CH API TUE TU
elles ont fait tant d’impression connaît peut-être mieux ipie moi le chemin par lequel on arrive au cœur des femmes. Marguerite voulut prendre la réponse du comte comme une plaisanterie ; mais en voyant dans ses traits un sourire féroce, elle se prit à trembler devant cet homme dont elle venait d’exciter la jalousie en lui laissant soupçonner l’existence d’un rival, et d'offenser l’orgueil en le remerciant de soins et d'attentions qu’il était incapable d'avoir pour elle.
Boltroff, dit le comte à son intendant, tu as toujours été un serviteur fidèle ; à la guerre comme dans mon château, je t’ai toujours vu prêt à montrer ton dévouement pour moi ; si tes sentiments n’ont rien perdu de leur force, il m’en faut une preuve aujourdhui. Je suis trahi !
— Trahi! fit Boltroff en portant la main sur son épée et en parcourant des yeux le cabinet de son maître.
— Oh ! le danger n’est pas aussi près que lu parais le croire; mais la garde se fait mal, j'en ai la certitude; j’ai beau interroger moi-même chaque matin les sentinelles et les officiers, leur réponse est toujours satis-
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faisante, tandis que je viens d’apprendre que, depuis plusieurs jours, un étranger, plusieurs peut-être, s’introduisentnuitamment au château. Ecoute,Boltroff, cette nuit, il faut le mettre en sentinelle dans la prison des gardes qui se trouve à l’aile du nord, et demain tu ine rendras compte, mais à moi seul, de ce que tu auras vu. Boltroff fit un signe d’assentiment et sortit.
Quoi qu’il en soit, le comte ne crut pas devoir se fiera la seule vigilance de son intendant, car, lorsque le soir fut arrivé, il parcourut lui-même les différents postes de son château et recommanda aux sentinelles la plus active surveillance.
Etonnéedu mouvementdeshommesd’armes, effrayée surtout de l’air sombre de son mari, la belle Marguerite s’enferma de bonne heure dans son appartement, et, ayant congédié ses femmes, elle se retira dans son oratoire pour éteindre ses inquiétudes dans les élans d’une fervente prière. Après avoir fait, à plusieurs reprises, le tour du chapelet d’ambre et d’or qui pendait à sa ceinture, elle s’assit un peu plus calme auprès de l'ouverture étroite que nous avons décrite, et fixant ses yeux vers la région des astres, elle se mit à rêver.
La nuit était belle, et la lune, qui projetait sa lumière du côté opposé à celui où se trouvait la belle châtelaine, faisait paraître le lac comme une vaste tenture