‹ Flore des damesChapitre 14 sur 169 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Voltige au souffle du zéphir,

Jeunes vierges! chantez, votre voix est sacrée;

Chantez encor ! du ciel vous portez la livrée,

Et pour vous le ciel doit s’ouvrir.

Àu céleste banquet où la foi nous convie;

Vous reçûtes hier le premier pain de vie,

Dont vous savourez les douceurs...

Mais à vos tendres voix murmurant des cantiques:

D’autres femmes en chœur mêlent leur voixmystique Voici venir les saintes sœurs !

C’est vous qui visitez le toit de la misère ;

La coupe de la vie est pour vous bien amère,

O saintes sœurs! chantez pourtant.

Chaulez, 6 vous, d’en haut fidèles messagères;

Car dans un autre monde, ici bas passagères L’éternel bonheur vous attend.

« Après ces groupes, on voit s’élever l’étendard de Jésus-Christ, qui n’est plus un signe de douleur, mais une marque de joie, A pas lents s’avance sur deux files une longue suile de ces époux de la solitude, de ces enfants du torrent et du rocher, dont l’antique vêtement reirace à la mémoire d’autres mœurs et d’autres siècles. Le clergé séculier vient après ces solitaires :

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

enlin le pontife delà fête apparaît seul dans le lointain. Ses mains soutiennent la radieuse eucharistie, qui se montre sous un dais à l’extrémité de la pompe comme on voit quelquefois le soleil briller sous un nuage d’or, au bout d’une avenue illuminée de ses feux. »

» Cependantdes groupes d’adolescents marchent entre les rangs de la procession : les uns présentent les corbeilles de fleurs; les autres, les vases des parfums. Au signal répété par le maître des pompes, les choristes se retournent vers l’image du soleil éternel, et font voler des roses effeuillées sur son passage » (*)•

Epuisez en riant la corbeille ele'gante :

Enfants jetez des fleurs, et qu’en pluie odorante Elles retombent sur vos pas !

Vos faibles bras à peine ont secoué les langes ;

Jetez des fleur s, enfants ,vous qu’on nomme des anges; Vos mains ne les flétriront pas !

Il semble, en effet, que cette fête ait avec le jeune âge des harmonies secrètes, voyez ces mères avec leurs nourrissons dans leurs bras, ces enfants plus âgés couronnés de feuillage, ils se pressent sous le con-

(l) Chateaubriand. Génie du christianisme.

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