LES ROSES
À M. Redouté.
Que j’aime à contempler le ve'lin où tu poses Cette moisson de fleurs, sous tes pinceaux e'closes, Famille printanière , odorantes tribus Qui prêtent cette fois à la foule des roses Leurs brillants attributs.
Car des bosquets fleuris la belle souveraine Se déguise aujourd’hui, comme une jeune reine Qui revêt en ses jeux des costumes divers,
Fragiles ornements qu’effeuille sur l’arène,
Le souffle des hivers.
Mais grâce à ta magie, il n’est plus de secousse Qui la vienne e'branler sur son trône de mousse : Vestale au pâle front, nymphe au tendre incarnat, Elle peut varier sa teinte riche ou douce De la neige au grenat.
Sa face tour a tour à pu rougir de lie,
Se dorer aux ardeurs du soleil d’Italie