‹ Flore des damesChapitre 106 sur 169 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

mère que rien n’est plus aimable que cet assemblage de grâces et de vertus que Ton nomme une femme; époux il saura comprendre tous les soins délicats dont une épouse entoure ce qu'elle aime et il s’attachera, d’ailleurs, d’autant plus à la compagne de sa vie qu’elle lui aura donné lieu de savourer les délices de l’amour paternel.

Ainsi la plus grande part de bonheur dont nous puissions jouir ici-bas a été placée dans les mains de la femme; elle est comme le soleil qui éclaire la longue et pénible route que nous avons à parcourir sur ce globe; faut-il s’étonner, après cela, si notre aine se plait à exhaler l’amour, si nos poètes Font chanté, si nous entourons d'un culte religieux des idoles si dignes de notre encens. Lamartine avait compris ce culte le jour où il s’écriait :

O toi qui m’apparus dans ce désert du monde,

Habitante du ciel, passagère en ces lieux !

O toi qui fis briller dans cette nuit profonde Un rayon d’amour à mes yeux;

À mes yeux étonnés montre-toi toute entière;

Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin.

Ton berceau fut-il sur la terre ?

Ou n’cs-tu qu’un souffle divin ?

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

Vas-tu revoir demain l’éternelle lumière?

Ou dans ce lieu d’exil, de deuil et de misère Dois-tu poursuivre encore ton pénible chemin ?

Ah ! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie,

Ou fille de la terre, ou du divin séjour,

Ah ! laisse-moi toute ma vie T’offrir mon culte ou mon amour.

Si tu dois comme nous achever ta carrière,

Sois mon appui, mon guide, et souffre qu’en tous lieu* De tes pas adorés je baise la poussière.

Mais si tu prends ton vol, et si, loin de nos yeux, Sœur des anges, bientôt tu remontes près d’eux,

Après m’avoir aimé quelques jours sur la terre, Souviens-toi de moi dans les cieux.

€l)aptU*f Septième.

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