HISTORIQUE — ÉTUDE GÉOLOGIQUE GÉNÉRALITÉS
C'est la plupart du temps, grâce à une exploitation industrielle, que le D ood peut étudier un nombre suffisant d'échantillons permettant une reconstitution approximative de la physionomie d'une station végétale aux époques géologiques. Les recherches et les fouilles que l'on peut effectuer par ses seuls moyens sont toujours trop insuffisantes, et les matériaux naturellement trop incomplets pour pouvoir hasarder une hypothèse quelconque.
Pour permettre la création d'un nouveau genre, il faut avoir à sa disposition un nombre considérable d'exemplaires présentant des organes appendiculaires et fructificateurs dans un bon état de conservation. Pour l'établissement des espèces paléontologiques, une condition essentielle est de posséder des échantillons complets, présentant tous les détails de la nervation, et autant que possible en assez grand nombre.
On comprend sans peine que de telles conditions ne puissent être réalisées en grattant, pour ainsi dire, seulement la surface des couches. Il faut manier une quantité considérable de blocs et pouvoir faire un choix judicieux des empreintes. Il faut aussi que ces fouilles soient opérées sur un assez grand espace ; on peut ainsi trouver, à des distances qui ne sont parfois pas trés considérables, des stations diverses possédant chacune une physionomie propre où abondent certains types à l'exclusion d’autres et déslors de l'assemblage et de la comparaison de ces groupements divers, l'esprit pourra tirer des déductions intéressantes et quelquefois totale-
ment différentes de celles qui devaient se dégager nécessairement de l'examen de chaque florule prise en particulier.
"Historique.
Lors de la construction du chemin de fer d'Uzes à S'-Julien-de-Cassagnac (1883), la compagnie P.-L.-M. fut obligée, pour l'établissement de la ligne, de creuser un souterrain dans les couches calcaires qui affleurent non loin du village de Célas, au point marqué 252 sur la carte d'état-major au sud de ce hameau. C'est de la tranchée qui se trouve au débouché du tunnel, côté ouest, que provient la majeure partie des végétaux que nous avons étudiés.
La récolte, savamment dirigée par M. le professeur Marion et MM. les ingénieurs de la compagnie (MM. Dombre, Pouthier, Saunier et Meurs), fut expédiée au Muséum de la ville de Marseille et conservée dans une des vitrines de la salle affectée aux collections de paléontologie.
Genre Doliostrobus.
Dès 1888, M. Marionffit paraître, dans le Bulletin des Sciences Géologiques, une note où il décrivait un genre nouveau des plus intéressants, le genre Doliostrobus (Mar.), avec une précision excessive puisque les plaquettes calcaires portaient des rameaux, des sfrobiles à divers états de développement et enfin des graines. Tous ces organes sont répandus à profusion et cette détermination, effectuée à l'aide de matériaux aussi nombreux et aussi bien conservés que ceux dont peut disposer un botaniste s'occupant du classement des végétaux de la nature actuelle, ne laisse aucun doute dans l'esprit.
M. Marion eut la bonté de me permettre d'examiner cette riche collection et me l'abandonna pour achever de la décrire sous sa haute et paternelle direction j'entrepris cette tàche, aussi suis-je heureux de pouvoir ici lui témoigner publiquement ma plus sincére reconnaissance.
Description de la contrée.
Quand on arrive dans la région de Célas, par la ligne du chemin de fer qui réunit Tarascon au Martinet,on cotoie pendant un certain temps un promontoire calcaire dont la base est comprise entre les deux villages de Brouzet et de Saint- Just à l'est, et vient se terminer à l'ouest au-dessus du petit hameau de Célas. L'aspect de la contrée est bien particulier. Partout ce sont des vallons et des croupes arrondies.Les eaux, qui ont sillonné de toutes parts ces roches friables ont donné naissance à un terrain trés meuble et cultivé dans son entier. Ca et là se montrent quelques lambeaux de crétacé dont quelques-uns ont servi jadis à l'établissement de camps romains considérables. Leur végétation tranche du reste d'une manière trés nette avec celle de la région lacustre proprement dite.
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Ce sont des bouquets de pins et de juniperus qui atteignent, parfois, une très grande taille ; d'ailleurs aucun accident notable à signaler, l'œil ne rencontre de véritables montagnes que trés loin vers l'ouest, cesont les contreforts des Cévennes, le houiller de la Grand-Combe et de Bessèges. A l'est ce sont les masses crétacées du Serre de Bouquet. On a le sentiment bien net de l'ancien lac qui occupait la région aux temps tertiaires.
Nous décrirons seulement la partie comprise entre Mons au sud, le ruisseau de l'Avéne et Salindres à l'ouest. Les Fumades au nord et Brouzet à l'est.
F1G. 1. — Carte des environs de Célas.
Les collines crétacées, après avoir formé une anse, dont le hameau des Plans occupe le centre, s'avancent en promontoire jusqu'auprès du village de Célas, puis dominent au sud la grande plaine de Moruéjol où passe la Droude. Ces montagnes sont bien reconnaissables à leur végétation particulière formée exclusivement de pins, de chónes et de genevriers.
.Du nord-est au sud-ouest une ligne de collines appartenant au système