‹ Flore des damesChapitre 112 sur 169 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le bruit de la querelle avait amené sur le lieu de la sceiie une foule de spectateurs, parmi lesquels se trouvaicntbon nombre d’amis de Boltroff; Wilhelm fut donc desarme, garotté et conduit dans un cachot, jusqu’à ce que son maître eût décidé de son sort.

Quarante-huit heures après, au moment où Marguerite montée sur un palefroi blanc comme la neiae sortait, accompagnée de son époux et d'un nombreux cortege, delà cour du château paternel, Wilhelm, soutenant sa mère tout en larmes, fuyait par une issue secrète pour aller chercher quelque part un lieu où 11 {mt re P 0Ser sa tète et gagner à la sueur de son front un morceau de pain pour celle qui lui avait donné le jour.

il faut maintenant que nous nous transportions au château de Newis, dont les murailles épaisses et grisâtres, sortant d’une vaste étendue d’eau, présentaient de loin au voyageur l’aspect d’un rocher aride et inhabité. Le lion de Bourgogne , hissé sur la plus haute tour, semblait étonné de se voir ainsi transporté dans la région où l’aigle bâtit habituellement son aire. Un pont levis, communiquant à une digue étroite, don-

NOUVEAU LANOAGEDES FLEURS.

naît accès d’un seul côlé, aux habitants de cette forteresse; partout ailleurs une eau profonde venait battre le pied des murailles; quelques fenêtres ou barbacanes étaient percées à une certaine hauteur au dessus du niveau des eaux , et, de peur que ces ouvertures ne servissent à introduire des ennemis, on avait eu soin de les barrer soigneusement par des grilles de fer.

L’une de ces fenêtres était celle de l’oratoire de la comtesse ; elle avait voulu que ses yeux, au moment où ils s’élèveraient vers l’éternel, pussent au moins entrevoir l’azur des deux et quelques traces des richesses dont la terre récompense ici bas le travail de l’homme.

Malgré cet arrangement, peu conforme à l'usage qui plaçait les appartements des châtelains au centre des ouvrages de défense, Marguerite ne pouvait parvenir à vaincre son ennui ; quand l’aube blanchissait les tentures de sa couche elle ne pouvait plus, comme autrefois, aller respirer un air pur et recueillir les premiers parfums desfl eurs printanières; voulait-elle sortir de son appartement, la vapeur épaisse des marécages offensait ses poumons autant que la vue des sentinelles couvertes de fer attristait sa vue. Le comte, il est vrai,.avait eu l’attention de métamorphoser en

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