‹ Flore des calcaires de CélasChapitre 21 sur 47 · ET ER · texte numérisé non relu

ET ER

toutes des nervures excessivement irrégulieres tant par la valeur de leur angle d'émergence que par leur courbure.

Elles sont nettement cordiformes à la base, légèrement hastées et leur contour est ovale-lancéolé.

Le limbe est large traversé par une nervure principale épaisse. Le plus grand diamètre est situé au tiers inférieur ce qui n'est point le cas de la fig. 2 de la pl. IX, que nous réunissons à cette espèce avec un point de doute.

La fig. 2 de la planche X que nous ne pensons pas devoir détacher de ce type, nous présente une forme plus lancéolée, mais ce n'est point une raison suffisante.

Sauf les particularités déjà indiquées au sujet des nervures secondaires, ces feuilles ne présentent rien qui soit à signaler d'une facon spéciale.

Nous ne décrirons pas à nouveau les autres caractéres qui sont identiques à ceux que nous trouvons dans les autres espéces citées et décrites plus haut. Il nous suffira de renvoyer le lecteur aux figures d'abord et à la description faite à propos du genre (page 83). |

Nous ferons seulement remarquer ici la fréquence des nervures secondaires incomplètes.

Aucune espèce de la flore du bassin de Paris citée par Wattelet ne nous paraît pouvoir entrer ici en comparaison.

Dans la nature actuelle le Ficus Hookeri (nom horticole, dont nous devons de beaux exemplaires à l'obligeance de M. Dubois,chef des cultures de la villa Thuret à Antibes, et que nous reproduisons (fig. 22 dans le texte), présente dans la disposition des nervures la méme particularité qui, jointe à une ressemblance générale de la forme, resserre les liens analogiques que nous trouvons entre ces deux types. -

FICUS ROTUNDA. nov. sp.

Pur IXS DA

Di^cNosE. — F. foliis cequabiliter largiterque ovatis, cordiformibus basi, duobus nervis basalibus, nervis secundariis fere gracilibus egredientibus angulo recto, curvatis prope marginem juxta quem coalescunt.

C'est intentionnellement que nous plaçons ce type immédiatement après le Ficus irregularis, pour bien indiquer, que, malgré le nom spécial que nous lui imposons, nous reconnaissons entre les deux formes des analogies qui pourtant sont loin d'aller.jusqu'à l'identité et ne résistent point à la critique raisonnée des différents caractères sur lesquels nous nous sommes efforcés d'asseoir la détermination de nos espéces.

La forme est comme l'indique le nom spécifique méme, régulièrement arrondie.

EDO cordiforme à la base ; le limbe ne présente point des lobes aussi prononcés que dans l'espèce précédente.

Les nervures basilaires sont au nombre de deux seulement et portent des nervures tertiaires assez fortes sur leur face exlerne. La nervure primaire n'est pas très large ; elle donne naissance à des nervures secondaires trés régulièrement espacées et d'ailleurs en assez grand nombre émergeant sous un angle irés régulier et trés ouvert. Elles se recourbent en arrivant prés de la marge et leur réunion s'effectue beaucoup plus près de celle-ci que dans l'espece décrite précédemment.

Les anastomoses tertiaires formant une double rangée d'aréoles pentagonales donnent à la feuille un aspect bien particulier qui se rencontre dans la nature actuelle dans le Ficus fulva Reimr. (fig. 14 dansle texte) dela section des ferrugineæ. Ce dernier quoique possédant une base moins arrondie présente une telle ressemblance avec l'espéce fossile dans la disposition des nervures qu'on ne saurait le passer sous silence.

Aucune espèce décrite dans les flores tertiaires à nous connues ne nous présente des caractères analogues, pas méme dans la forme générale.

Nous ne pouvons citer le Ficus Morloti Ung. Du reste les affinités bizarres qui ont été proposées par les différents auteurs montrent jusqu'à quel point ces restes informes peuvent donner lieu aux interprétations les plus contradictoires.

EIUS GOSPPISB DI» dTuspy ous.

ErriNGSHaAUSEN. Flore fossile de Bilin, page 73, table XVIII fig. 30, tab. XIX, fig. 1-2.

Parmi les nombreux restes de Ficus décrits et représentés dans les différentes flores fossiles, on peut dire que le Ficus Gæpperti Ett.. est un de ceux où la nervation a été figurée avec le plus de détails. C'est du reste le seul moyen que possède le botaniste pour tenter des assimilations quand il s'agit de gisements éloignés par le temps et par l'espace.

Nous réunissons la feuille figurée planche X fig. au Ficus Goepperti malgré sa base trinerviée, car nous ne sommes point de l'avis d'Ettingshausen qui place cette espèce dans la section des Apocynifoliæ. Il nous semble qu'on ne peut guère se ranger à cette opinion quand on a sous les yeux la figure 1 de la table XIX de la flore de Bilin. Il n'y a qu'à reconstituer par la pensée la base de la feuille, ce qui est trés simple, pour se rendre immédiatement compte qu'on aaffaire avec un Ficus tri ou quinquenervié à la base. C'est aprés avoir opéré cette reconstitution que nous avons acquis la certitude de l'identité presque complète de la feuille de Célas et de celle de Bilin.

CLONE !

Par sa forme Aaslée, par le grand espace qui sépare les nervures bastlatres des premières secondaires et par l'angle d'émergence de ces derniéres, qui est assez obtus ; elle se distingue nettement du Ficus Marioni du méme gisement et se rapproche au contraire du Ficus de Bilin.

Nous ne nous rangeons pas non plus à l'opinion d'Ettingshausen en ce qui concerne le rapprochement qu'il propose avec le Ficus Morloti Ung. L'espèce de Sotzka ne saurait soutenir une discussion quelconque, et nous avons déjà dit les raisons pour lesquelles nous ne saurions admettre de telles affinités.

Quant au Ficus Falconeri Heer., des lignites de Bovay-Tracey, les mêmes raisons qui nous ont fait écarter le Ficus Goepperti de la section des apocynifolice nous le fait séparer nettement de l'espéce anglaise.

‘Que le fragment figuré sur la planche XVIII, si tant il y a qu'il appartienne au Ficus Gæpperti, puisse se rapprocher des deux figures de la table XIX qu'Ettingshausen donne comme termes de comparaison et qui font partie des Ficus de la section des Ferruginæ, nous l'accorderions volontiers, en faisant néanmoins une restriction en ce qui concerne l'angle d'émergence et le mode de réunion des nervures à la marge ; mais en ce qui concerne la figure 1 de la planche XIX, on ne sait vraiment pas quelle analogie on peut trouver entre des feuilles de type si dissemblable. Sans doute elle possède avec la figure 3 de la méme planche une certaine analogie dans le réseau veineux, mais cela est loin de suffire ; il faut un ensemble de caractéres pour justifier un rapprochement.

Nous sommes donc portés à proposer comme termes de comparaison certains Ficus de la section des Lauriformes habitant l'Asie tropicale et l'Inde ; surtout le Ficus racemosa L., qui reproduit sous des dimensions plus faibles la forme de l'espèce fossile, sans faire abstraction des caractères tirés de la nervation qui sont prépondérants sans pourtant suffire à eux seuls.

FICUS OVALIS nov. sp.

Jens AD abor.

DiaGNose. — F. foiiis fusius equabiliterque ovatis, petiolo longo, succoque repleto; n: rvis basalibus quinque, multis nerviis secundariis angulo satis obtuso egredientibus parallelisque interse ; reticulo venularum secundum formam lei fulv«.

Cette feuille subsistera-t-elle dans la suite comme une véritable espèce, ou la rangera-t-on à cóté du Ficus Marioni, c'est ce que des découvertes ultérieures en faisant connaître des formes intermédiaires, pourront seules faire connaitre.

Les nombreuses empreintes du Ficus Marioni ne présentent point un contour régulièrement ovale, et aucune d'elle-méme ne passe à celle forme.

Le pétiole est également beaucoup plus court dans l'espéce que nous consi-

dérons actuellement. Le réseau veineux n'est pas identique et se rattacherait plutôt au type du Ficus fulva (Reimr), dont nous avons donné une description suffisante pour qu'il nous soit permis de ne point y revenir ici.

Ce sont ces raisons qui nous ont fait provisoirement ranger cette feuille sous un vocable spécifique particulier.

FICUS CRENATA. nov. sp.

Di. CRI ERP

DiacNosE. - F. foliis palmatis, quinque nervis ad basim ? nervis primariis graci- : libus, secundariis oppositis, proxime marginem curvatis ; oris dentibus fortissime obtusis, nervis tertiariis scutulas pentagonales formantibus, mutibiles, duplici ordine compositas.

Ce fragment de feuille dont la nervation est parfaitement conservée, présente une telle ressemblance avec les petites feuilles du Ficus Carica L. (fig. 23 dans le texte) que nous l'avons désignée sous un nom spécifique particulier, en le rapportant au genre Ficus. Pourtant ce n'est point sans quelque hésitation, car plusieurs genres de la famille des Malvacées présentent des feuilles analogues ; le genre Thomasia surtout, mais la ressemblance n'est pas aussi saisissante qu'avec les organes similaires du genre Ficus.

Les feuilles des Thomasia présentent des lobes beaucoup plus prononcés qui changent complétement la physionomie

générale de la feuille.

Sa place à côté des Figuiers du type du Carica paraît au contraire tout indiquée.

Fic. 23. — Ficus Carica L.

(Région méditerranéenne)

FICUS HECKELT nov. sp.

Page 1