous ne décrirons pas en détail les autres particularités de la nervation, nous l'avons déjà fait quand nous nous sommes occupé du genre Ficus en général. Il nous suffira donc de dire qu'elle est identique à celle que nous rencontrons dans la plupart des Ficus qui appartiennent à ce type.

Par sa forme générale cette espèce se rapproche des Ficus de la section des lauriformes et néanmoins par les caractéres tirés de la base et qui sont prépondérants, elle se rapproche d'un type que nous avons rencontré dans l'herbier de de Saporta et provenant de l'ancienne propriété Mazel à Montsauve pres Anduze (Gard) et étiqueté sous le nom de Ficus alma (fig. 18 dans le texte). Ce n'est probablement là qu'un nom horticole, car il n'est point porté sur l'Index Kewensis.

Notre feuille ne présente pas avec cette forme une identité absolue, par son contour lancéolé elle s'en éloigne notablement.

FICUS DIFFUSA. nov. sp.

Pucci AIT ARE

DraGnosE. — F. foliis longe petiolatis, omnino cordiformibus, basi trinervata, nervo primario parum crasso, nervis secundariis egredientibus angulo aperto, aliquoties bifurcis, margini conjunctis gignentibusseriem arcuumdiffluentium ; multis nervis secundariis truncis, desinentibus in reticulo formato escutulis pentagonalibus repletis nervillis formantibus quadratas scutulas.

Aprés bien des hésitations nous avons imposé à cette feuille un nom particulier.

De forme allongée à base cordée, munie d'un pétiole long et gréle, elle ne ressemble à aucune des espèces énumérées dans le riche gisement de Célas.

La nervure médiane ne paraît pas comme dans les autres types avoir été parenchymateuse et gorgée de suc. |

Les nervures basilaires courbes à concavité tournée vers le sommet de la feuille, paraissent légèrement supra-basilaires, car nous avons encore affaire ici à une face inférieure.

Du point d'insertion des basilaires avec la nervure médiane, se détachent deux nervures courtes, minces, très courbes, qui, épousant Ia forme des lobes, viennent ensuite s'unir aux autres nervures basilaires principales.

d ei ls Les secondaires se détachent de la médiane sous un angle assez ouvert eu égard à l'élroilesse relalive de notre feuille, et vont se réunir le long de la marge en formant une série d'arceaux assez diffus. De la nervure primaire partent dé nombreuses branches anastomotiques d'ordre secondaire, qui vont s'évanouir au milieu du réseau qui remplit l'espace compris entre deux nervures voisines.

, Celui-ci est formé par des anastomoses qui émergent des secondaires sous un angle sensiblement droit ; sauf celles prenant naissance sur les nervures basilaires qui sont beaucoup plus ascendantes que les autres.

Ce réseau assez irrégulier est composé de grandes mailles pentagonales qui sont remplies par des mailles carrées formant le réseau ultime.

Les espèces fossiles auxquelles on peut comparer notre type, sont le Ficus Reussi (1) Ett., et le Ficus Wetleravica (2) Ett$

en y comprenant la

Fic. 19. — Ficus, sp. fig. 11 dela table 3 Herbier de Saporta. qu ' Ettingshausen

rapporte au Ficus

daphnes Ett., de la méme formation.

Quant au Ficus Thaliæ (3) Ung., de Radoboj, la figure 16 s'éloigne de la nótre par la nervation, quant

à la figure 15, c'est à peine si les nervures secondaires ont été indiquées. Tout rapprochement devient Fi6. 20. — Picus reclinala

à : 1 Desf.

dès lors impossible. prov. de l'herbier de Saporta

(1) ETTINGSHAUSEN. FT. foss. de Bilin, table 22, fig. 3; 4. 7, 10.

(2) ETTINGSHAUSEN. Flor der alt. Braunkohlenformation der Welterau, table 2, fig. 1, 2, 6. table 3, fig. 10.

(3) UNGER. Sylloge, partie 111, table 20, fig. 15 et 16.

La forme serait une des principales raisons qui plaiderait en faveur d'un rapprochement avec les espèces d'Ettingshausen ; mais il n'y a qu'à examiner avec attention quelques spécimens de Ficus pour se convaincre que c'est la dernière preuve sur laquelle nous devons nous appuyer. Restent les caractères tirés de la base et de la nervation qui présentent au contraire assez de fixité dans un méme type. Or, les nervures basilaires de notre Ficus sont nettement différentes de ce que nous voyons dans les espèces d'Allemagne. Elles sont au nombre de cinq insérées à la base. Quand il n'y en a que trois, leur disposition méme, montre que ce fait ne peut étre imputé qu'à une mauvaise conservation.

Qui plus est les feuilles des lignites de Wetterau ne présentent pas cette grande quantité de nervures secondaires incomplétes issues de la principale, ce qui donne aux deux organes une physionomie différente. Mais cela ne peut s'apercevoir qu'aprés un examen approfondi, aprés avoir pesé avec soin les différents caractères.

Plusieurs Ficus du Cap, en particulier le Ficus cordata Thunb. (fig. 21 dans le texte) présentent au premier abord des analogies avec notre espèce ; mais elles nous parais-

sent étre seulement superficielles et n'intéresser que la Fic. 21. — Ficus cor- : data Thunb. prov. de les feuilles possédant un plus grand diamètre, les nervures — l'herbier de Saporta.

forme générale. La nervation est différente car, méme dans

secondaires émergent sous un angle plus aigu.

C'est avec le Ficus reclinata Desf. des Indes orientales (fig. 20 dans le texte) et avec un Ficus non étiqueté de l'herbier de Saporta (fig. 19 dans le texte) que notre espèce présente des affinités incontestables basées, non seulement sur l'allure générale, mais encore sur un examen approfondi et raisonné des différents caractères tirés de la nervation.

FICUS CALOPHYLLA. nov. sp.

Pr, VII, Pr. DG Fio. 1.

DiacNosE. — F. foliis latis, orbiculatis, valde cordilormibus ; nervis secundariis aliquoties egredientibus angulo peraperto, obtuso etiam. Conjunctio fit nervo tertiario perlorti ; multis nervis secundariis truncis recto angulo egredientibus et desinentibus in reticulo formato ex duplice ordine magnarum scutularum pentagonalium repletarum permultis parvis scutulis quadratis.

C'est avec plaisir que nous figurons ces deux belles feuilles tant il est rare d'en posséder d'aussi grandes dans un état de conservation presque irrépro-

chable.

an pn

En effet, la troncature du sommet est chose assez négligeable puisqu'il est facile de la reconstituer par la pensée.

Ces feuilles par leur ampleur et leur consistance dénotent une espèce de Ficus amie de l'ombre et de l'humidité.

Dans la description qui va suivre nous avons surtout en vue la feuille représentée pl. VIII, nous indiquerons à la suite les différences particulières propres à la petite empreinte figurée planche IX, fig. 1.

Le pétiole du Ficus calophylla était gorgé de suc. En effet, on distingue nettement deux parties dans l'empreinte pétiolaire. Une partie beaucoup plus foncée représente au milieu la masse des faisceaux, elle est bordée de chaque côté par une zone plus claire résultant de l'empreinte due au parenchyme cor tical qui devait avoir une grande épaisseur, et a laissé sur la roche une trace de couleur différente.

Le méme fait s'observe quand on soumet à la presse une feuille succulente à demi flétrie. L'impression obtenue à l'aide d'un papier gras teinté est identique à celle observée sur l'empreinte fossile.

Le limbe ample et coriace est nettement cordiforme à la base et présente deux lobes parcourus par un réseau de nervures tertiaires assez serré.

De la nervure primaire droite et forte, s'échappent des nervures secondaires, alternes entre elles et émergeant sous un angle variant avec chaque nervure et cette variation va régulièrement croissant de bas en haut. L'angle des deux premieres nervures à la base est obtus, celui des nervures moyennes est droit, cet angle devient ensuite légèrement aigu.

Toutes les nervures sont fortes incurvées à courbure tournée vers le sommet du limbe. Elles se réunissent à la marge par une anastomose tertiaire qui est relativement énorme, ce qui, joint à une certaine flexion de la nervure, donne assez bien l'illusion d'une dichotomie.

Les nervures tertiaires se présentent sous trois formes différentes, les unes formant le réseau des deux lobes inférieurs s'échappent des nervures basilaires sous un angle presque droit, courent à la marge, auprés de laquelle elles se réunissent en formant une série d'arceaux.

D'autres nervures tertiaires s échappent perpendiculairement de la principale, et aprés un parcours horizontal, au milieu des espaces compris entre deux nervures secondaires se recourbent à angle droit vers le bas ; on pourrait tout aussi bien leur donner le nom de nervures secondaires incomplètes mais elles sont relativement beaucoup plus minces que ces dernieres.

Quant à celles qui réunissent les nervures d'ordre immédiatement supérieur , elles vont de l'une à l'autre, et forment des espaces pentagonaux ; elles s'échap-

pent inférieurement sous un angle aigu et aboutissent supérieurement sous un angle presque droit.

Enfin, ces grandes mailles sont remplies par des nervures plus fines et le réseau ultime est formé par des mailles carrées.

Après cela il ne nous restera que quelques mots à dire au sujet de l'autre empreinte. Nous la réunissons à la méme espèce (dont elle n'est, probablement, qu'une forme jeune) car nous y trouvons les mêmes caractères sauf la particularité que présente la base qui ne s'arrondit pas en lobes et dès lors les nervures basilaires s'échappent sous un angle aigu.

Cette belle espèce ne paraît pas avoir beaucoup d'affinités avec les formes fossiles déjà décrites. On ne peut guère citer que le Ficus Morloti Ung. dans les formations de Sotzka.

Or, dans cette espèce la base fait complètement défaut et qui plus est le réseau veineux est réduit aux seules nervures secondaires quis'échappent sur un angle beaucoup plus aigu. D'autre part la feuille, paraît avoir eu les bords parallèles. Cette espèce donc n'est représentée que par des débris.

Quels termes de comparaison peut-on espérer trouver dans des restes aussi frustes que ceux de la plupart des Ficus fossiles !

FICUS FRATERNA. nov. sp.

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DiAGNosE, — F. foliis lanceolatis maximo diametro sito parum sub medio limbi petiolo longo satisque gracili ; nervis basalibus duobus rectis; nervis secundariis curvatis, concavo superorum supere, inferorum infero angulo acuto egredientibus ; nervis tertiariis formantibus duplicem ordinem compositum scutularum pentagonalium ; reticulo ultimo ex quadratis scutulis.

Deux feuilles couchées l'une sur l'autre, représentent cette belle espèce.

Grâce à une conservation admirable, les moindres détails ont pu être figurés. Elles étaient d'une consistance assez dure, mais pourtant ne paraissent point avoir été coriaces.

Le pétiole est long et étroit, et présente par suite de la compression une largeur un peu plus grande qu'à l'état de nature. La forme générale est lancéolée et le plus grand diamètre est situé un peu au-dessous de la moitié du limbe.

La nervure principale est assez forte, droite ; les nervures basilaires sont au nombre de deux et ne présentent pas de courbure appréciable. Les nervures secondaires ne sont pas nettement opposées ; elles se réunissent à la marge en

formant les arceaux si caractéristiques du genre. Dans l'espace compris entre deux nervures secondaires on remarque une

i Ua ^ double rangée trés réguliére de grandes mailles pentagonales alternant les unes avec les autres et donnant lieu à une ligne sinueuse médiane.

Cette disposition qui se voit sur toute la surface de la feuille est encore une caractéristique qui justifie le rapprochement que nous faisons de ces organes avec le genre Ficus. Les nervures tertiaires s'échappent de chaque côté des secondaires sous un angle nettement aigu, et le réseau veineux est formé de mailles carrées. |

Aucune des nombreuses espèces de la flore de Bilin figurées par Ettingshausen ne peut lui être assimilée. On ne peut guère citer comme terme de comparaison que Ficus Reussii. (1) Ett. ; mais ce dernier s'éloigne d'une façon très notable par la disposition méme des nervures à la base. L'auteur allemand le range dans la section des Ficus à cinq nervures basilaires. C'est dès lors un caractére décisif.

Le Ficus Welleravica (2) Ett. serait également voisin de notre type, ainsi que Ficus Daphnes (5j Ett. Si l'on doit conserver ces deux derniers types, il faudrait du moins, ce semble, changer le groupement proposé par Ettingshausen.

Ainsi les figures 10 et 11 dela planche III, appartiennent à la méme espèce.

Ce qui nous fait distinguer la nôtre c'est: 1° l'ordonnance des mailles pentagonales entre les nervures secondaires ; 2° la valeur de l'angle d'émergence des nervures secondaires et tertiaires. ;

Cet angle est très aigu, or il est bien évident que cette mesure devient un caractère surtout quand on a affaire avec des feuilles qui présentent à peu près le même diamètre. ;

Si nous voulons comparer notre espéce avec celles du monde actuel, c'est à côté du Ficus americana (4) Aubl. qu'il faut la placer. Même forme, méme longeur de pétiole, même ordonnance du réseau veineux; tout concorde à donner à ces deux feuilles une physionomie qui ne peut étre méconnue.

FICUS IRRÉGULARIS. nov. sp.

PES EIco 2 PIPER PIG. T2

DiacNosE. — F. foliis ovato-lanceolatis, hastatis, maximo diametro sito in infera tertia parte limbi, cordiformis basi quinquenervatà nervissecundariis egredientibus angulis diversis, concavo, modo supero, modo infero ; reliquis nervis normalibus.

Les feuilles que nous distinguons sous cette désignation spécifique, possèdent

(1) ETriNGSHAUSEN. Fl. Foss. de Bilin PI. XXII, fig. 3-477-10. + (2) ErriNGsHAUSEN. Die foss. fl. d'alt. Braunkohlenformation der Welterau, tab. IT, fig. 1-2-6, tab. III, fig. ro.

(3) ErriNGsHAUSEN., Loc. cit., tab. III, fig. 2-3-11.

(4) ErriNGsHAUSEN. Skel. der Apetalen, tab. XV, fig. 8.

Fic. 22. — Ficus Hookeri.

Spécimen provenant de la villa Thuret à Antibes.

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