‹ Flore des damesChapitre 148 sur 169 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

A peine de nos noms un le'ger souvenir Parmi les hommes se conserve :

Nous rentrons pour toujours dansle parfait repos D’où nous a tirés la nature ,

Dans cette affreuse nuit qui confond les héros Avec le lâche et le parjure,

Et dont les fiers destins, par de cruelles lois,

Ne laissent sortir qu’une fois.

Mais, hélas! pour vouloir revivre,

La vie est-elle un bien si doux ?

Quand nous l’aimons tant, songeons-nous De combien de chagrins sa perte nous délivre ?

Elle n’est qu’un amas de craintes, de douleurs,

De travaux, de succès, de peines,

Pour qui connaît les misères humaines.

Cependant, agréables fleurs,

Par des liens honteux attachés à la vie,

Elle fait seule tous nos soins •

Et nous ne vous portons envie

Que par où nous devons vous envier le moins.

Madame Deshoullicres.

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