LES FLEURS
Que votre e'elat est peu durable, Charmantes fleurs, honneur de nos jardins !
50 KOI VEAU LANGAGE DES FLEURS
Souvent un jour commence et finit vos destins ,
Et le sort le plus favorable Ne vous laisse briller que deux ou trois matins.
Ah ! consolez-vous-en, jonquilles, tube'reuses :
Vous vivez peu de jours, mais vous vivez heureuses Les me'disants ni les jaloux Ne gênent point l’innocente tendresse Que le printemps fait naître entre zéphire et vous.
Jamais trop de délicatesse Ne mêle d’amertume à vos plus doux plaisirs Que pour d’autres que vous il pousse des soupirs, Que loin de vous il folâtre sans cesse,
Vous ne ressentez point la mortelle tristesse Qui désole les tendres cœurs,
Lorsque pleins d’une ardeur extrême On voit l’ingrat objet qu’on aime Manquer d’empressement, ou s’engager ailleurs. Pour plaire vous n’avez seulement qu’à paraître : Plus heureuses que nous, ce n’est que le trépas Qni vous fait perdre vos appas.
Plus heureuses que nous, vous mourez pour renaître. Tristes réflexions, inutiles souhaits ;
Aimables fleurs, c’est pour jamais !
Un redoutable instant nous détruit sans réserve : On ne voit au delà qu’un obscur avenir.