CHAPITRE II
tact de la sainte hostie, ils assiègent les avenues de 1 autel de verdure où le prêtre va reposer son fardeau sacré; le chrétien croit encore entendre ces paroles sortir de la bouche divine : Laissez venir à moi les petits enfants. Puis la pompe éloignée, les fleurs, les leuillages, sont recueillis par une foule avide, qui veut, avec les débris de la fête, emporter à son foyer quelques-unes des bénédictions du ciel.
lout cela est sublime! Les solennités du christianisme sont coordonnées d’une manière admirable aux scènes de la nature. La fête du Créateur arrive au moment où la terre et le ciel déclarent sa puissance, où les bois et les champs fourmillent de générations nouvelles : tout est uni par les plus doux liens; il n’y a pas une seule plante veuve dans les campagnes.
La chute des feuilles, au contraire, amène la fête des morts pour l'homme qui tombe comme les feuilles des bois.
On pourrait encore citer les Rogations, celte autre fête qui convient si bien aux naïvetés du village; on voit la foule des paysans acccompagner le saint cortège.
Ils marchent : l’aube'pine a parfume leur route ; On côtoie en chantant le fleuve, le ruisseau ;
nouveau langage DES 1*leurs.
Un nuage de fleurs pleut de chaque arbrisseau;
Et leurs pieds en glissant sur la teri’e arrosee,
En liquides rubis dispersent la rosëe.
On franchit les forêts, les taillis, les buissons,
Et la verte pelouse et les jaunes moissons Quelquefois au sommet d’une haute colline,
Qui sur les champs voisins avec orgueil domine, L’Homme du ciel ëteud ses vénérables mains ;
Pour la grappe naissante et pour les jeunes grains Il invoque le ciel. Comme la fraîche ondee Baigne, en tombant des cieux, la terre fécondée, Sur les fruits elles blés nouvellement éclos Les bénédictions descendent à grands flots.
Les coteaux, les vallons, les champs se réjouissent. Le feuillage verdit, les fleurs s’épauouissent ; Devant eux, autour d’eux tout semble prospérer, L’espoir guide leurs pas : prier c’est espérer ! (l)
(l) Jacques Delillc.
SERINGA, EGLANTIER,