‹ Flore des damesChapitre 117 sur 169 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

objet du périlleux voyage; quand le nageur approcha des murs de la forteresse, il se vit tout d’un coup environné, son précieux fardeau lui fut enlevé, puis une main sûre plongea dans son cœur une dague qui trancha d’un seul coup sa vie à peine commencée. Tout cela s’exécuta avec une incroyable rapidité, et le dernier soupir de la victime fut le seul bruit qui trahit cette scène d’horreur.

Le premier soin de Marguerite, à son réveil, fut de courir à son oratoire, et la plus douce joie pénétra son cœur quand elle vit qu’aucun bouquet n'y avait été apporté; mais le comte la suivait à quelques pas de distance ; avant de soulever la portière , il ouvrit le chaton d une bague qu’il avait au doigt, et répandit une poudre impalpable sur une rose qu’il tenait à la main, puis entrant précipitamment, il s’avança vers la jeune femme, et plaçant la fleur près de son visage : tenez, madame, dit-il avec un horrible sang-froid, respirez le parfum de la dernière fleur que votre amant vous envoie, et de la première quevotre mari vous offre. La comtesse serra convulsivement la rose contre son cœur : Wilhelm ! Wilhelm ! dit-elle... mais le subtil poison avait déjà fait son effet, et elle tomba mourante aux pieds de son bourreau, avant d’avoir pu murmurer un mot de justification.

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

Quelques jours plus tard une foule étonnée assistait aux somptueuses funérailles de la jeune femme, et chacun déplorait la mort subite qui l’avait empochée de jouir plus longtemps du bonheur de sa nouvelle position.

Page 1