GENRE ILEX. L
ILEX PACHYNERVIA. nov. sp.
Pr XI Pi. 5:6,
DiacNosE. — I. foliis durissimis, limbo cuneiformi ad basim, pretexto fortissimis dentibus obtusis serratiformibus,nervo prœcipuo recto et percrasso in toto itinere; nervis secundariis fortibus quoque egredientibus e proecipuo angulo eo magis aperto quo basim appropinquunt. Alii in dentes ingrediuntur ; alii, trunci, desinunt in medio reticuli venosi; basilares se revolvunt juxta marginem, fingentes seriem discorum acervatorum ; nervis tertiariis formantibus reticulum scutularum pentagonalium, plerumque duobus ordinibus dispositis.
Une feuille malheureusement mutilée au sommet et à la base nous fait connaitre dans la flore de Célas une espéce de Houx bien particuliére. Nous en avons dessiné l'empreinte et la contre-empreinte. Elle ne se rattache directement à aucune espéce fossile, par la forme des dents et l'agencement des nervures secondaires elle se rapprocherait de l'Ilex rigida (1) Sap. d'Armissan. Mais cette espèce diffère par la base qui n'est pas cunéiforme, par ses nervures secondaires beaucoup plus flexueuses et beaucoup plus ascendantes.
Notre feuille présentait une consistance extrémement rigide et coriace comme le prouve l'abondant dépót charbonneux qui recouvre les deux empreintes.
Les dents sont espacées et beaucoup plus trapues que celles de l'espèce d'Armissan. Le bord au lieu de décrire un demi cercle entre chaque pointe comme c'est le cas le plus fréquent dans la plupart des espéces de Houx
actuels, décrit une ligne anguleuse en forme d'L. Il était muni d'une côte
(1) Saronra. Etudes sur le Sud-Est, vol. II, page 334, pl. XI, fig. 3.
marginale cartilagineuse. La nervure principale forte, large et droite présente sur le parcours qu'elle effectue dans la portion du limbe conservé à peu près la méme largeur. y Les nervures secondaires assez rapprochées se terminent les unes dans les dents, les autres se perdent dans le réseau veineux, particularité qui le rapproche de l'espéce du bassin de Narbonne, mais leur angle d'émergence est presque droit. Celles de l'Ilex aquifolium L. aux feuilles étroites duquel Saporta rapporte l'Ilex rigida, s'échappent sous un angle aigu et sont beaucoup moins épaisses. Enfin le réseau veineux est formé de mailles polygonales grandes et disposées, la plupart du temps, sur deux rangs. La flore de Saint-Zacharie qui présente tant de points de contact avec celle . de Célas, possède une espèce de houx que nous appellerons volontiers espèce représentative, c'est l'ex dryandræfolia Sap. (1). La forme des dents et du limbe en général, l'épaisseur des nervures de tous ordres ne permettent point une identification, tant les échantillons de part et d'autre sont incomplets et en . petit nombre, mais il est néanmoins utile de faire de tels rapprochements. Ils nous montrent une certaine communauté de conditions analogues donnant lieu à la répétition et au développement de formes qui pour n'étre pas identiques n'en jouent pas moins le méme rôle dans la composition de la masse végétale. Il est assez difficile d'indiquer quelles sont les formes affines directement ou indirectement avec ce type. Nous avons indiqué dans le cours de la description les caractères qui le différentient de l'Ilex aguifolium L. auquel on ne saurait le rapporter, c'est avec l'Ilex laxiflora Lam. de l'Amérique boréale qu'il présente la plus grande somme d'analogies. Nous pouvons encore citer l'Ilex quercifolia Meerb. avec lequel les affinités sont néanmoins plus faibles.
RHAMNÉES
GENRE ZIZYPHUS. Juss.
ZIZYPHUS PARADISIACA. HEER.
PE NE FIG ra 43 20 PE. XIV. Fidis et 3.
DE Saporra. — Etudes sur le Sud-Est, vol. I, page 123, t. XII, fig. 6. SYNONYMIE, — Dafhnogene melastomacea (Ung). Flor de Sotgka,t. XVI, fig. 1-5. Daphnogene paradisiaca (Ung). Flor de Sotzka, t. XVI, fig. 8-11, tab. XVII, fig. r.
Une belle série de feuilles dont quelques-unes d'une admirable conservation . représente cette espèce dans les couches de Célas. Il est à remarquer que ce
(1) Saporra. Loc. cit. vol. I, page 243, pl. X, fig. 8. t
Zizyphus qui présente un habitat plutôt sec, abonde dans les couches formées par le calcaire blanc tandis que les Ficus se rencontrent fous dans les couches grises un peu bitumeuses, ces dernières passent aux blanches en direction verticale. Il y a dans le caractère méme des empreintes végétales un indice du changement qui s'est opéré dans la direction des transports.
Les courants ont dà à ce moment charrier les feuilles d'arbres fréquentant les stations plutôt sèches où prospérait ce beau jujubier.
Ces couches en effet abondent en petits organes que nous décrirons ensuite sous la dénomination vague de phyllites.
L'assimilation de notre jujubier avecle Zizyphus paradisiaca Heer d'Aix n'est pas douteuse, la flore du gypse semble avoir des points de contact avec cette partie sèche de la flore du Gerd.
Tout semble indiquer qu'une station d'une physionomie spéciale se tenait à l'écart, tandis que les formes amples et gorgées des sucs représentées par les Ficus et les Artocarpées vegétaient à l'abri d'accidents de terrains qui favorisaient leur développement en entretenant l'humidité nécessaire à l'ampleur des formes.
La figure 65 de deSaporta (loc. cit.) présente des ner-
vures tertiaires marginales très ascendantes, alors que M6: 9». — Zisyprus Sp les autres sont horizontales. Ces e Cet auteur ne tient pas compte de cette différence. Nous ne partageons point en cela son opinion; et si nous rattachons au Z. paradisiacca la fig. 20 de la pl. XIII. qui présente une exagération dans la dentelure, nous séparons complètement la fig. 1 de la planche XIV qui présente une ordonnance tout autre
du réseau veineux.
DA rte rs Ti- — || n'est pas rare de rencontrer sur un méme pied des morensis "ad Br igereies ER Iles de la Sonde. feuilles présentant des dents de force différente. Du
reste les feuilles (figures 16 et 20) sont bien proches sous ce rapport.
Mais ce que nous n'avons point remarqué dans les espèces de jujubier que
nous avons eues sous les yeux, et elles sont nombreuses, c'est la particu-
larité qui distingue notre Zizyphus propinquus (pl. XIV, fig. I, voir Zizyphus sp. de Java, fig. 32 dans le texte) du. Zizyphus paradisiaca. (Voir Zizyphus Timorensis D C, fig. 35 dans le texte).
Les nervures marginales et le réseau veineux présentent une orientation si differente, que dans des feuilles de méme diamétre on ne peut regarder ce fait comme une simple anomalie, mais bien comme un indice d'un végétal différent quoique proche parent.
Le Zizyphus paradisiaca représente un type qui est du reste assez rare dans le genre dont les nervures sont généralement assez ascendantes. Il retrace trait pour trait le Zizyphus Timorensis D C. des îles de la Sonde et se trouve étre le représentant incontestable en Europe des formes habitant de nos jours l'Inde tropicale et les'îles Malaises.
ZIZYPHUS PROPINQUUS. nov. sp.
PL.XIV, Fia. 3.
Syuoxywig. — Daphnogene paradisiaca. Ung. pars. Fl. de Soizka, t. XVII, fig. 7.
DiaGNOSE. — Z, foliis largiter ovatis, ferentibus dentes fortes curvatasque ; nervis secundariis basilaribus duobus, prœcipuo junctis reticulo formato ex venis fortiter in medio curvatis, concavo infero ; nervis marginalibus maxime ascendentibus.
Nous ne croyons pas pouvoir ranger cette feuille sous la dénomination de Zizyphus paradisiaca Heer. Le réseau veineux intermédiaire est beaucoup trop coudé, formé d'anastomoses beaucoup plus saillantes que dans l'espèce précédente ;les nervurés marginales sont également plus fortes et présentent une allure tout à fait différente de celle que nous observons dans l'espèce précitée.
Jamais dans les espèces actuelles nous ne trouvons une telle dissemblance, ét c'est ce qui nous engage à les séparer, tout en reconnaissant que ce sont des organes taillés sur le même patron. Le Zizyphus venulosa Wall, et le Z. cellidifolia D C. tous deux de la péninsule de Malacca et des îles de la Sonde présentent avec une consistance beaucoup plus papyracée des nervures marginales identiques, mais c'est avec un Zizyphus indéterminé de Java (fig. 32 dans le texte) que l'analogie est la plus frappante. Parmiles espèces fossiles on ne saurait méconnaître les points de contact qui existent entre cette espèce et les fig. 7 dela planche XVII de Sotzka qu'Unger détermine comme Daphnogene paradisiaca.