‹ Flore des damesChapitre 125 sur 169 · chapitre vu · texte numérisé non relu

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la portez sur un objet qui puisse l’affaiblir en la divisant; Georges, il vous faut un amour ; il faut vous marier, mon ami. Pourquoi frissonner ainsi ?Mon Dieu, vous autres familiers des muses, on vous fait tomber en pâmoison aussitôt qu’on cherche seulement à vous rappeler dans lemonde réel. Je vous aime bien, voyezvous, c'est pourquoi, je préférerais encore me séparer de vous, à vous voir succomber sous l'atteinte de ce que j’appellerais le mal du métier. Voyons, franchement, parmi les personnes que vous avez vues, n’avezvous jamais distingué quelque jeune fdle qui vous parût digne de votre amour.

— Monsieur, reprit Georges en hésitant, je suis homme, et doué d’un cœur trop sensible pour prétendre échapper au doux esclavage de l’amour ; mais je suis artiste avant tout, laissez-moi donc mourir, s’il le faut, entre ma palette et mes pinceaux ; d’ailleurs....

Anna revint en ce moment avec une couronne de fleurs champêtres, et s’élevantsur la pointe des pieds elle en orna les cheveux de son maître qui se prêta de bonne grâce à cette plaisanterie. Béatrix tenait une violctLc, une seule échappée aux ardeurs de la saison, et elle l'offrit à Georges en disant : je regrette qu’elle ne soit pas d'or.

nouveau langage des tueurs.

Depuis ce moment, la vie de Georges changea complètement; il ne voulut plus entendre parler du voyage d'Italie, et reprenant ses travaux avec une nouvelle ardeur, il produisit en très peu de temps plusieurs ouvrages qui pouvaient être considérés comme des chefs-d'œuvre. Béatrix et Anna ne quittaient presque plus l’atelier ; la première surtout copiait avec une ardeur religieuse les admirables tètes que son maître faisait d’après elle; une douce intimité fut lcrésultatde cette habituelle communauté de travaux. Avoir ensemble ces trois belles personnes, on eût cru la même famille. Georges était heureux. Quand Béatrix lui disait : ceci est beau; il sentait que nul éloge n’égalerait pour lui ces simples paroles; quand il venait devant le chevalet de son élève, il suivait avec admiration le mouvement de son pinceau, il épiait avec un religieux amour les grâces qu’elle déployait dans son exécution franche et rapide, puis elle se tournait vers lui, souriant avec une ineffable tendresse, et demandait s’il était satisfait... Le soir, si Georges venait à récapituler sa journée, il n’osait demander à Dieu de lui en accorder une semblable ; il sentait qu'un bonheur comme le sien devait être éphémère.

En effet, un événement, qu’il était facile de prévoir, arriva bientôt.Béatrix fut demandée en mariage par un

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